Ma liste de non-fiction
Flo lance un projet autour de la non-fiction. Je n'y participerai pas, mais j'emboîte le pas aux copines blogueuses qui ont fait ces jours-ci une liste des lectures qui les ont particulièrement marquées. En consultant mon petit carnet, je m'aperçois que je lis une quantité non négligeable de non-fiction, dont je ne parle pas toujours sur mon blog. J'ai tout de même eu du mal à sélectionner dix titres, j'aurais voulu en citer bien d'autres ..
Grâce à un excellent libraire, j'ai pu découvrir assez tôt les journaux de Charles Juliet et suivre de près leur parution. L'auteur y note au jour le jour ses impressions, ses angoisses, ses tourments, ses rencontres, sa lutte pour écrire. Les premiers sont très sombres, les derniers plus apaisés. Il fouille son intériorité jusqu'à l'os pour trouver l'homme qu'il est vraiment. C'est poignant, prenant, et beaucoup de ses interrogations peuvent trouver un écho chez le lecteur. L'art y a une place importante, Charles Juliet s'intéressant de près à la peinture et à toutes les formes d'expression. Un sensibilité exacerbée, un style sobre et dépouillé.
Jusqu'à ce livre, Anny Duperey était pour moi une actrice charmante et légère, dont je n'imaginais pas que l'expérience puisse me toucher autant. Pour celles qui ne l'auraient pas lu, les parents d'Anny sont morts tous les deux axphyxiés dans leur salle de bains. Anny avait huit ans et c'est elle qui les a trouvés. Elle a tout occulté de son enfance, ses souvenirs sont sous "un voile noir" et c'est en regardant des clichés de son père, photographe qu'elle décide de ne plus fuir le passé et au contraire d'y replonger. J'ai rarement lu une description aussi juste sur les tourments de la mémoire enfantine. Une histoire bouleversante qui a démarré dans la rue où j'habite actuellement, berceau de la famille de l'auteur.
Femmes qui courent avec les loups - Clarissa Pinkola Estes
Psychanalyste et conteuse, Clarissa Pinkola Estes nous offre ici une vision de la femme riche et nuancée. "Chaque femme porte en elle une force naturelle, instinctive, riche de dons créateurs et d'un savoir immémorial. Mais la société et la culture ont trop souvent muselé cette "femme sauvage", afin de la faire entrer dans le moule réducteur des rôles assignés". Née au Mexique, une partie de sa famille est originaire d'Europe de l'Est. Ce mélange de cultures lui a forgé un imaginaire flamboyant, j'ai énormément aimé ses contes et encore plus l'analyse qu'elle en fait, dans la droite ligne des archétypes jungiens. Un ouvrage que je relirai pour l'approfondir.
Un jardin pour mémoire - Jacques Lacarrière
J'ai entendu Jacques Lacarrière régulièrement à la radio, avant de découvrir ses livres. C'est un raconteur d'histoires merveilleux et intarissable, aux connaissances vastes et solides. Vous connaissez son amour pour la Grèce, pour la marche à pied (chemin faisant). J'ai choisi ce petit livre de souvenirs où il retrace son parcours depuis l'enfance. J'y ai retrouvé sa verve, sa modestie , sa droiture et son amour des autres. Si vous ne connaissez rien de lui, commencez par celui-ci.
Sous le regard des dieux - Christiane Desroches Noblecourt
Egyptologue de réputation internationale, l'auteur répond ici aux questions de trois interviewers. Agée de 90 ans à l'époque, elle revient sur l'enfance, son amour précoce pour l'Egyptologie et la difficulté de faire sa place en tant que femme. Dotée d'une énergie assez exceptionnelle, elle ne s'en est jamais laissée conter. Son franc-parler et son enthousiasme intact rendent ces entretiens captivants. J'ai la plus grande admiration pour ces femmes qui ont su bousculer un monde figé et innover en permanence. Attachée à un travail scientifique rigoureux, l'auteur n'en explore pas moins des pistes audacieuses. Dommage qu'elle nous ait quitté l'an dernier.
Le salon des berces - Gilles Clément
Si vous suivez régulièrement mon blog, vous savez que j'aime les histoires de maison et de jardin. Et ce jardinier là m'intéresse particulièrement, en fait je le mets tout en haut du podium ! Sa vision de la société, de l'écologie, de la nature, m'enchante, sa forte personnalité aussi. Dans le salon des berces, il raconte sa quête d'un terrain pour construire lui-même sa maison, dans le respect de l'environnement et chez lui ce n'est pas un vain mot. C'est aussi l'occasion d'évoquer sa conception du jardin, pour lui et auprès de ses clients. Une vision globale respectueuse de l'humain dont on aimerait qu'elle ait plus d'audience auprès de nos décideurs de tout poil.
Refus de témoigner - Ruth Klüger
J'aurais pu choisir un autre témoignage de survivant des camps, Primo Lévi, Imre Kertesz, Etty Hillesum, Germaine Tillion .. mais celui-ci m'avait paru adopter un point de vue plus original, avec une critique du culte de la mémoire tel qu'il est pratiqué aujourd'hui et son refus d'être vue uniquement comme ancienne déportée. Ruth Klüger était une jeune autrichienne de 11 ans lorsqu'elle a été déportée avec sa mère. Elle a pu émigrer aux Etats-Unis en 1947 et devenir professeur, elle y vit toujours aujourd'hui.
George Sand - Gustave Flaubert - Correspondance
Celui-là, c'est ma lecture gourmandise, je ne l'ai pas complètement terminé, je le picore avec parcimonie, je veux le faire durer. C'est le bonheur total et puis Flaubert habitait tout près de chez moi, les lieux dont il parle me sont familiers, je peux facilement mesurer le changement de vie et de décor depuis son époque. Quant à l'évolution des mentalités, c'est une autre histoire, il pourrait tremper encore sa plume dans l'acide pour parler de la bourgeoisie rouennaise. Ils ont eu une belle relation ces deux-là. Un de mes rêves (réalisable) est d'aller visiter la maison de George Sand.
Les folles d'enfer de la Salpêtrière - Makhi Xenakis
Invitée à créer des sculptures pour la chapelle de la Salpêtrière, Makhi Xenakis s'est plongée dans les archives de l'Assistance Publique et a découvert les manuscrits conservés sur les femmes enfermées là depuis Louis XIVe jusqu'à Charcot. C'est terrible, bouleversant, d'une grande cruauté. Je m'y suis reprise à deux fois avant de le terminer, les femmes reviennent de loin .. La bonne société s'est toujours arrangée pour rogner les ailes de celles qui étaient trop libres ou trop originales. J'ai vu l'exposition quand elle était à l'extérieur de la chapelle, je regrette d'avoir raté les premières semaines où elle était à l'intérieur, accompagnée des textes passant en boucle. Cà devait être très impressionnant. Makhi Xenakis est la fille de Françoise et Yannis Xenakis.
La ballade des pélerins - Edith de la Héronnière
Je lis tous les récits qui me tombent sous la main sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle et à ce jour, celui-ci est le meilleur. L'auteur est partie en 1977, en compagnie de trois amis sud-américains. Pour voir mon billet, cliquez sur le titre. Il est magnifiquement bien écrit, à une époque où le chemin était moins fréquenté qu'aujourd'hui, l'aventure était plus risquée.
Et voilà mes dix titres. J'ai essayé d'éviter les doublons avec les billets précédents. J'aurais mis par exemple en tête de liste "Passagère du silence" de Fabienne Verdier, mais Sylire l'a évoqué ces derniers jours. Et aussi "Ermites de la taïga", Ella Maillart, Alexandra David-Neel, Jacqueline de Romilly etc .. etc ..
Je vais créer dans les jours prochains une catégorie "non-fiction" à l'avenir mes lectures seront plus faciles à retrouver.
Bon dimanche
L'affinité des traces
"Claquemurée entre les caisses de munitions, les palettes de corned-beef et les inévitables sacs postaux, elle sent, à travers les vapeurs de kérosène, la qualité de l'air changer. Comme si, à plusieurs centaines de mètres d'altitude, la terre desséchée lui lançait un appel. Tu marcheras ici, oui, c'est ici, sur ce sol étranger, que tes pas laisseront leurs traces. Car les traces, comme les hommes, ont leurs dispositions secrètes, tu verras, sur le sable même, sur le sable surtout, une trace peut en rejoindre une autre. C'est l'impérissable, l'inaltérable magie propre aux traces, leur mystérieuse alchimie, c'est l'ineffable affinité des traces".
Edith, jeune fille juive, a perdu sa famille dans les camps de la deuxième guerre mondiale. Elevée par des familles d'adoption, elle refuse le mariage et l'avenir tout tracé qu'un rabbin de Nancy lui propose. Elle part pour Paris, décidée à prendre sa vie en main.
Elle s'engage comme secrétaire dans l'armée et se retrouve sur une base au Sahara, à la fin de la guerre d'Algérie, au moment où la France effectue des essais nucléaires.
Le roman s'ouvre sur une scène de violence. Un groupe djihadiste a attaqué un camp touareg et fait prisonnier Taylat et son fils Ibram. Nous passons ensuite à l'histoire d'Edith et il faudra attendre un bon moment avant de faire un lien entre cette ouverture et la suite du récit.
Au début, j'ai été déroutée par l'histoire, le quotidien d'Edith au camp militaire, l'amitié qu'elle noue avec Sevan, l'infirmière, ses rapports avec la hiérarchie militaire, je ne voyais pas très bien où tout cela menait. Et puis, elle fait la connaissance de Mariama, femme touareg dont le mari, Nabil est soigné par les Français. Ses deux fils, Ayuba et Baheyyi, travaillent également au camp. Entre cette femme sans fille, et cette fille sans mère, un lien fort va se tisser prudemment.
Pendant ce temps, un essai nucléaire se prépare, il tournera au désastre, entraînant des pertes humaines. Par ailleurs, Edith, de plus en plus fascinée par la culture touareg à travers Mariama, et par le désert qui l'entoure, va prendre envers et contre tous une voie décisive pour le reste de ses jours.
Je n'ai pas envie d'en révéler davantage, c'est un roman avec un rythme particulier, aux envolées souvent poétiques, qui fait pénétrer dans l'univers des touaregs et leur histoire chaotique, jusqu'à nos jours. Je me suis retrouvée captivée moi-même par ce peuple nomade et ses traditions et de plus en plus intéressée par l'histoire d'Edith.
"La lune aussi est de la partie, dont le prodigieux halo teinte le sable d'un éclat oranger. Sur ce fond d'océan desséché, reliefs ocre et tango, ils sont ainsi trois à marcher. Le silence n'est rythmé que par l'empreinte régulière, dans la terre friable, des soles spongieuses de leurs dociles méharis".
Un roman qui s'appuie sur des faits réels (l'essai nucléaire raté) et les épreuves du peuple touareg, en faisant la part belle à une histoire romanesque à souhait.
Un autre avis ?
Gérald Tenenbaum - L'affinité des traces - 231 pages
Editions Héloïse d'Ormesson - 2012
Indian Palace
Synopsis : l'Angleterre n'est plus faite pour les seniors, même la retraite se délocalise ! Plusieurs retraités britanniques coupent toutes leurs attaches et partent s'établir en Inde, dans ce qu'ils croient être un palace au meilleur prix. Bien moins luxueux que la publicité ne le laissait entendre, cet hôtel délabré au charme indéfinissable va bouleverser leur vie de façon inattendue. (scénario inspiré du roman de Deborah Moggach "ces petites choses")
Evelyn (Judy Dench) vient de perdre son mari et de se rendre compte qu'il lui a menti pendant quarante ans de vie commune. Elle est obligée de vendre son appartement pour payer ses dettes.
Graham (Tom Wilkinson) a vécu jadis un grand amour en Inde, puis est rentré en Angleterre où il est devenu juriste. Il ne s'est jamais marié et se sachant malade, il retourne en Inde avec l'espoir de retrouver cet amour qui l'a hanté toute sa vie.
Miss Donnelly (Maggie Smith) acâriatre, raciste, perpétuellement mécontente, n'a pas les moyens de se faire opérer de la hanche en Angleterre, le Best Exotic Marigold Hôtel lui offre la possibilité de le faire sans tarder en Inde (où il y a malheureusement beaucoup d'Indiens !).
Douglas (Bill Nighy) et Jean (Pénélope Wilton) se retrouvent avec de faibles moyens au moment de leur retraite. Ils ont placé leur argent dans la start-up de leur fille, qui peine à démarrer. Jean le reproche sans arrêt à Douglas, incapable de réagir, toujours prêt à voir le bon côté de la vie.
Madge (Celia Imrie) mère et grand'mère indigne, part une dernière fois à la chasse au mari. Elle tombe par hasard sur l'annonce du Marigold Hôtel et la voilà partie, fantasmant sur les débris de fortune des maharadjas.
Norman (Ronald Pickup) vieux beau assez pathétique, est lui aussi à la recherche de la perle rare qui lui fera oublier sa solitude.
Vous imaginez ce groupe disparate se retrouver devant un hôtel délabré, très loin de l'image d'Epinal véhiculée sur internet par le jeune propriétaire Sonny (Dev Patel, l'acteur de Slumdog millionnaire). D'un bagoût intarissable, celui-ci ne manque pas de projets grandioses pour son hôtel, mais n'a pas le premier sou pour les réaliser.
La cohabitation va être plus ou moins harmonieuse, les affinités ou les antagonismes vont se révéler très vite. Cà pulse, çà vibre, c'est plein de couleurs, de bruit, d'odeurs, de saveurs, les répliques font mouche et se succèdent. Le tout est mené à un rythme soutenu et chacun des personnages va se retrouver face à une réalité qu'il fuyait en Angleterre.
Un mélange de réflexions sur la vieillesse, la dernière ligne droite et l'éventualité d'un renouveau, à n'importe quel âge ..
C'est sans doute un condensé de clichés, mais çà m'est égal, je suis ressortie joyeuse et dynamisée et ravie d'avoir passé deux heures en compagnie de comédiens aussi formidables.
Réalisateur : John Madden - film britannique - 2012
Info
A vous qui me faites le plaisir de laisser un commentaire, vous avez pu remarquer que depuis hier, canalblog laisse un message : "erreur de connection, veuillez réessayer dans quelques minutes".
N'en tenez pas compte, en fait votre commentaire est bien passé, c'est un dysfonctionnement de canalblog. J'espère qu'il sera vite réparé.
Dans le chapitre des messages surprenants, j'en ai eu un hier qui m'a laissée pantoise chez wordpress "vous envoyez vos commentaires trop rapidement, calmez-vous". Et j'ai dû recommencer.
Non, mais vous vous rendez compte ! j'étais vexée comme un pou qu'une machine me dise de me calmer. De quel droit se permet-elle de juger de mon état nerveux, non mais des fois !! Ce n'est pas moi qui suis trop rapide, c'est elle qui ne suit pas.
Gerberoy
Polina
Polina est une jeune danseuse russe dont nous suivons l'évolution de l'enfance à la trentaine. Ce qui est exploré ici, c'est surtout la relation maître-élève. Polina doit intégrer le cours de Bojinsky, craint de tous pour sa dureté. Il lui donne des cours particuliers, Polina court d'un endroit à l'autre, travaille avec acharnement. La petite fille grandit, est attirée par d'autres formes de danse.
Elle se dégagera un beau jour de Bojinsky, pour vivre la danse autrement. C'est à l'âge adulte, lorsqu'elle sera reconnue et célèbre qu'elle se rendra compte de tout ce que Bojinsky lui a inculqué, qui l'accompagne et la porte.
Le quotidien de labeur des danseuses, les rivalités, les premières amours, les déceptions, les blessures, la fatigue, le dépassement de soi, tout cela est évoqué. J'ai par contre été frappée par l'absence du monde extérieur, notamment de la famille. On dirait que le monde de la danse est une bulle dont on ne sort pas.
Le dessin est en noir et blanc, le trait assez épais au départ, je n'ai pas vraiment été séduite. J'ai trouvé que l'histoire était un peu survolée, on passe rapidement d'une étape à une autre. Si c'est une lecture agréable, ce n'est pas un coup de coeur.
Quelques avis, qui vous mèneront à d'autres liens : Antigone Choco Mango Theoma
Une interview de l'auteur expliquant sa démarche ici
Bastien Vivès - Polina - 206 pages
Editions Casterman - 2011
Bon dimanche
Stimulée par la folle équipée de quelques blogueuses téméraires samedi dernier (ici), je me suis enfin décidée à trier sérieusement mes dernières photos du Mont-Saint-Michel. Si l'accès au site lui-même est en passe de devenir un luxe inaccessible, la merveille peut s'admirer librement de n'importe quel endroit de la baie, en voiture, à pied, en vélo, à cheval ...
D'abord, une carte si vous voulez vous repérer.
Après une journée de pluie ininterrompue à Cancale, où la visibilité était nulle, ô miracle, le ciel s'est dégagé et le Mont Saint Michel est apparu au loin, juste avant le crépuscule.
Maintenant, au plus près, le même, vu du gite
En allant vers Avranches, petite marche à la Roche Torin
La meilleure vue d'Avranches, le panorama du jardin botanique
Pointe du Grouin Sud
Quelque part en chemin ..
De Saint-Léonard
Le point de vue de Champeaux, en plein midi
Le même, en fin de journée
du GR, entre Champeaux et Carolles. Le petit point à l'horizon, c'est toujours le Mt-St-Michel
La cabane Vauban
La journée se termine, les groupes qui ont fait la traversée rentrent ..
Un dernier galop
Changement de direction, le GR vers les polders
Dans la campagne ...
A Beauvoir, vue sur le barrage du Couesnon
Pour terminer, les randonneurs vus d'en haut, minuscules. Et en bas, dans la baie lorsque l'on a soi-même les pieds dans l'eau, voire les fesses pour certaines (n'est-ce-pas Liliba, Canel ..)
D'autres photos de la baie chez Enitram
Après la pluie
Cliquez pour agrandir
L'inquiétude d'être au monde
Voilà un petit texte étonnant et envoûtant dont le titre dit bien de quoi il est question. Dans une prose poétique, l'auteur livre son inquiétude face aux changements du monde, de l'Europe. La réflexion est politique et philosophique et fait référence aux grands traumatismes de notre époque.
Si certaines strophes m'ont beaucoup touchée, d'autres me sont restées plus obscures. Je l'ai d'abord lu par fragments, puis je l'ai repris en un seul jet et c'est ce qui convient le mieux au texte, on en perçoit plus nettement le rythme et la musique.
Et le choix maintenant,
auquel nous sommes confrontés :
Supporter l'effroi ou s'en remettre
au commerce de la consolation
Accepter le vertige, l'habiter, ou comme
les droites de l'Europe,
et finalement l'Europe entière,
nourrir un fantasme de refondation.
Persister à classer, entre le propre et le sale,
le sale et le soi, et si la catégorie établie par la langue
est menacée, alors,
pourquoi ne pas se remettre à parquer, à enfermer ?
Voir : Utoya, 2083.
indépendance et pureté ...
L'auteur revient plusieurs fois sur les massacres d'Utoya et de Colombine, qui seraient le fruit de l'inhumanité de plus en plus présente dans nos sociétés. Il en appelle à l'art, à la littérature, à la poésie, mais il n'y a guère trace d'espoir dans son texte, ce que j'ai un peu regretté.
C'est le genre d'écrit qui nécessite que l'on y revienne pour y réfléchir différemment selon l'état d'esprit dans lequel on est. Et c'est pour moi la découverte d'une belle plume.
C'est que nous ne sommes pas préparés.
Collectivement. Nous grandissons
à l'intérieur de cadres qui, chaque jour, implosent.
Nous ne sommes pas préparés.
Merci à Olivia et aux Editions Verdier
L'avis d'Hélène, de Mango qui renvoie vers des liens intéressants.
Camille de Toledo - L'inquiétude d'être au monde - 59 pages
Editions Verdier - 2012
Je vois du jaune partout
B O N N E J O U R N E E


















































