Le goût des livres

19 mai 2019

Bon dimanche

Jerez Le Cam Quartet - Reflejos Migrantes 651

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16 mai 2019

Les huit montagnes

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"Ce que je tenais à protéger, c'était ma capacité à rester seul. Il m'avait fallu du temps pour m'habituer à la solitude, en faire un lieu où je pouvais me laisser aller et me sentir bien, mais je sentais que notre rapport était toujours aussi compliqué. Je rentrais à la maison comme pour regagner cette assurance".

J'arrive après tout le monde sur cette lecture, tellement je craignais la déception après "Le garçon sauvage". J'avais tort, la forme romancée m'a plu autant que le récit.

On pourrait dire d'emblée que la montagne est le personnage principal, une montagne pas encore livrée au tourisme de masse où subsistent tout juste quelques villages.

Pietro a 11 ans lorsqu'il arrive pour la première fois dans cette région. Il habite Milan avec ses parents qui ont décidé de venir passer leurs vacances d'été dans une maison du Val d'Aoste. Son père est un randonneur acharné, qui ne se lasse jamais de grimper toujours plus haut.

Pietro fait rapidement la connaissance de Bruno, un gamin de son âge, vivant chez son oncle, un homme rude et bourru. Bruno travaille déjà dur, mais dès qu'il a du temps libre, il rejoint Pietro et l'entraîne dans d'excitantes explorations de la montagne, de cabanes abandonnées, des surprises d'un torrent.

Le petit citadin et le montagnard ont des vies très différentes, ce qui n'entache en rien leur complicité. Ils se passent de mots, et se retrouvent chaque été avec la même évidence. Par ailleurs, les liens entre Pietro et son père se défont peu à peu. Il finira par s'éloigner de la montagne, se laissera entraîner dans des pays plus lointains, avant de revenir vers la montagne d'origine.

J'ai aimé les descriptions de la vie en montagne, mais aussi l'évolution des relations entre Pietro et Bruno ; Pietro un peu perdu dans sa vie, Bruno cherchant à préserver à tout prix un mode de vie ancestral.

Un roman superbe dont il ne faut pas se priver.

C'est ma participation au "Mois italien" de Martine.

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L'avis de Dominique Hélène Kathel Krol Sylire Tania etc ..

Objectif PAL 3

Paolo Cognetti - Les huits montagnes - 298 pages
Traduit de l'italien par Anita Rochedy
Editions Stock - 2017

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13 mai 2019

La photo du jour

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Le jardin d'Henri Le Sidaner - Gerberoy

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12 mai 2019

Bon dimanche

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11 mai 2019

L'ombre d'un père

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"Je voyais pour la toute premIère fois sa photo. Ma mère prétendait que tous les documents familiaux avaient été perdus à la fin de la guerre, parce qu'elle avait dû quitter de façon précipitée la grande demeure sur la place du marché, et qu'elle ne possédait plus rien de mon père. Je fixai la photo. Je m'imaginais à quel point ma vie changerait si j'avais un père bien réel, un  père qui serait chez nous, avec qui je pourrais parler, comment ça se passerait si je n'étais pas condamné à grandir seulement avec une mère. Un père peut faire tant de choses qui ne conviennent pas à une femme. Un père me manquait. Mais ensuite, je vis le criminel de guerre qu'on avait condamné à mort et exécuté. L'homme souriant de la photo devint un monstre, un ennemi de l'humanité, quelqu'un qui torture et assassine des innocents. Que ferait ce genre d'homme, de père, avec moi ?"

Konstantin Boggosch est né en 1945, à la fin de la guerre. Il n'a jamais connu son père, exécuté par les Polonais en tant que criminel de guerre. Sa mère, disant tout ignorer des actes de son mari, a repris son nom de jeune fille pour que ses deux fils ne portent pas le poids des fautes du père.

Peine perdue, Konstantin sera poursuivi toute sa vie par cette origine infamante. Le roman commence alors qu'il a soixante sept ans, vit avec sa deuxième femme, Marianne, en Allemagne de l'Est et reçoit la visite d'une jeune journaliste qui veut écrire un article sur sa carrière d'enseignant. Il refuse catégoriquement d'évoquer son passé, mais se le remémore en détail pour lui-même.

A 14 ans, Konstantin est un jeune garçon très doué pour les études, mais le passé de son père lui interdit l'entrée au lycée. Peu tenté par un contrat d'apprentissage, il s'enfuit en Allemagne de l'Ouest, chez un oncle, ardent défenseur de son père, puis en France où il se retrouve à Marseille. Il a une idée fixe, entrer à la Légion Etrangère où on ne lui demandera rien sur sa filiation. Les légionnaires se moquent de lui et le renvoient, pas dupes de son mensonge sur son âge.

Il fera la connaissance d'un libraire particulier et de ses amis, qui le prendront sous leur aile. Ils ont été résistants et il leur tait soigneusement ce que son père était. De plus en plus mal à l'aise avec son mensonge, il finit par rentrer en Allemagne juste au moment où le régime construit le mur, rendant la frontière infranchissable.

Il est heureux de retrouver sa mère, mais sa situation est peu enviable, soupçonné d'avoir voulu s'enfuir à l'ouest. Il pense qu'il va pouvoir reprendre des études après ce qu'il a fait en France, mais son dossier est toujours là, l'ombre de son père aussi.  Toujours ce sera un obstacle à sa propre vie.

Je ne peux pas entrer en détail dans cette histoire dense et touffue mêlant la trajectoire personnelle de Konstantin et la vie dans cette Allemagne d'après-guerre coupée en deux, d'abord avec une certaine souplesse, puis ensuite séparée de façon hermétique.

C'est l'aspect historique qui m'a le plus passionnée, avec l'impact du passé qui empêche Konstantin de se réaliser comme il le voudrait. Il se referme considérablement, sa deuxième femme ne sait même pas qui était son père. Il ne fréquente plus depuis longtemps son frère, qui lui, vénérait cet homme qui était prêt à ouvrir un camp de concentration à côté de son usine.

Konstantin est débrouillard et hardi, il se bat constamment pour se faire une place. Sa mère lui a apporté de solides atouts en les obligeant à parler une langue différente chaque jour de la semaine. Il se rendra compte tardivement que si elle vit en faisant des ménages, c'est que le régime en place ne l'autorise pas à exercer comme enseignante à cause de son mari.

Le seul (petit) bémol que je pourrais apporter à ma lecture est une certaine froideur dans la narration, mais qui finalement colle bien avec la solitude que ressent Konstantin, enfermé dans son secret.

Une excellente découverte sur les conséquences durables d'une guerre, même lorsqu'elle est terminée.

L'avis de Delphine-Olympe

Christoph Hein - L'ombre d'un père - 416 pages
Traduit de l'allemand par Nicole Bary
Editions Métailié - 2019

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09 mai 2019

Une fille, qui danse

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"Le caractère évolue-t'il avec le temps ? Dans les romans, bien sûr : sinon, il n'y aurait guère d'histoire. Mais dans la vie ? Je me le demande parfois".

Tony Webster est un homme d'une soixantaine d'années. Il vit dans la banlieue de Londres, est divorcé et retraité. Il a gardé de bonnes relations avec son ex-femme et voit sa fille de temps à autre. Il a mené une existence assez terne, il aime la tranquillité et ne pas être trop bousculé.

Une lettre reçue va bouleverser sa routine et lui faire réviser une partie de son passé, sa jeunesse étudiante exactement, lorsqu'il avait pour meilleur ami Adrian et pour amoureuse, Véronica. La vie a séparé tout le monde, néanmoins Tony a appris quelques années plus tard le suicide d'Adrian, suscitant quelques questions sans réponse.

C'est difficile d'en dire davantage. Le roman est surtout consacré aux réflexions de Tony sur la mémoire, le passé, la façon dont on le recompose régulièrement, pour ne pas trop en souffrir. Il ne peut pas s'empêcher de contacter Véronica afin d'avoir des éclaircissements sur la mort d'Adrian.

L'auteur nous laisse dans un certain flou pendant longtemps et dans le dernier quart du livre, les révélations se succèdent, laissant voir à chaque fois une autre facette de l'histoire, confrontant Tony à ce qu'il a fait .. ou pas.

Au final, une réflexion plutôt brillante sur la manière dont nous croyons mener nos vies et les petits accommodements qui nous permettent de ne pas perdre la face vis-à-vis de nous-même.

J'ai acheté ce roman après avoir vu le film qui en a été tiré "A l'heure des souvenirs", film que j'ai aimé et qui est assez fidèlement adapté.

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L'avis de Alex Kathel Keisha Sylire Véro

Objectif PAL 2

Julian Barnes - Une fille, qui danse - 224 pages
Traduit de l'anglais par Jean-Pierre Aoustin
Folio - 2014

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05 mai 2019

Les vieux fourneaux - Tome 5

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"C'est spectaculaire, la France : dès que tu portes une cravate, y a plus un flic qui te demande tes fafiots"

Nos chers vieux atrabilaires sont de retour, pas calmés le moins du monde et toujours prêts à bousculer l'ordre établi. Le gang "Ni yeux ni maître" réclame l'asile fiscal devant l'Ambassade de Suisse et bien sûr, tout le monde est embarqué au commissariat. Manque de chance pour Pierrot qui s'était engagé à assister à un match de rugby avec Mimile et Antoine.

De son côté, Antoine s'est fait coincer par sa petite fille, Sophie, qui lui confie la garde de Juliette, conjointement avec son fils. Le but est de réconcilier ces deux-là qui sont fâchés depuis longtemps. Donc, tout part de travers.

Si l'on ajoute Fanfan, la nonagénaire qui gère de main de maître un curieux asile de réfugiés, tout est en place pour que les répliques fusent dans tous les sens, fustigeant tous les bien-pensants, les profiteurs et les hypocrites, voulant réveiller les consciences.

Déjà le cinquième tome de cette série et pas de lassitude pour la lectrice. Les vieux compères passent à la moulinette les travers de la société, ne s'en laissent conter par personne et se débrouillent comme ils peuvent avec leur entourage direct. Sophie fulmine souvent et la petite Juliette semble comme un poisson dans l'eau avec ses vieux gardiens atypiques. Seule Fanfan nous fait de la peine à la fin de l'album, bien malgré elle.

Je ne sais pas si les auteurs ont prévu une fin à leur série, mais j'attends le sixième de pied ferme.

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L'avis de Dasola Alex Choupynette Kroll Violette

Lupano et Caauet - Les vieux fourneaux - Tome 5 - 56 pages
Dargaud - 2018

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Bon dimanche

Le site d'Odile Gheysens, chorégraphe

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02 mai 2019

La photo du jour

Ail des ours et jacinthes ..

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30 avril 2019

Des liens trop fragiles

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"Recommencer sa vie était la grande chimère actuelle. D'après la croyance moderne, c'était à la portée de tout un chacun. Les livres, les magazines, les émissions de télé et les films étaient remplis d'histoires de gens qui se "réinventaient". Mais qui parmi nous se réinventait jamais ?"

Maud est professeur de philosophie et si elle se sent à l'aise avec ses étudiants, il n'en est pas de même dans sa vie privée où elle n'arrive pas à construire quelque chose de durable. Plus jeune, elle a fait des dépressions sévères et son équilibre est sans cesse menacé. Le divorce tardif de ses parents l'a déstabilisée encore davantage. C'est à ce moment qu'elle rencontre Samir, un homme qui ne se remet pas du chagrin d'avoir perdu sa petite fille d'une maladie rare.

Elle est juive, il est arabe, ce qui ne leur simplifie pas la vie. D'abord très sexuelle, leur relation évolue vers plus d'affectivité, provoquant un certain désarroi chez l'un et chez l'autre. Vont-ils être capables de prendre le risque d'aller vers une vraie relation ?

Parallèlement, la mère de Maud, Eléanor essaie de se remettre tant bien que mal d'avoir été quittée par Adam pour une femme bien plus jeune que lui. Elle renoue avec un amour de jeunesse, très sceptique au départ sur la possibilité de se relancer dans la vie. Adam, le père, écrivain, est un épouvantable égocentrique, incapable d'aimer qui que ce soit et que les scrupules n'étouffent pas lorsqu'il s'agit de rester au sommet de sa carrière.

D'une tonalité plus sombre que "La vie selon Florence Gordon" on retrouve ici des personnages à la psychologie fouillée, confrontés à un tournant de leur vie et à des décisions à prendre, sur fond de vie new-yorkaise.

Un bon moment de lecture, avec un auteur que je vais continuer à explorer.

Brian Morton - Des liens trop fragiles - 412 pages
Traduit de l'américain par Anouk Neuhoff
10/18 - 2009

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