Le goût des livres

20 juillet 2018

Woman at war

"Halla, la cinquantaine, déclare la guerre à l'industrie locale de l'aluminium, qui défigure son pays. Elle prend tous les risques pour protéger les hautes terres d'Islande. Mais la situation pourrait changer avec l'arrivée inattendue d'une petite orpheline dans sa vie". (synopsis)

Un billet cinéma, oui vous ne rêvez pas. J'ai tellement aimé cette comédie islandaise qu'il fallait que je vous en parle. Il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent en plein été, ce serait dommage de rater cette petite perle. On y retrouve ce que savent si bien faire les Islandais, traiter un problème grave, en y mettant un tel grain de loufoquerie qu'il en devient très distrayant.

Halla est chef de choeur, c'est une personnalité rayonnante et chaleureuse, appréciée de tous, difficile de deviner que derrière se cache la terroriste recherchée par toute la police et jugée extrêmement dangereuse. Elle prend son combat très à coeur et compte le poursuivre sans faillir, lorsqu'elle apprend qu'une petite fille ukrainienne l'attend. Elle avait fait une demande d'adoption quatre ans auparavant et ne pensait pas la voir aboutir.

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Va-t'elle s'obstiner dans son projet de sabotage, concilier les deux, ou renoncer ?

Sur cette trame, le film nous réserve une poursuite angoissante dans les superbes paysages d'Islande, quelques personnages savoureux comme un cousin (présumé), la soeur d'Halla (jouée par la même actrice) et des choeurs islandais et ukrainiens magnifiques. Comme nous sommes en Islande, personne ne s'étonnera de la présence régulière dans le champ de trois musiciens qui ponctuent l'action ou de trois chanteuses ukrainiennes.

Un mot sur Halla, interprétée par Halldora Geirhardsdottir. Elle est formidable autant en chef de choeur qu'en combattante. Le fait d'avoir vu le film en V.O. et sans acteurs connus ici ajoute à son charme.

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Ne le manquez pas s'il passe chez vous.

L'avis de Dasola - Pascale (plus mitigée)

Woman at war - Réalisateur : Benedikt Erlingsson - 2018

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19 juillet 2018

Défense de tuer

Défense de tuer

"Ils se fixèrent rendez-vous, mais avant de partir, Gamache réunit son équipe. C'était l'heure du thé et ses collaborateurs tenaient en équilibre dans leurs mains de délicates tasses et soucoupes en porcelaine et de petites assiettes avec napperons en dentelle. Sur la table devant eux se trouvaient des notes sur le meurtre et des sandwichs aux concombres sans croûte, des listes de suspects et des éclairs, des indices et des petits-fours".

Cinquième enquête de l'Inspecteur-Chef Gamache, la seule qui ne se déroule pas dans le charmant village de Three Pines. Il n'est pas loin cependant, puisque nous retrouvons Clara et Peter, deux de ses habitants. Mais je vais trop vite.

Gamache est en vacances au Manoir Bellechasse, lieu splendide au bord d'un lac, havre de luxe et de paix, loin des soucis habituels. L'Inspecteur-Chef est là pour célébrer le trente cinquième-anniversaire de son mariage avec la patiente et compréhensive Reine-Marie.

L'endroit est un peu terni par une réunion de famille, celle des Morrow, Canadiens Anglais, dont certains membres ne se sont pas vus depuis longtemps. Hautains et méprisants, habitués à être servis, ils troublent la paix du lieu, malgré la bonne volonté et le professionnalisme du personnel. Ils se détestent cordialement entre eux, les vieux conflits sont à fleur de peau.

C'est alors qu'arrivent Clara et Peter, les vieux amis de Gamache. Il s'avère que Peter est un rejeton de cette détestable famille. Il s'en est éloigné le plus possible, sans avoir totalement rompu. Et sous le nez de l'Inspecteur-Chef un crime a lieu au sein de la famille. Qui a pu tuer la victime, écrasée par une statue et pas n'importe laquelle ?

Comme d'habitude, l'intérêt de l'intrigue est surtout niché dans les rapports psychologiques entre les uns et les autres. Avec finesse, Gamacha les explorent minutieusement, d'autant plus que cette fois-ci Peter est impliqué et suspect, comme les autres.

La vie privée de Gamache n'est pas à la l'abri des secousses non plus. Nous en apprenons plus sur son père et une dispute s'envenime avec son propre fils. Le presque parfait Gamache y montre les limites de sa compréhension et son enlisement dans le passé.

Mon intérêt pour cette série ne faiblit pas et j'ai hâte de retrouver Gamache pour la sixième enquête.

L'avis de Alex Claudia-Lucia Hélène

Louise Penny - Défense de tuer - 512 pages
Traduit de l'anglais par Claire et Louise Chabalier
Babel noir - 2015

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17 juillet 2018

Ma vie dans les monts

Ma vie dans les monts

"Ici, m'implantant en ces nouvelles terres, bien que je m'y réfère en pensée, je n'imiterai pas le Henry David Thoreau de Walden, ni non plus Thomas Rain Crowe, son disciple, presque un contemporain. Loin de moi ce rêve juvénile d'arriver à se suffire à soi-même, vivant des produits d'un jardin bio ; je connais ma dette envers l'humanité. Je resterai connecté aux réseaux par une antenne braquée sur un lointain satellite ; j'irai faire mes courses au supermarché avec mon vieux Renault Kangoo ; acheter mon pain ou poster mon courrier à motocyclette, sac au dos. Je n'en ai pas moins, pour choisir de me retirer au pied des montagnes, une intention profonde, et c'est de celle-ci, sans doute, que je compte parler en ces pages".

L'auteur, à la faveur d'un héritage, s'installe dans une maison isolée, un ancien moulin, sur le ruisseau d'Orgues, en Xaintrie noire, une région adossée au Massif Central. Avec sa femme chinoise, Lili, ils recherchaient un lieu ou vivre en pleine nature, dans le silence, mais non pas à l'écart du monde, ils en font pleinement partie.

Voilà un récit d'une telle richesse qu'il est impossible d'en faire le tour dans un billet, d'autant que je l'avoue, une partie des propos de l'auteur m'a échappé par manque de connaissances sur le zen et la philosophie chinoise. Mais ce n'est pas un obstacle à la lecture, j'ai simplement pris un carnet, un crayon et noté les ouvrages cités et il y en a.

La vie s'organise autour des tâches indispensables à effectuer jour après jour sur la propriété. Elaguer, couper, transporter, parfois à l'aide de plus jeunes parce l'on se fait soi-même un peu vieux. L'auteur parsème son récit de références au passé où l'on comprend qu'il a exercé des métiers assez dangereux à travers la planète. Il a été aussi créateur de jardins après un long apprentissage. Il a été propriétaire de différentes maisons qu'il a dû quitter avant de se fixer ici.

"Je repars avec ma  brouette vide, dans laquelle je rapporte à l'atelier les outils, sachant aussi comme tout travail accompli est précaire. Ce que construit un homme, un autre le démolit. Le nouveau propriétaire n'a souvent rien de plus pressé que de couper les arbres plantés par le précédent. Au seuil d'une belle maison bourgeoise du Lot, que j'ai revendue autrefois pour cause de divorce, j'ai vu couper un if au moins bicentenaire qui faisait toute la magie des lieux. On doit en grande partie l'absence de beauté de nos paysages aux cupides, aux imbéciles et aux iconoclastes".

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé Jacques Brosse entre ces pages ; il a été le maître de l'auteur. Je n'ai pas oublié ses livres et ses émissions de radio sur les arbres. Je me sentais donc parfois en terrain connu. Les réflexions de l'auteur sur le monde contemporain sont très justes, même s'il a la dent dure, tout comme il s'est fait au fil du temps sa propre conception d'une pratique du zen "Si je ne fais pas mon monde, c'est le monde qui me fera".

Les jours s'écoulent entre travail, lecture, écriture, marche et méditation. Le temps est rythmé par les absences de Lily, qui retourne en Chine six mois par an. La maison est située au fond d'une gorge, on n'y entend plus les oiseaux. Lorsque le temps se fait trop sombre, l'auteur monte sur le plateau retrouver le soleil et les hommes.

"Travaillant au jardin, je prends possession des lieux, lentement je me familiarise. Les quelques modifications que j'apporte, peu à peu font tenir à l'environnement un nouveau langage. Je vois bien que je m'y sens mieux, à mesure que se dessine l'image d'une résidence tournée vers l'esprit de la voie, où le vent fait doucement remuer le feuillage des bambous, vibrer les palmes des trachycarpus. Tout ce qui est incongru, qui surajoute des significations inutiles, tout ce qui brouille, je le supprime si je peux. Là où c'est pertinent, je place quelques signes, comme s'ils avaient depuis toujours été là, si possible".

C'est un récit dont on ne fait pas le tour en une seule lecture. Il faudra y revenir en détail, reprendre des réflexions, approfondir et rebondir sur d'autres auteurs. D'ores et déjà "Traité de la cabane solitaire" et "Carnet chinois" m'attendent.

L'avis de Annie Bonheur du Jour Dominique

Antoine Marcel - Ma vie dans les monts - 232 pages
Arléa - 2018

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15 juillet 2018

Bon dimanche

Corneille-soulrnb-1200x675

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13 juillet 2018

Le cactus

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"- Homme, femme, féministe ou pas, n'importe qui serait anéanti d'être quitté pour quelqu'un d'autre et de se retrouver seul avec un nouveau-né et un enfant en bas âge.

- Pas moi. J'ai organisé ma vie très soigneusement pour ne permettre à personne de m'anéantir de la sorte. Comme je ne dépends de personne émotionnellement ou financièrement, on ne peut pas me blesser. C'est ça, une féministe : une femme à la volonté de fer, invulnérable, qui contrôle chaque aspect de sa vie".

Bienvenue dans le monde de Susan, où tout est prévu, calibré, réglé, où chaque problème trouve méthodiquement sa solution, il suffit de le vouloir. Elle vit seule à Londres dans un studio confortable, a un travail qui lui plaît, une collection de cactus et un homme, Richard, avec qui elle a un accord qui lui convient parfaitement. Une relation réduite au mercredi soir, sans implication affective ou trop personnelle, une relation qui pourra être rompue sans explication au bon vouloir de l'un ou l'autre.

Cette organisation quasi-militaire en prend un sérieux coup quand deux évènements se produisent simultanément. Susan se rend compte qu'elle est enceinte, à 45 ans, et sa mère meurt.

A première vue, Susan est franchement antipathique avec son côté psycho-rigide poussé au maximum, mais au fur et à mesure qu'elle remonte dans son histoire familiale, on comprend comment elle a pu se construire une telle armure.

Susan avait une relation distendue avec sa mère qui lui a toujours préféré son frère, Edward, un bon à rien alcoolique qu'elle déteste. Lorsqu'à la lecture du testament, Susan s'aperçoit qu'elle a avantagé ce fainéant en lui laissant l'usufruit de sa maison, elle voit rouge et décide d'attaquer en justice.

Je suis assez mitigée après cette lecture. Je suis allée au bout sans déplaisir, sans grand intérêt non plus. Malgré l'humour qui court entre les lignes, le personnage de Susan est assez vite lassant. Sa rigidité la rend trop souvent ridicule ou naïve, à ce point là, ce n'est pas très crédible.

De plus le dénouement de l'histoire, s'il perce enfin un peu la carapace de Susan, est trop facile. Je ne crois guère aux transformations miraculeuses.

Je souligne quand même que je n'ai pas songé à l'abandonner, j'avais envie de savoir comment Susan allait se sortir des multiples problèmes qui lui tombaient sur la tête.

L'avis de Cuné

Le cactus - Sarah Haywood - 443 pages
Traduit de l'anglais par Jessica Shapiro
Editions Denoël - Juin 2018

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08 juillet 2018

Bon dimanche

Je suis rentrée de Bretagne il y a déjà une semaine, mais j'y suis encore un peu ..

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15 juin 2018

Pause

Voici venu le temps des vacances. Je pars pour une quinzaine de jours, quelque part en Bretagne. Je vais enfin vérifier si c'est vrai ces légendes de micro-climat entretenues par certaines Bretonnes, prétendant qu'il y fait toujours beau (j'ai des doutes). Je vais oublier internet, par contre les livres sont déjà dans les bagages. Retour début juillet.

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A bientôt.

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14 juin 2018

L'histoire très ordinaire de Rachel Dupree

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"Un vent chaud arrivait du sud. L'air était tellement chargé de poussière que les pointes acérées de Grindstone Butte disparaissaient derrière un voile opaque. Dans un mois, quand le temps commencerait à changer, je regretterais ce vent. En général, l'hiver ne me dérangeait pas tant que ça. Le travail était différent. C'était l'époque où je confectionnais des patchworks, de nouvelles robes pour Mary et moi, et de nouvelles chemises pour Isaac et John. Mais en cette chaude journée de septembre, j'ai frissonné en songeant à l'hiver qui approchait. Le jardin était desséché depuis des semaines et je n'avais plus aucune conserve en réserve".

J'ai des pépites dans ma PAL et quand j'en ressors une, je me demande toujours pourquoi j'ai tant attendu pour la lire .. En voici une, âpre et dure, mais terriblement prenante. La gorge se serre dès le début en voyant la misérable vie de Rachel, si courageuse, si démunie et on n'a de cesse de la terminer.

Rachel est une jeune noire, servante chez Madame Dupree, une femme acariatre qui se croit très supérieure, presque l'égale des blancs, parce que son mari était médecin. Elle tient une pension où elle loue des chambres aux ouvriers des abattoirs de Chicago. Son fils Isaac est soldat et au début de l'histoire, il revient à la maison, avec l'ambition de devenir éleveur.

Le gouvernement vend des terres pas chères aux noirs qui ont été soldats, Isaac saisit l'opportunité et propose à Rachel de devenir sa femme, ce qui lui donnera accès à davantage de terre. Le mariage durera un an et après chacun reprendra sa route.

Nous retrouvons Rachel quatorze années plus tard. Finalement, le mariage a duré, le couple a sept enfants, un huitième en route et pour l'heure, ils luttent désespérément contre une sécheresse terrible. Les terres qui leur ont été attribuées sont ingrates, ils sont très isolés et les vivres s'épuisent. Ils avaient un peu d'argent qu'Isaac a dépensé en achetant un nouveau ranch. Il veut se hisser au même niveau que les blancs qui l'entourent et leur prouver qu'il peut s'en sortir aussi bien qu'eux.

C'est une histoire comme je les aime, avec des personnages forts et un arrière-plan social et historique. C'est Rachel la narratrice et nous suivons l'évolution de sa pensée. Elle est très amoureuse d'Isaac, lui fait confiance en tout. C'est un homme calme qui lui répète inlassablement qu'ils s'en sortiront, quoiqu'il arrive. En attendant, Rachel travaille sans répit et sans rechigner, comme les enfants qui sont accablés de corvées.

Le contexte est particulier. Dans le Dakota du sud, ils sont sur des terres qui appartenaient il y a peu aux Indiens, vaincus et méprisés. Les soldats noirs s'y sont particulièrement mal conduits. La fin de l'esclavage n'est pas si loin et un noir qui possède de la terre est une exception, pas forcément bien acceptée. Rachel ne se départit pas d'une attitude méfiante envers tous et refuse de voir ce qui pourrait la déranger.

Jusqu'au jour où elle réalise que, quoiqu'elle fasse, la seule chose qui intéresse Isaac, c'est de la terre, toujours plus de terre. Elle voit que ses enfants n'ont jamais un moment de détente ou de plaisir et que ça ne changera pas. C'est un tournant important du roman et une question qui s'impose de manière lancinante. Rachel continuera-t'elle a obéir à son mari, à la société, à la bienséance, ou se battra-t'elle jusqu'au bout pour donner une autre vie à ses enfants ?

J'ai adoré cette lecture, il se ne passe rien de spectaculaire et pourtant, il n'y a pas de longueurs. J'ai rapidement oublié que Rachel était un personnage de roman, j'ai cru qu'elle existait, quelque part et je l'ai encouragée à briser ses chaînes .. (oui oui, je peux être comme ça).

Je n'ai pas trouvé d'autre titre traduit de cette auteure dont c'est le premier roman et j'espère qu'ils le seront un jour.

"Un sentiment enfoui au plus profond de mon être est remonté à la surface. A son âge, Mary aurait dû savoir danser un peu. Elle aurait dû avoir une vie sociale et des bals en perspective. Elle aurait dû avoir des voisins et des amis à deux pas ou une rue de la maison. Elle ne pourrait même pas aller à l'école, cet hiver. J'aurais trop besoin d'elle en l'absence d'Isaac."

Objectif PAL 3

Ann Weisgarber - L'histoire très ordinaire de Rachel Dupree - 347 pages
Traduit de l'anglais par Aline Azoulay
Points - 2011

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12 juin 2018

La fille du roi des marais

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"Mais j'aimais vraiment la vie dans les marais et j'ai été emplie de chagrin quand tout s'est écroulé. Et c'était moi la cause de cette ruine, quoiqu'il me fallût des années avant que je ne mesure mon rôle dans tout ça. Si j'avais compris à l'époque, les choses auraient été bien différentes. Je n'aurais pas adoré mon père à ce point. Je me serais davantage souciée de ma mère. Mais j'aurais aimé quand même la chasse et la pêche".

Héléna est une jeune femme, mère de deux enfants, mariée à Stephen. Elle gagne sa vie en fabriquant des confitures maison. Sous une apparence aussi lisse, se cache une réalité plus dure liée au passé d'Héléna. Sa mère a été enlevée lorsqu'elle avait 16 ans, par un homme nettement plus âgé qu'elle, qui voulait une compagne. Il l'a entraînée et séquestrée dans un marais dont elle ne pouvait pas sortir, quelque part dans le Michigan.

Héléna est née de ce couple forcé. Elle ignore tout de ce qui est arrivé à sa mère, croit que tout le monde vit comme eux et adule ce père aux origines indiennes qui lui apprend à chasser, à pêcher et à assurer sa subsistance dans un milieu hostile.

Le récit fait le va-et-vient entre deux périodes. Nous apprenons très vite que le père d'Héléna vient de s'évader de la prison où il était enfermé. Il a tué deux gardiens de prison et a gagné la forêt qu'il connaît comme sa poche. Simultanément, nous remontons le temps, l'enfance d'Héléna, sans électricité, sans eau, sous la férule d'un père cruel et imprévisible.

Héléna comprend que son père s'est évadé pour la retrouver et qu'elle est la seule à pouvoir le pister dans la forêt, il bernera la police qui ne mettra jamais la main sur lui. Elle a peur pour sa famille et son objectif est de remettre son père en prison.

Il y a deux suspenses dans le récit. Héléna réussira-t'elle a débusquer son père, lequel des deux piégera l'autre et par ailleurs, comment Héléna et sa mère ont-elles réussi à s'enfuir, lorsqu'Héléna avait 12 ans ?

Je n'en dirai pas plus ; la traque entreprise par Héléna est pleine de dangers dont le moindre n'est pas son ambivalence vis-à-vis de son père. Elle l'a beaucoup aimé ce père sadique et n'a découvert que tardivement sa méchanceté et sa perversité. De plus, son adaptation au monde "normal" n'a pas été simple, les codes lui échappent, la vie sociale est une énigme. Seul Stephen l'a aimée telle qu'elle est, mais elle lui a caché son passé.

La première partie du livre m'a paru un peu poussive, tournant quelquefois en rond, par contre le dernier quart est haletant et devient un vrai page-turner.

Un honnête thriller si vous êtes amateur du genre.

L'avis de Alex Brize Véronique

Karen Dionne - La fille du roi des marais - 400 pages
Traduit de l'anglais par Dominique Defert
Editions J.C. Lattès - 2018

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10 juin 2018

Bon dimanche

Le site de Yom

Un CD est sorti en mars 

Priere-Digipack

Jean Baptiste Millot
Crédit photo Jean-Baptiste Millot

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