Le goût des livres

07 décembre 2016

Ecoute la pluie

Ecoute la pluie"J'ai marché vers ce café, j'étais terrassée par le pouvoir qu'avait le vieil homme du métro de faire surgir tout un passé, le nôtre, tout ce qui avait jalonné la longue histoire qui n'en finissait pas de nous réunir et de nous séparer, de révéler ses failles et ses sursauts, de me faire douter d'elle".

Commencer un roman de Michèle Lesbre, c'est la certitude de retrouver un univers familier, une narration qui court de livre en livre, comme un fil rouge. On sait qu'il y aura des cafés, des hôtels, l'errance d'une femme, des amours en pointillé et puis les petits riens de la vie ou les grandes interrogations existentielles, au gré des évènements.

Celui-ci ne déroge pas à la règle. La scène d'ouverture en est le suicide d'un vieil homme, sur le quai du métro, sous les yeux de la narratrice, tétanisée par la rapidité du geste et le sourire que l'homme lui a adressé juste avant de sauter.

Bouleversée, elle quitte les lieux et nous allons la suivre dans ses déambulations de la nuit, perdue dans ses réflexions et comme en suspension de sa propre vie. Elle allait rejoindre son amant à l'hôtel des Embruns, au bord de la mer, elle sait qu'elle ne peut plus le faire. Le suicide du vieil homme la pousse à s'interroger sur sa relation avec l'homme qu'elle allait retrouver. A-t'elle toujours un sens ?

Je ne suis pas très impartiale avec cette auteure, j'aime inconditionnellement son écriture et son univers feutré, élégant, rempli de rencontres et de références qui me parlent. Jamais rien d'ostentatoire chez elle, simplement une trajectoire personnelle qui me touche.

"Les vies d'adultes ne sont que tentatives pour guérir le chagrin de l'enfance inachevée, toujours inachevée .."

L'avis de Alex Antigone Clara Manika Sylire Tania Un autre endroit pour lire 

 

Objectif PAL 2

 

Michèle Lesbre - Ecoute la pluie - 98 pages
Folio - 2014

Posté par aifelle1 à 06:35 - - Commentaires [41] - Permalien [#]
Tags : ,


04 décembre 2016

Bon dimanche

Tammuriata

Posté par aifelle1 à 06:00 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
Tags :

02 décembre 2016

Week-end nordique

C'était il y a déjà quinze jours, je me préparais à partir pour le festival Les Boréales, à Caen. Arrivée de bonne heure samedi matin, j'ai retrouvé rapidement Enna et Cryssilda pour une pause café. Mettez trois blogueuses autour d'une même table, vous aurez des bavardages à bâtons rompus sur tout et sur rien sans voir passer le temps et l'heure du débat avec Arnaldur Indridason est très vite arrivée. Enna nous a accompagnées, même si elle ne pouvait pas rester, nous avons commencé à attendre ensemble.

Et enfin, nous sommes entrées dans la place, c'est-à-dire l'Auditorium du Musée des Beaux-Arts pour une heure de rencontre avec l'auteur qui répondait aux questions d'une animatrice dont je n'ai pas retenu le nom. Son traducteur habituel, Eric Boury, était là. On sent une grande complicité entre eux. Je ne prends pas de notes pendant les débats et je ne me fie pas à ma mémoire, mais ce que j'ai bien retenu, c'est qu'Arnaldur Indridason a refusé de dire si Erlandur était mort ou vivant au terme du dernier tome (Etranges rivages). Il a refusé de dire aussi s'il y aurait une suite, donc la porte n'est pas fermée ...

A1

A2

Après, nous avons patienté, Cryssilda et moi pour une dédicace. Arnaldur Indridason est aimable et souriant et se prête facilement aux demandes de ses lectrices (n'est-ce-pas Cryssilda ?).

A3

 

A4

Ensuite, déjeuner tardif en ville, tour rapide du centre, avant de retourner à l'Auditorium pour moi et à la gare pour Cryssilda qui repartait en fin d'après-midi. Je devais assister à une lecture-récital des "Chaussures italiennes" d'Henning Mankell. J'ai d'autant plus apprécié que je venais de terminer "Les Bottes suédoises", c'était un rappel bienvenu du premier volume. Les extraits étaient ponctués de morceaux classiques au piano. Le récitant (Jean-Marc Talbot) et la pianiste (Jeanne-Marie Coise) étaient très bons. C'est une création de l'Orchestre Régional de Normandie.

A5

Au passage, j'ai aperçu Mehis Heinsaar en dédicace (L'homme qui ne faisait rien)

A6

Le soir j'aurais pu participer à un dîner nordique, hélas incompatible avec les problèmes alimentaires qui sont les miens. Je suis donc sagement rentrée à l'hôtel, la météo n'étant pas propice à un tour de ville. Ce soir là, le vent a soufflé jusqu'à 114 kms heure ! J'ai tout de même fait un saut au QG du festival, à l'Eglise Saint-Sauveur. Des livres, un point cafeteria, une expo ; j'ai joué pour gagner un week-end en Estonie et j'ai perdu.

Le lendemain, dimanche, premier débat en fin de matinée "La nouvelle vague islandaise" animé par Marie-Madeleine Rigopoulos, avec Soffía Bjarnaddótir (J'ai toujours ton coeur avec moi) et Gudmundur Andri Thorsson (La valse de Valeyri). Je me suis rendue compte, seulement en voyant la couverture de "J'ai toujours ton coeur avec moi" qu'il était dans ma PAL ... Les traducteurs des romans étaient présents, Eric Boury et Jean-Christophe Salaün. Cette nouvelle vague tient peut-être plus compte du contexte social et politique de l'île. L'auteur de "la valse de Valeyri" semble avoir beaucoup d'humour.

A7

A8

 

A9

A10

En début d'après-midi, j'ai saisi au vol Olivier Truc, à qui j'ai fait signer un livre. Je savais que je ne pourrais pas assister au dernier débat avec lui, en fin de journée.

A11

Ensuite, je m'étais seulement fixée la rencontre avec l'auteure norvégienne Herbørg Wassmo, animée par Marie-Madeleine Rigopoulos. Une femme lumineuse, c'est un plaisir de l'écouter, même avec le truchement de la traduction. Je peux dire aux fans que son prochain roman est en cours. J'aurais aimé lui faire dédicacer un livre, mais j'avais un train à prendre. J'ai pu apercevoir Minna Lindgren "Les petits vieux d'Helsinki", Laura Gustafsson "Anomalia", Erik Axl Sund "Les corps de verre". Mons Kallentoft n'était pas encore arrivé.

A12

A13

A14

A15

Laura Gustafsson

A16

Minna Lindgren

A17

Erik Axl Sund

Le bilan du week-end est positif, l'ambiance est sympathique, les possibilités multiples avec les regrets habituels, j'aurais voulu en faire davantage. Les bémols : peu d'espace et surtout une attente importante pour les rencontres. Si vous voulez être sûre d'y assister, il faut être là tôt. Pour peu que le débat précédent soit complet et que peu de personnes sortent, vous aurez attendu pour rien ... Seule solution, arriver dans les premiers. Pour quatre rencontres, j'ai attendu quatre heures, c'est beaucoup.

C'était une première pour moi, mon organisation n'était sans doute pas au top, j'ai envie de renouveler, d'autant que le pays mis à l'honneur l'an prochain est l'Islande ! Arnaldur, le retour ?

60922f89-39b8-4d58-a065-c3ae9e4b2d5c

Posté par aifelle1 à 07:13 - - Commentaires [56] - Permalien [#]
Tags :

29 novembre 2016

Comme une feuille de thé à Shikoku

Comme%20une%20feuille%20de%20thé%20à%20Shikoku%20-%20BAT%201e%20Couv"Je voudrais te transmettre le frisson des départs dans l'allégresse des matins silencieux*". La lumière est encore enveloppée d'une légère nuit bleue. Mes pas se font velours dans cette nature qui s'éveille. Mes bâtons chuchotent en accompagnant les balbutiements du lever du jour. Voilà  une nouvelle aurore qui pointe avec audace à travers le voile noir de la nuit, clamant qu'hier n'est plus et qu'aujourd'hui est à réinventer. Constat joyeux qui me porte et n'a de cesse de me nourrir chaque jour davantage".
* Xavier Grall

Comment se retrouve-t'on sur une île au Japon, avec pour objectif un pélerinage de 1200 kilomètres à pied, ponctués de 88 temples ? Il suffit de rencontrer un pélerin japonais sur les chemins de Compostelle et de suivre son conseil. La pélerine a droit à un tenue spéciale, veste blanche, chapeau conique et bâton avec une clochette qui tinte à chaque pas.

A l'origine du pélerinage, le moine Kûkai, fondateur du boudhisme Shingon qui a trouvé l'éveil sur cette île. L'auteure est venue chercher la sérénité et le calme intérieur qui lui manquent à Paris, pensant  qu'un changement total de pays et de culture l'y aiderait.

Elle se lance à une période inhabituelle pour le pélerinage et se retrouve confrontée à de fortes chaleurs, souvent 35°, voire plus, ce qui ne l'empêche pas d'effectuer des étapes de trente cinq kilomètres.

C'est une lecture que j'ai trouvé très apaisante. L'état d'esprit de Marie-Edith Laval étant extrêmement positif, elle transmet ses impressions et ses rencontres avec bonheur, étonnée de se voir considérée avec tant de respect. Les Japonais font plutôt ce pélerinage en bus, et une occidentale qui le fait à pied est en permanence un sujet de curiosité et de vénération.

Elle est comblée de  petits cadeaux (c'est une tradition au Japon), souvent on lui propose de l'avancer en voiture, mais elle tient à tout faire à pied. Jour après jour, sanctuaire après sanctuaire, elle se débarrasse de tout ce qui l'encombrait. Elle se rapproche de l'état qu'elle recherchait, centrée sur l'essentiel. Sa démarche est spirituelle, elle fait son miel de tout ce qui la nourrit. La marche n'est cependant pas facile, les sanctuaires sont souvent en hauteur, il faut gravir un nombre incalculable de marches. Certains passages sont appelés "culbuteurs de pélerins" tellement les montées sont rudes.

Elle décrit tantôt des temples nichés dans des paysages magnifiques, tantôt des passages dans un milieu fortement urbanisé,  bruyant et éprouvant pour la marcheuse. Je dois dire que j'ai particulièrement savouré les fins de journée où elle arrive dans des auberges traditionnelles, avec des bains chauds et des repas magnifiquement préparés.

C'est un récit qui change complètement des écrits sur les chemins de Compostelle et qui m'a charmée, même si je l'ai trouvé parfois un peu exalté. La joie de la narratrice est communicative et sa démarche authentique. Son texte est émaillé de citations tirées de grands auteurs, poètes ou religieux où j'ai retrouvé de nombreuses références.

"Et si nous osions quitter l'autoroute de nos conditionnements et les sentiers battus du bonheur de masse ? Et si nous avions l'audace de la prise de risque, de nous engager sur des chemins de traverse, au plus près de notre unicité ? Simplement, laisser venir ce qui oeuvre à notre transformation personnelle, et par là même collective, pour bâtir ensemble un monde où règnent des valeurs humanistes et écologiques.
Laisser de l'espace et du temps à notre voix intérieure et lui accorder une voie d'expression, là où le mental ne peut que se taire et l'indéfinissable poindre".

En fin de récit, un carnet avec un glossaire et des renseignements pratiques sur le pélerinage.

L'avis de Dominique

Le site de Marie-Edith Laval

3-Shikoku-le-Compostelle-japonais_article
Marie-Edith Laval

Objectif PAL 3

Marie-Edith Laval - Comme une feuille de thé à Shikoku - 281 pages
Le Passeur - 2015

Posté par aifelle1 à 06:14 - - Commentaires [65] - Permalien [#]
Tags :

27 novembre 2016

Bon dimanche

Le site d'Alexandre Tharaud

tharaud

Posté par aifelle1 à 06:16 - - Commentaires [40] - Permalien [#]
Tags :


24 novembre 2016

Âme graphique

Ce mois-ci, Sabine nous a laissé carte blanche, pas de thème imposé. Et me voilà incapable de choisir, il y a trop de possibilités.

Des vieilles pierres ?

A1Saint-Germain-de-Livet

Les couleurs et les formes étonnantes de l'automne ?

A2Le Bois des Moutiers

La mer ?

A3Veules-les-Roses

La montagne ?

A4Sixt Fer à Cheval

A vous de décider ce qui vous plaît le plus ..

Atelier Ame Graphique

Je vous laisse pour la journée, je pars à Paris, pour l'exposition Chtchoukine, à la Fondation Vuitton

37d048a040b69e733f64b1b39e863e17

Posté par aifelle1 à 06:03 - - Commentaires [54] - Permalien [#]
Tags :

21 novembre 2016

Volkswagen Blues

253753-gf

"Il ne faut pas juger les livres un par un. Je veux dire : il ne faut pas les voir comme des choses indépendantes. Un livre n'est jamais complet en lui-même ; si on veut le comprendre, il faut le mettre en rapport avec d'autres livres, non seulement avec les livres du même auteur, mais aussi avec des livres écrits par d'autres personnes. Ce que l'on croit être un livre n'est la plupart du temps qu'une partie d'un autre livre plus vaste auquel plusieurs auteurs ont collaboré sans le savoir. C'est tout ce que je voulais dire au sujet des livres et maintenant je vais essayer de dormir. Bonne nuit".

Pour le challenge "Québec en Novembre" de Karine et Yueyin, je reste fidèle à Jacques Poulin. Après "La tournée d'automne", j'ai choisi un autre road-movie. Il semblerait que l'auteur reprenne toujours un peu le même personnage dans ses livres. Ici Jack est écrivain, il est plutôt dans un creux de vague quand il fait la connaissance de "la grande sauterelle", une jeune femme métisse, inséparable de son chat. Jack voudrait retrouver son frère aîné, perdu de vue depuis longtemps. La Grande Sauterelle va l'accompagner dans sa recherche, qui les mène de Gaspésie jusqu'à San-Francisco.

Ils empruntent la route des pionniers et c'est l'occasion de revisiter l'histoire du côté des Indiens. Le duo, improbable au départ, s'entend bien, la grande sauterelle" se révèle d'une aide précieuse. Ils s'accommodent des états d'âme l'un de l'autre, ont des discussions passionnées ou de grands moments de silence et font des rencontres variées, adaptant leur périple aux traces laissées par le frère de Léo.

La place des livres est importante pour les deux personnages, pour l'écrivain, les mots sont bien sûr le centre de son existence et la grande sauterelle a un rapport aux livres et aux bibliothèques assez spécial.

J'ai souri souvent devant l'équipée brinquebalante, les détours imprévus, les jours avec et les jours sans, en me demandant si Jack allait finir par trouver son frère. J'ai aimé la reconstitution du parcours des pionniers et l'histoire des Indiens, trahis et tués dans des conditions épouvantables. Un deuxième titre qui m'incite à continuer avec l'auteur.

Lecture commune avec BlueGrey Enna Hélène Lili des Bellons Lou de Sibellus Mary Anne Sylire

Challenge Québec en Novembre

Jacques Poulin - Volkswagen Blues - 320 pages
Babel - 1999

Posté par aifelle1 à 13:59 - - Commentaires [44] - Permalien [#]
Tags : ,

18 novembre 2016

Pause du week-end

Demain matin, je pars à Caen de bonne heure pour le week-end. Je vais enfin découvrir le festival "Les Boréales" consacré à la culture nordique depuis 1992. Il n'est pas seulement question de littérature, mais également de dance, cirque, concerts, performances, expositions, cinéma, dans Caen et sa région.

J'ai échafaudé un programme plus chargé que ce que je pourrai faire sans doute, avec en premier un débat samedi midi avec Arnaldur Indridason ; un autre autour du polar avec Olivier Truc, Mons Kallentoft, Eric Axl Sund. Dimanche ce sera Herbjorg Wassmo. Il y a aussi un récital littéraire autour des "Chaussures italiennes" de Henning Mankell et l'Orchestre Régional de Normandie, des moments de dédicace etc ... il va falloir faire des choix, les horaires se chevauchent ... 

Et en plus, j'aurai le plaisir de retrouver Enna et de faire la connaissance de Cryssilda 

Je vous laisse avec Maarja Nuut, artiste estonienne originale, qui allie musique traditionnelle et sons électroniques.

Site "Les Boréales"

Site de Maarja Nuut

60922f89-39b8-4d58-a065-c3ae9e4b2d5c

Posté par aifelle1 à 06:52 - - Commentaires [50] - Permalien [#]
Tags :

17 novembre 2016

Les bottes suédoises

511kEwGpHXL__SX195_"J'ai bien peur de nourrir, au fond de moi, une sorte de ressentiment désespéré vis-à-vis de ceux qui vont continuer de vivre alors que je serai mort. Cette impulsion m'embarrasse autant qu'elle m'effraie. Je cherche à la nier, mais elle revient de plus en plus souvent à mesure que je vieillis".

"Les bottes suédoises" font suite aux "Chaussures italiennes" sans doute mon livre préféré de l'auteur. Nous retrouvons Frédrik Welin, ex-chirurgien, maintenant sexagénaire, toujours seul sur son île. Le roman commence par une nuit d'incendie ; le feu ravage la maison de Frédrik et il n'a que le temps de s'enfuir avec ce qu'il a sur le dos.

Disons tout de suite que c'est une suite qui n'est pas à la hauteur du premier. Ceci dit, un Mankell même un peu inférieur est bon à prendre et meilleur que bien d'autres écrits. Le caractère de Frédrik ne s'est pas amélioré, c'est un vieil homme hanté par la mort à venir, bouleversé par la perte de sa maison et de ses affaires "C'est à cet instant que j'ai compris que j'avais réellement tout perdu. De mes soixante-dix ans de vie, il ne restait rien. Je n'avais plus rien".

Pour ne rien arranger, Frédrik se rend compte que la police le soupçonnne d'avoir mis lui-même le feu. Plus qu'à une enquête sur les causes de l'incendie, c'est aux conséquences du vieillissement que nous confronte l'auteur, ainsi qu'aux relations féminines de Frédrik. Sa fille Louise, une énigme pour lui et la journaliste Lisa Modin, sa dernière chance, croit-il, de vivre une histoire d'amour.

L'intrigue avance lentement et fait parfois du surplace, sans que ce soit ennuyeux. L'atmosphère de l'île se fait étouffante. Frédrik s'est réfugié dans une vieille caravane et ressasse le passé en contemplant les ruines de la maison héritée de ses grands-parents. Les voisins sont solidaires dans ce milieu dur à l'homme, mais connaît-on vraiment ceux qui nous entourent ?

J'ai aimé cette histoire, malgré Frédrik et son comportement bourru, colérique, incohérent et même antipathique par moment. Le personnage a des failles et laisse passer des éclairs de faiblesse, voire de tendresse qui le rendent attachant.

J'espère que les éditeurs nous réservent d'autres inédits d'Henning Mankell.

Henning Mankell - Les bottes suédoises - 368 pages
Traduit par Anna Gibson
Editions Seuil - 2016

Posté par aifelle1 à 06:39 - - Commentaires [56] - Permalien [#]
Tags : ,

15 novembre 2016

Résonnance

"Cette atmosphère d'infini recueillement est soudainement peuplée de vibrations qui ondoient dans l'air avec puissance, comme un trait d'union entre la terre et le ciel, telle une prière qui s'élève. Un moine accompagne ce gong de ses psalmodies. Quintessence de ces incantations qui viennent caresser ma peau, imprégner ma chair, se diffuser dans la moindre de mes cellules. Je laisse aller ma réflexion et me mets à l'écoute de ce son qui s'estompe de lui-même avant de disparaître. Je me sens comme un instrument accordé : accordé avec les éléments, accordé au silence de cette marche solitaire. L'essentiel n'arrive-t'il pas souvent à l'improviste ? Le poème d'Henri Michaux me revient en mémoire : "je suis gong et ouate et chant neigeux. Je le dis et j'en suis sûr". Ces vers à la bouche, tel un mantra aiguisant ma réflexion, je repasse chercher mon sac avant de retrouver la route 55 le long du miroitement nacré du Pacifique."

Extrait de "Comme une feuille de thé à Shikoku" Marie-Edith Laval (lecture en cours)

Edouard Boubat

Edouard Boubat

Posté par aifelle1 à 20:50 - - Commentaires [12] - Permalien [#]