Le goût des livres

29 mai 2017

Une activité respectable

arton13570-dc459"Je vis la même journée depuis vingt-cinq ans et j'en ai déjà trente. Toute petite alors, dans mon pyjama soyeux, tôt le matin, je suivais mon père qui me tenait par la main dans l'obscurité de l'escalier menant à notre cuisine, je le laissais me soulever pour m'asseoir sur ma chaise et, dans les murmures de sa radio, je prenais mon petit-déjeuner face à lui les yeux fixés sur un livre dont il fallait plus tard m'arracher par surprise pour m'emmener me laver. Dans la douche, à travers l'eau ruisselante je cherchais du regard tous les mots imprimés, je lisais les notices de shampoing, les six faces des boîtes de tampons de ma mère, les étiquettes douces de mes vêtements".

C'est un premier contact avec l'écriture de Julia Kerninon et je suis totalement sous le charme. Je savais qu'elle parlait de sa passion pour la lecture et l'écriture, ce qui a priori ne m'attire pas trop, mais il s'y mêle bien d'autres impressions sur sa famille, son enfance, son adolescence, son parcours, ses bonheurs, ses doutes etc ..

Il y a autant de choses tues que dites, avec subtilité et élégance. Elle extorque à son père la permission d'aller vivre un an à Budapest pour se consacrer entièrement à l'écriture. S'y mêle ses aventures de jeune femme, on devine de cuisantes déconvenues, mais aussi des moments de joie totale. L'évocation de son enfance est un délice, avec une première visite mémorable à cinq ans, à la librairie Shakespeare and Company. Ses parents sont assez fantasques et atypiques, beaucoup de tendresse court entre ces soixante pages.

Une petite pépite dont il ne faut pas se priver.

L'avis de Cathulu Cuné Noukette Sandrine Yv

Julia Kerninon - Une activité respectable - 60 pages
Editions du Rouergue - La Brune - 2017

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28 mai 2017

Bon dimanche

Le site de Johann Johannsson

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25 mai 2017

Opération Napoléon

412gsED+WjL__SX210_"Il y a eu tant de dissimulations, tant de choses inventées de toutes pièces ; nous avons dit la vérité sur des mensonges, et menti sur la vérité, enlevé telle chose pour la remplacer par telle autre. C'est notre job. Vous m'avez dit un jour que l'histoire de l'humanité n'était rien d'autre qu'une succession de crimes et de malheurs. Eh bien, c'est aussi une succession de mensonges savamment construits".

En 1945, un avion s'écrase sur le glacier du Vatnajökull en Islande. A son bord, curieusement il y a des officiers allemands et américains. Le blizzard fait rage et les hommes comprennent qu'ils ne vont pas s'en sortir vivants. Ils vont mourir de froid.

En 1999, Kristin reçoit un coup de fil de son jeune frère Elias. Randonneur, il est arrivé sur le glacier avec un ami et il est témoin de la présence importante de l'Armée américaine sur le glacier. Ce qu'il ignore c'est que ce dernier a recraché l'avion et que ce sont les services secrets américains qui sont sur place et vont tout faire pour garder secrète l'opération qu'ils mènent là.

Voilà pour le décor. Un Indridason sans Erlandur et je ne me suis pas ennuyée une seconde. L'auteur évoque à travers cette histoire la présence des forces de l'Otan  en Islande, sur la base de Keflavik, mal tolérée par les Islandais. Les Américains se comportent un peu trop comme des maîtres. Dans cet épisode précis ils se montrent cruels, sans pitié et piétinent allègrement toutes les règles censées être respectées.

Mais revenons aux personnages. Il ne faut pas attendre trop de vraisemblance, Kristin va voler au secours de son frère et vivre des péripéties violentes, avec des tueurs à ses trousses et un espion américain particulièrement sadique. Mais c'est Wonder Woman cette fille, elle résiste à tout, échappe miraculeusement à des situations périlleuses, hantée par l'obsession de sauver son frère de la mort.

Je me suis constamment demandé ce qui relevait de l'histoire réelle et ce que l'auteur avait inventé. Le rôle des Américains n'est pas brillant, il est même franchement immonde et tous les moyens sont bons pour récupérer l'avion au nez et à la barbe des Islandais sans laisser de trace. Il se murmure qu'il y aurait l'or des nazis dans cet avion, version destinée à berner les habitants, la réalité est tout autre.

Il y aura des morts, des courses-poursuites, de grosses émotions et malgré le côté incroyablement blindé de Kristin, j'ai marché et même couru derrière elle avec grand plaisir. Le rythme est soutenu, le suspense est fort tout au long du récit. Et puis, il y a l'Islande avec le froid, la neige, ses tempêtes, ses paysages de lave désolés, ses vieux fermiers rompus au climat de leur île ...

Objectif PAL 3

Les avis très variés de ClaudiaLucia Cryssilda Enna Keisha Valérie Yv

Arnaldur Indridason - Opération Napoléon - 424 pages
Traduit de l'anglais par David Fauquemberg
Points - 2016

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22 mai 2017

La photo du lundi

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21 mai 2017

Bon dimanche

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18 mai 2017

Le saut oblique de la truite

9782752910967"Moi qui croyais que la période de la post adolescence avait été la pire de mon existence (après avoir d'abord cru que mon adolescence serait ce que j'aurai à vivre de plus terrible), je constate que je me suis un peu avancé. A force d'efforts, de privations et d'orgueil, je n'ai réussi qu'à atteindre l'authentique statut de raté. Je n'ai pas trente ans ; j''ai fait vite."

La narrateur a une vingtaine d'années et est sur le point d'obtenir son diplôme d'architecte, quand il part en Corse rejoindre son ami Olivier dans le but de pêcher la truite. Olivier qui par bien des côtés est exaspérant, mais tellement libre et créatif.

Comme d'habitude, il n'est pas à l'heure au rendez-vous et après un délai généreux, le narrateur part tout seul sur le GR20, excité à l'idée de la pêche formidable qu'il ne va pas manquer de faire.

Ce court roman est une bouffée de fraîcheur en compagnie d'un jeune homme à l'aube de sa vie, avec des préoccupations de son âge, un peu foutraque, un peu obsédé par la gente féminine, passionné par la truite et la nature. L'auteur a su mélanger en souplesse l'auto-dérision et la poésie, la trivialité et l'imagination. Il est également peintre et ça se sent dans la description des lieux et des paysages.

L'ami attendu ne viendra pas et pourtant il est constamment présent entre les lignes, ainsi que la mère et la psy du narrateur. Le roman prend toute sa saveur avec quelques rencontres pittoresques et déconvenues diverses, le tout rattrapé par des séquences de pêche réelles ou fantasmées.

L'auteur a mis dix ans à écrire son roman, j'espère qu'il n'en restera pas là et nous offrira un jour une plus longue histoire.

(La couverture a été illustrée par l'auteur)

L'avis de Cathulu Ptit Lapin

Jérôme Magnier-Moreno - Le saut oblique de la truite - 91 pages
Editions Phébus - 2017

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14 mai 2017

Bon dimanche

 Pour une amie blogueuse aujourd'hui dans le chagrin.

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13 mai 2017

Sept femmes

51PBw4-IM8L__SX210_"Car il fallait qu'elles fussent folles ces femmes pour affirmer leur volonté présomptueuse d'écrire dans un milieu littéraire essentiellement gouverné par les hommes. Car il fallait qu'elles fussent folles pour s'écarter aussi résolument, dans leur romans ou leurs poèmes, de la voie commune, pour creuser d'aussi dangereuses corniches, pour impatienter leur temps ou le devancer comme elles le firent, et endurer en conséquence les blâmes, les réprobations, les excommunications, ou pire l'ignorance d'une société que, sans le vouloir ou en le voulant, elles dérangeaient."

L'auteure, qui traverse une période sombre "le goût d'écrire m'avait quittée", se penche sur l'oeuvre et la vie de sept femmes qui l'ont transportée à son adolescence et lui ont ouvert des mondes insoupçonnés.

Emily Brontë, Marina Tsvetaeva, Virginia Woolf, Colette, Sylvia Plath, Ingeborg Bachmann, Djuna Barnes, la majorité de ces femmes ont en commun un destin malheureux. Si je connaissais assez bien la vie de cinq de ces écrivaines, j'ignorais presque tout d'Ingeborg Bachmann et de Djuna Barnes.

Ce sont souvent des personnalités fortes, entières, qui ne veulent céder devant rien, qui sont hantées par le besoin d'écrire et d'écrire ce qu'elles veulent, contre vents et marées. Se faire éditer est une autre histoire, liée à l'époque, au rejet de la bonne société ou de la politique du moment.

C'est un bonheur de lire la trajectoire de ces femmes sous la plume de Lydie Salvayre qui les aime, qui imagine ce qui a pu les traverser, sans en faire des statues intouchables, mais des êtres de chair et de sang, dont le drame est souvent d'être trop en avance sur leur temps.

Une lecture passionnante.

"Thomas Bernhard, qui me conduit vers elle (car un auteur aimé vous amène vers ses livres aimés, lesquels vous amènent vers d'autres livres aimés, et ainsi infiniment jusqu'à la fin des jours, formant ce livre immense, inépuisable, toujours inachevé, qui est en nous comme un coeur vivant, immatériel mais vivant), Thomas Bernhard, disais-je dit d'elle qu'elle est un évènement".

L'avis de Dominique

Objectif PAL 3

Lydie Salvayre - Sept femmes - 226 pages
Points - 2014

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10 mai 2017

Un bruit étrange et beau

9782369811855_coverWilliam s'est retiré du monde il y a vingt-cinq ans. Il est devenu Don Marcus, dans un monastère de Chartreux et a fait voeu de silence. Il se sent bien dans cet univers en retrait, rythmé par la prière et la promenade du dimanche et renâcle lorsque son supérieur lui annonce le décès de sa tante et l'obligation de se rendre à l'ouverture du testament.

Seulement voilà, le toit d'un bâtiment du monastère aurait besoin d'être réparé et cet héritage peut être fort utile à la communauté. Il n'a plus qu'à obéir et prend le train à la rencontre d'un monde qu'il s'est efforcé d'oublier et qui lui saute à la figure avec vacarme.

Je le redis, je suis novice en BD, je n'y connais quasiment rien, je n'ai jamais lu Zep, même pas le fameux Titeuf. Je le découvre donc avec cette magnifique BD qui m'a captivée à la fois par le graphisme et l'histoire. Je suis souvent restée en admiration devant les cases toutes plus belles les unes que les autres, dans des tonalités superbes et un trait précis. Et la réflexion est profonde sur ce qu'est un engagement dans un chemin spirituel, ce que l'on abandonne, ce que l'on trouve ; vrai choix ou fuite devant une vie qui fait peur ?

William pense avoir enfoui très loin sa vie d'avant, il se rend compte qu'il n'en est rien, les souvenirs affluent et le questionnent dès qu'il met le pied dans le train. Il y rencontre une jeune femme condamnée par une maladie incurable. Entre lui qui a renoncé au monde et elle qui doit le quitter malgré elle, le dialogue s'instaure, vif et essentiel.

 

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Les retrouvailles avec sa famille le bousculent et l'amènent à approfondir encore son questionnement intérieur. L'opposition farouche de sa tante à son entrée dans les ordres, sa lente adaptation au monastère, ce qu'il a laissé derrière lui, tout lui revient et le trouble plus qu'il ne pensait.

Un album très réussi qui me donne envie de continuer à explorer l'univers de la BD.

L'avis de Brize Noukette Stéphie Yv

Zep - Un bruit étrange et beau - 96 pages
Rue de Sèvres - 2016

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07 mai 2017

Bon dimanche

Un moment de détente dans une journée qui risque d'en être dépourvue, je le crains ..

Le site d"Ophélie Gaillard

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