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Le goût des livres
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4 février 2015

La route de Beit Zera

La route de Beit Zera"Elle allait partout avec lui tout le long de la journée . Mais au milieu de la nuit, c'est Stepan qui allait vers elle en s'asseyant dans la cuisine, et fumait une cigarette, en proie à un désespoir que la chienne endormie sur la couverture finissait par bercer et rendre humain".

La liste de mes auteurs incontournables s'allonge de plus en plus et Hubert Mingarelli en fait partie, avec ses textes sobres, délicats, qui sous une apparente simplicité en disent beaucoup sur le poids des conflits qui écrasent les humains, ravageant indéfiniment leur vie.

Le fil conducteur de l'histoire est une chienne qui vieillit et perd ses forces de jour en jour. Stepan sait qu'il va devoir prendre la décision d'abréger ses souffrances. Il vit seul, en Israël, près du lac de Tibériade, au bord d'une forêt. Il façonne des boîtes en carton toute la journée pour son ami Samuelson, avec qui il prend régulièrement une cuite magistrale et évoque des souvenirs de l'armée.

Son fils, Yankel est parti très loin, en Nouvelle-Zélande, il lui écrit régulièrement, il faudra attendre un peu pour apprendre la raison de cet éloignement qui brise le coeur de Stepan et en a fait cet homme malheureux qui vit isolé de tous.

Cette solitude est un jour brisée par un jeune arabe, Amghar, qui apparaît entre les arbres, sans un mot. Il reviendra, c'est la chienne qui l'attire. D'abord indifférent, Stepan va progressivement essayer d'entrer en contact avec lui, ils sont aussi peu bavards l'un que l'autre.

Sans avoir l'air d'y toucher, insensiblement, à travers des destins individuels, l'auteur nous amène à saisir la fragilité des hommes dans un pays gangréné par un conflit interminable. Avec humanité, il décrit la fraternité possible, l'amitié, mais aussi le chagrin et la désespérance. 

Un très beau texte rythmé par les incursions dans la forêt, la nature, les oiseaux et une vieille chienne que l'on aimerait pouvoir caresser une dernière fois. 

Merci Margotte.

L'avis de Clara

Hubert Mingarelli - La route de Beit Zera - 157 pages
Stock - 2015

Commentaires
V
voilà encore une belle lecture qui devrait prendre le pouvoir sous ma couette. je la note, forcément !
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Z
Un écrivain que je ne connais pas. Ce titre n'est pas à la bibliothèque, alors je cherche des conseils de lecture
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S
Margotte en avait effectivement fait un billet remarquable et même une pépite ;-), tu enfonces le clou, je me le suis noté. "un pays gangréné par un conflit interminable" c'est très beau comme expression. J'aime les histoires de taiseux.
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L
Encore un avis positif, je sens que je vais craquer ...
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T
J'ai trop peu lu cet auteur délicat, je retiens ce titre.
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