Le goût des livres

24 août 2016

Au milieu des vignes

Aujourd'hui billet contemplatif, simplement pour rester béat devant des paysages magnifiques (et avoir envie d'y retourner ..). C'était en juin, au bord du lac Léman, côté suisse, au milieu des vignobles, un jour de chaleur et de grand soleil.

Le vignoble de Lavaux, a été classé au patrimoine mondial de l'Unesco en 2007 après avoir failli disparaître, menacé par les constructions. 614 hectares de vignes, 10 communes, les Alpes, le lac, c'est une balade superbe à faire en prenant son temps.

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 Epesses

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 Son plus célèbre résident

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 L'île de Peitz

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Une mine d'infos ici

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23 août 2016

Là où tombe la pluie

Là où tombe la pluie"J'ai eu assez de temps pour trouver des explications et j'ai la vie devant moi pour en trouver d'autres. J'ai discuté avec des psychologues, des psychiatres, des scientifiques, des pasteurs, des mediums et moi-même. J'ai interrogé les étoiles et les feuilles de thé, cherché des réponses dans la forme des nuages et des visages dans l'écorce des arbres, étrangement ciselés. Il y a en a qui voient Jésus sur un paquet de fromage industriel : à chacun sa vérité. Qui peut m'en vouloir d'avoir choisi le fromage."

Ruth revient sur sa propriété "la Source" après un passage en prison. Soupçonnée du meurtre de son petit-fils, Lucien,elle est assignée à résidence, surveillée par trois gardiens qu'elle surnomme Trois, Anonyme et Ado.

La sécheresse règne partout depuis deux ans, sauf à "la Source" où la pluie tombe toujours. Cette bizarrerie a fait de Ruth et Marc, son mari, une cible de la jalousie de l'entourage.

Curieux livre, que je ne saurais dans quelle catégorie ranger. Dystopie ? anticipation ? roman noir ? Peu importe, il dégage une force et une atmosphère très curieuse, qui happe assez vite. Qu'en est-il au juste de Ruth ? L'auteure joue à nous faire entrer dans sa tête et ce n'est pas confortable. En revenant chez elle, elle décide d'affronter ce qui s'est passé et de démêler ce qui a vraiment eu lieu.

Nous savons donc qu'un drame est arrivé et que le coupable n'est pas identifié. Ruth soupçonne tout le monde, y compris elle-même. Elle reprend l'histoire depuis le début. Leur arrivée pour oublier de mauvais souvenirs à Londres. Les apparitions de sa fille, mère de Lucien, jeune femme fragile, droguée et instable. Le bonheur de Marc qui réalise enfin son rêve de retour à la terre. Puis la sécheresse, les difficultés de plus en plus grandes, l'hostilité autour d'eux et l'arrivée d'Amélia et ses "soeurs", persuadées que Ruth est une élue, centre d'une nouvelle religion, "la rose de Jéricho".

Le présent et le passé s'entremêle, l'auteure nous laissant longtemps sans repères fiables. Nous savons que Marc est parti, sa fille aussi, Lucien le petit-fils est mort, Ruth s'est laissée manipuler par une secte,  mais comment articuler tout cela ? Au milieu du livre, je me suis demandée si nous n'étions pas simplement dans le cerveau d'une femme ayant perdu complètement la raison et laissant libre cours à ses délires.

C'est évidemment plus compliqué. Ce que Ruth est autorisée à faire ou pas, les limites qui lui sont assignées par ses gardiens rendent l'ensemble encore plus anxiogène. Elle trouvera pourtant du réconfort auprès du plus jeune d'entre eux, ainsi qu'à la seule visite autorisée, celle d'un pasteur.

Le rythme n'est pas trépidant, au contraire, la tension s'installe surtout à cause de l'état de Ruth qui oscille constamment et dont ne sait pas où elle va aller, ni ce qu'elle a fait au juste.

Un certain nombre de thèmes sont abordés comme les relations dans un couple, jusqu'où connaissons-nous notre conjoint ? les grands problèmes écologiques également à travers la sécheresse, l'emprise mentale d'une personne sur une autre, sur fond de délire mystique etc ...

Un premier roman très prometteur qui aurait toutefois gagné à être plus court et plus resserré.

La tentatrice : Brize (et la Pyrénnéenne, en rupture de blog)

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Catherine Chanter - Là où tombe la pluie - 457 pages
Traduit de l'anglais par Philippe Loubat-Delrane
Les Escales - 2015

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21 août 2016

Bon dimanche

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19 août 2016

Entre deux mers

Entre deux mers"Toute la journée du lendemain se déroule dans et autour du cirque des Boutières, entre le Mézenc et le Gerbier-de-Jonc. De plusieurs kilomètres de diamètre, le cirque, dont le fond est constitué de grasses prairies accidentées, coupées de petites failles et de bourrelets herbeux, est constellé de sucs qui saillent sur ses pentes et l'entourent sur ses bords. Il mérite de figurer au Panthéon des plus beaux sites de notre pays qui n'en manque pas, et constitue le cinquième de mes coups de coeur paysagers entre deux mers, après le cap Sizun, la région de Guerlédan (en Bretagne), la Brenne et la vallée cristalline de la Creuse. Ma compagne et moi progressons, fascinés, d'abord sur le plateau en contournant le cirque à nos pieds, puis nous rejoignons par les pelouses fleuries sa partie basse avant de remonter sur son bord sud-est, à quelque distance du féérique mont Gerbier-de-Jonc vers lequel nous nous dirigeons dans une sorte d'hypnose."

Après une première diagonale qui l'a mené des Ardennes au pays basque en 2013 (Pensées en chemin), Axel Kahn entreprend une deuxième diagonale l'année suivante, cette fois-ci de la pointe du Raz jusqu'à Menton. Plus de 2000 kilomètres en perspective et un trajet plus dur physiquement, puisqu'il devra traverser des zones montagneuses.

L'organisation est la même, des étapes d'au moins trente kilomètres, des hébergements réservés à l'avance, des rencontres prévues ou imprévues et une curiosité insatiable des paysages, des habitants, de la vie économique, de l'histoire, de l'art etc ...

L'auteur m'a paru moins pessimiste que dans le premier voyage, il traverse des régions moins ravagées par la crise industrielle et les initiatives ne manquent pas à petite échelle pour redynamiser "le terroir". Il est souvent époustouflé par la beauté de certains paysages que l'on ne peut admirer qu'en allant à pied et en s'écartant des sentiers balisés, ce qu'il fait souvent, faute de chemins entretenus. Il ne cherche pas la facilité non plus, décidant régulièrement d'allonger sa route pour éviter les trajets trop rectilignes.

Il n'est pas parti tout-à-fait seul, il a accepté d'emporter une mascotte, une peluche qu'il appelle sa princesse, emblème des Jeux Equestres Mondiaux qui se déroulent la même année et dont il est un ambassadeur. Il dialogue avec elle et je l'ai trouvée un peu trop envahissante par moment.

Le sous-titre "voyage au bout de soi" n'est pas usurpé. C'est un homme de soixante-dix ans qui se met en route. Même s'il est relativement en forme, il outrepasse à plusieurs reprises ses possibilités physiques, faisant fi de chutes et de douleurs, notamment aux genoux, ce qu'il paiera au retour. C'est un homme qui s'interroge aussi sur la meilleure manière de vivre les années qui lui restent en continuant à être heureux.

Un livre qui peut intéresser autant les randonneurs que les sédentaires, tant il est riche d'expériences.

Le site d'Axel Kahn

Axel Kahn - Entre deux mers - 256 pages
Le Livre de Poche - 2016

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17 août 2016

Le lièvre et l'arbre à palabres

"Ce jardin est un conte qui a la vertu de présenter des techniques agricoles à la fois ancestrales et riches d'avenir.

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Le lièvre, réputé pour sa ruse et son intelligence, doit trouver des solutions pour faire face aux problèmes du réchauffement climatique. Il doit subvenir aux besoins en eau et en nourriture de la population. Sous l'arbre à palabres, il fera des rencontres qui changeront le cours de son avenir.

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Les vieux initiés disaient "si vous voulez sauver des connaissances et les faire voyager à travers le temps, confiez-les aux enfants".

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D'inspiration africaine, le "jardin du lièvre et de l'arbre à palabres" utilise des procédés narratifs et scénographiques pour faire connaître des techniques d'agro-écologie et de récupération d'eau. Il suggère ainsi autant d'éléments de réponses à la désertification du Sahel et au réchauffement climatique en zone subsaharienne.

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Entre traditions et modernité, ce jardin met en scène un matériau ancestral et respectueux de l'environnement, la terre, sous ses formes cuite et  crue. Son design nous emmène dans des paysages faits d'oasis, de savanes et de plantes tropicales". (extrait catalogue).

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Anaïs Baudoin et Théophile Fofana, ingénieurs paysagistes, Florence Fofana, artiste plasticienne DNSEP et Vincent Kra, architecte sculpteur - France

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Festival international des jardins - Chaumont-sur-Loire

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14 août 2016

Bon dimanche

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11 août 2016

Le goût du bonheur - Gabrielle

Marie Laberge"Elle a la triste impression d'être revenue aux temps de la Bible où on devait réparation jusqu'à la septième génération. Sa soeur peut bien la traiter de non évoluée ! Encore heureux qu'elle n'ait pas décidé de réparer l'affront fait à Jules-Albert en lui promettant Adélaïde. A cette seule pensée, un frisson la traverse. Ses enfants, et Isabelle en est maintenant, ses enfants ne seront jamais du bétail à mariage. Jamais. Ils seront éduqués et ils auront le choix. Pas question de traiter les filles différemment parce que c'est du gaspillage en attendant le mariage".

Comme chaque été, je participe au challenge "pavé" de Brize. Le but est de lire un roman de 600 pages minimum, pas une de moins, l'organisatrice y veille ! Je suis très à l'aise cette année avec le premier volume d'une trilogie qui dépasse les 800 pages.

Je l'ai choisi après une rencontre avec Marie Laberge qui m'a laissé un souvenir chaleureux, dynamique et ouvert. L'auteure a voulu écrire une saga comme celles qui la captivaient dans sa jeunesse, par exemple "Jalna" (Mazo de la Roche) les séries d'Henri Troyat, "les gens de Mogador" (Elisabeth Barbier) etc ...

L'histoire se déroule essentiellement au Québec et démarre dans les années 30. L'éblouissante Gabrielle est mariée à Edward qu'elle aime, ce qui n'est pas si fréquent dans cette société entièrement dominée par l'Eglise et les conventions sociales. Ils ont cinq enfants, Edward est avocat et sa carrière est prometteuse. Bref, nous sommes dans un milieu plutôt privilégié dans un Québec ravagé par la crise où rares sont les familles qui ne sont pas touchées.

Je ne vais pas vous raconter les multiples péripéties, c'est une vraie saga, avec des rebondissements, des revirements, des drames et des joies, des gens qui s'aiment mais pas au bon moment ou pas avec la bonne personne, des amitiés indéfectibles. Gabrielle est le centre de tout ce petit monde, un peu rebelle aux yeux de son entourage si corseté, entre autres ses deux soeurs Germaine et Georgina. C'est parfois un peu trop romanesque .. un peu trop tout, elle est quasi-parfaite Gabrielle, on pourrait se perdre dans le sirupeux, les bons sentiments trop grands pour les personnages, mais non, quelque chose retient et pousse à continuer.

Ce qui m'a beaucoup plu par contre, c'est l'aspect lutte des femmes pour sortir du carcan où elles sont. A travers son amie Paulette, Gabrielle découvre la condition épouvantable des femmes pauvres, qui ont un enfant par an et qui par-dessus le marché doivent obéir aux prêtres et filer droit dans leur couple. Elle s'éveille peu à peu et malgré son côté candide et conservateur va évoluer jusqu'à prendre quelques risques en cachette de son mari pour les aider. Les femmes de la bourgeoisie ne sont pas mieux loties, réduites à une position de mineures, ne pouvant rien faire sans la permission du mari.

Ce premier volume s'arrête en 1939 et la grande histoire s'en mêle. J'ai découvert la tension qui pouvait exister entre Canadiens francophones et Canadiens anglophones sur la conscription et le départ éventuel pour faire la guerre en Europe, ainsi que sur l'antisémitisme très présent.

Il est certain que je vais continuer la saga, mais en soufflant un peu entre deux. Comment s'arrêter sur une demande en mariage dont on ne connaît pas la réponse ?

Une lecture qui coule toute seule, parfaite pour l'été.

L'avis de Karine

Challenge pavé de l'été

Marie Laberge - Le goût du bonheur - Gabrielle - 868 pages
Pocket - 2007

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10 août 2016

La maison vivante

"Jardins du siècle à venir" c'est le thème du Festival International des Jardins 2016 à Chaumont-sur-Loire. Vingt-cinq jardins surprenants, poétiques, visionnaires, inventifs, de quoi faire rêver et cogiter, sans pour antant négliger les grands enjeux climatiques. Le soleil ne s'est pas montré, ce qui donnait une touche encore plus touffue à la végétation. J'ai l'intention de vous montrer quelques réalisations parmi celles qui m'ont particulièrement plu. Aujour'hui, "la maison vivante". En route pour la visite ...

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"En réponse à la pénurie énergétique, à la raréfaction de nos ressources, au surdimensionnement des mégapoles, à la crise du logement, à l'étendue effrenée de la bio-uniformité, voici le prolongement ultime de la nature en ville : la maison vivante ou le jardin de vie.

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Le jardin n'est plus un simple motif de décor ou un palliatif au stress quotidien, il devient notre maison, l'endroit où nous habiterons, là où nous vivrons.

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Deshabillez-vous dans le vestiplant puis attablez-vous au salon et cassez la graine sous les cocottes qui volent et les marmites qui lévitent. Au besoin, venez aider à la popote des bons mélanges. Une fois rassasié, laissez-vous séduire par la végétation tamisée de l'alcôve en dormance, pour une nuit parfaitement ensommeillée. Au matin, douchez-vous dans la salle d'arrosage et vous goûterez ainsi aux conforts des jardins de demain". (extrait catalogue)

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Emilie Garnier et Barthélémy Afres, paysagistes DPLG - France

Festival International des Jardins 2016
Jusqu'au 2 Novembre

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07 août 2016

Bon dimanche

Le site de Leyla McCalla 

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06 août 2016

Le sang des pierres

9782253173649-T"Un voile semblait le séparer du reste du monde. Au loin, il entendit des sirènes étouffées. Qu'avait-il vu, au juste, de ses yeux larmoyants ? Un corps dans un lit, quelqu'un qui prenait la fuite dans la forêt ? Plus il essayait de se souvenir, plus les images devenaient floues".

Après "L'écho des morts" et "L'heure trouble", voici ma troisième lecture de Johan Theorin et le retour à l'île d'Öland, cette fois-ci à la sortie de l'hiver, lorsque l'île commence à se réveiller et voit ses habitants revenir.

L'introduction montre l'un des personnages, Peter Mörner en bien mauvaise posture. Tabassé, arrosé d'essence, une silhouette au-dessus de lui tenant une allumette .. il faudra lire tout le roman pour connaître le dénouement de cette scène.

Peter Mörner a hérité d'une maison sur l'île et décide d'y emménager après son divorce. Il a deux enfants, des jumeaux de quinze ans. Une fille gravement malade et hospitalisée, et un fils scotché à son écran de game boy.

Un autre personnage nous est familier, Gerlof, rencontré dans les deux précédents épisodes. Il a maintenant quatre vingt cinq ans et ne veut plus rester en maison de retraite, il préfère mourir chez lui. Son corps le trahit souvent, mais l'esprit est toujours vif et observateur.

Ajoutons Vandela qui vient d'emménager elle aussi dans la maison d'à côté et qui a un lourd passé sur l'île. Son mari est un auteur célèbre dans son domaine, le développement personnel. Disons qu'il est moins brillant dans la vie que dans ses écrits ! Vandela est passionnée par les elfes et les trolls et dans le contexte de l'île ça ne paraît même pas bizarre.

Comme d'habitude avec l'auteur, nous sommes plutôt dans un polar d'atmosphère, qui prend son temps, où le relationnel est plus important que les scènes sanglantes. Les trois personnages évoqués vont se cotoyer sans pour autant mêler leurs histoires. Il est question des relations parents-enfants, des conflits entre conjoints, du poids du passé, de secrets inavouables. L'ambiance particulière de l'île rend les perceptions plus aïgues et j'ai aimé ce troisième roman autant que les précédents.

L'avis de Asphodèle Brize Hélène Kathel

Johan Theorin - Le sang des pierres - 528 pages
Traduit du suédois par Rémi Cassaigne
Le Livre de Poche - 2013

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