Le goût des livres

17 août 2017

La photo du jeudi

 

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Les jardins d'Etretat

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15 août 2017

Un fauve à Giverny

"Au musée des impressionnismes Giverny, l'exposition "Manguin, la volupté de la couleur" compte environ quatre-vingt-dix-oeuvres qui retracent la vie de cet ami d'Henri Matisse. L'accent y est mis sur la période où Manguin, qui a témoigné d'emblée d'un talent et d'une inventivité rares dans ses harmonies chromatiques, accompagne - et parfois précède - les audaces des peintres fauves avec lesquels il expose au Salon d'Automne de 1905".

Henri Manguin, désigné par Guillaume Apollinaire comme "le peintre voluptueux", rend hommage au bonheur de vivre à travers des thèmes arcadiens, des nus, des paysages méditerranéens, des scènes de vie de famille et des natures mortes.

Depuis ses années de formation, où l'enseignement de Gustave Moreau accompagne les premières expériences impressionnistes, jusqu'à la Première Guerre Mondiale, l'artiste fut fidèle en effet à l'expression d'une sensualité heureuse." (plaquette présentation musée des impressionnismes).

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La petite italienne

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Figures sur la plage - Jeanne et Claude Manguin

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Jeanne devant la nature morte

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Jeanne sur le balcon de la Villa Demière

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Le pré, Villa Demière

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La Faunesse, Villa Demière

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La Villa Demière - Saint-Tropez

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Le Vallon - Villa Demière 

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Saint-Tropez - Le coucher du soleil

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Le port et la citadelle de Saint-Tropez

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Devant la fenêtre, rue Boursault

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Jeanne en chemise

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Cavalière, un personnage

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Le golfe de Saint-Tropez

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La Pinède à Cavalière

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La liseuse au bonnet vert

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La couseuse à la robe rouge

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Baigneuse assise à Cassis, Jeanne

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Cassis, l'Allée de Villecroze

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Les Osselets, Cassis

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Le golfe de Saint-Tropez (aquarelle)

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Jeanne au turban jaune

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La femme au carrick

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L'éclairage et les reflets n'aident pas à restituer vraiment les couleurs des tableaux. La vidéo qui suit en donne une meilleure idée.

Le site du musée des impressionnismes ici

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13 août 2017

Bon dimanche

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06 août 2017

Bon dimanche

Jeanne, évidemment ..

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02 août 2017

Trois saisons d'orage

Trois saisons d'orage"Les hommes, pourtant, estiment pouvoir dominer la nature, discipliner ses turbulences, ils pensent la connaître. Ils s'y engouffrent pour la combler de leur présence, en oubliant, dans un terrible accès d'orgueil, qu'elle était là avant eux, qu'elle ne leur appartient pas, mais qu'ils lui appartiennent. Elle peut les broyer à la seule force de sa respiration, elle n'a qu'à frémir pour qu'ils disparaissent".

Après avoir vu passer de nombreux billets élogieux sur cette jeune auteure, je me suis enfin décidée à la lire en choisissant son dernier roman, dont le thème m'inspirait.

Ce qui saisit d'abord, c'est la description des lieux. Un village qui semble au bout du monde, les Fontaines, des falaises inhospitalières, un climat rude, des paysans et des villageois qui le sont tout autant.

André, jeune médecin déjà blessé par la vie, choisit de s'installer aux Trois Gueules, au-dessus des Fontaines. L'endroit l'attire irrésistiblement, bien qu'il y ait connu un drame. Il y soignera "les fourmis blanches" ; ainsi sont surnommés les ouvriers qui extraient la pierre à la carrière.

Trois générations vont vivre là, Bénédict, le fils d'André, sa femme Agnès et leur fille Bérangère, dans une maison voulue par André, vaste et hospitalière à qui sait l'apprécier. Les Fontaines ont connu la misère, puis une certaine prospérité et les villageois sont reconnaissants à André d'avoir participé à l'expansion du village, loin du vacarme de la ville et de la modernité.

Mais les lieux n'oublient rien ; ils portent en eux la mémoire du passé et réclament un jour leur dû. Je n'en dirai pas plus sur l'histoire, si ce n'est que l'on pressent tôt le drame, en se demandant quelle forme il va prendre.

J'ai été impressionnée par la puissance de l'évocation d'une terre et de ses habitants. On traverse quelquefois des régions où l'on imagine bien ce genre d'histoire intemporelle, quelque chose d'immuable y subsiste, plus fort que les pauvres humains.

J'ai eu plus de mal avec certains personnages, notamment Agnès. Je ne veux pas raconter ce qui lui arrive, mais je n'y ai pas cru, ce qui a un peu gêné mon adhésion à l'histoire. C'est cependant une réserve mineure par rapport à l'ensemble du roman que je ne pouvais plus lâcher, prise par l'atmosphère particulière des Trois-Gueules.

Une lecture qui me laissera une forte impression.

L'avis de Leiloona Noukette Tiphanie Valérie

Cécile Coulon - Trois saisons d'orage - 265 pages
Viviane Hamy - 2017

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31 juillet 2017

George

"Aucune autre demeure en vue : seules, derrière les arbres, apparaissent deux humbles bâtisses à toits de tuiles, dépendances du bâtiment principal. Rien ne nous nomme les lieux, rien ne les signale, rien ne les distingue des environs. La maison est tout simplement installée là, massive, placide, en relation familière avec la route et la ferme, comme un aspect de la femme extraordinaire qu'elle abritait ; et peut-être cet aspect même suffisait pour faire deviner son nom, et pour rendre presque superflue notre question haletante à la jolie gardeuse d'oies qui tricotait près de la haie".

Extrait de "La France en automobile" d'Edith Wharton (lecture en cours).

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Nohant

Puisque nous parlons de George Sand, je vous signale une émission de France-Culture qui commence ce matin, à 9 heures "Grande traversée". Deux heures chaque jour de la semaine autour de la grande dame.

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30 juillet 2017

Bon dimanche

Le site de Thomas Enhco

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29 juillet 2017

L'été avant la guerre

L'été avant la guerre"Ma chère enfant, je crains que nous ne soyons tous les esclaves de la société. Il n'y a pas moyen d'y échapper. S'agissant de vous, c'est parce que Lady Emily a approuvé votre embauche que les administrateurs de l'école se sont laissés convaincre alors que moi, qui suis également membre titulaire de ce conseil, j'avais été incapable de l'emporter. J'ai bien peur que votre indépendance aussi bien que mes tentatives pour faire évoluer les choses ne dépendent de notre amie titrée et des petits cartons d'invitation ornés de son chiffre qu'elle nous fait l'honneur de nous adresser".

Béatrice Nash vient d'arriver à Rye (Sussex) pour enseigner le latin à des élèves indifférents, voire hostiles. Son père, un universitaire réputé, est mort récemment, la laissant par testament à la merci d'une vieille tante acariâtre, pas prête du tout à laisser sa nièce vivre indépendante. L'époque est encore victorienne, très corsetée et la place de la femme est celui d'une éternelle mineure, forcément sous la tutelle d'un homme. 

Mais Béatrice n'est pas faite de ce bois-là et elle n'entend pas se laisser régenter sans rien dire et quémander une maigre obole à sa tante en échange de sa soumission. Heureusement elle a des appuis sur place, surtout en la personne d'Agatha Kent, son époux John et ses neveux Hugh et Daniel. Les rumeurs de guerre commencent à circuler, sans perturber la vie bien réglée de cette bourgeoisie anglaise très étriquée.

Il m'a fallu deux cents pages pour entrer véritablement dans l'histoire. J'ai trouvé que la mise en place des personnages et des situations était un peu longue. J'ai cru m'être fourvoyée dans un banal roman "pour fille", mais quand l'action a démarré, j'ai été agréablement surprise par l'évolution des personnages. L'arrivée des premiers réfugiés belges va bouleverser la donne, le ton se fait plus grave, l'histoire gagne en épaisseur.

Le patriotisme gagne la jeunesse britannique qui s'engage à tour de bras. Béatrice de son côté héberge une jeune réfugiée belge. Elle se heurte par ailleurs, à l'étroitesse d'esprit de la petite communauté villageoise, toujours prête à l'éliminer au profit d'un homme. Le cloisonnement des classes sociales est impitoyable, elle a l'occasion de s'en rendre compte avec un de ses jeunes élèves, Snout, le plus doué, mais d'origine tzigane, donc éliminé d'office.

Il y a des histoires d'amour dans ce roman, à foison, mais aussi la réalité de la guerre ; les jeunes gens qui se retrouvent dans les tranchées abandonnent vite leurs naïves illusions ; en Angleterre de plus en plus de familles perdent un des leurs, les temps s'assombrissent.

A travers Béatrice, le féminisme est présent. Toutes les injustices faites aux femmes sont évoquées, certaines s'en font les complices, d'autres comme Béatrice ne le supportent pas et se révoltent dans le mesure de leurs moyens. La société est organisée de telle façon, qu'elles sont ligotées bon gré, mal gré. Elle fait l'amer constat du peu de confiance que lui accordait son père, alors qu'elle le secondait avec une grande efficacité.

C'est une bonne lecture de vacances, suffisamment distrayante, sans être creuse pour autant. On sent que l'auteure a dû beaucoup se documenter sur la période. Et c'est ma première participation au Pavé de l'été de Brize.

L'avis de Keisha Cryssilda

Challenge Pavé de l'été

Helen Simonson - L'été avant la guerre - 672 pages
Traduit de l'anglais par Odile Demange
10/18 - 2017 

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27 juillet 2017

D'accord

daccord-158x300"Curieusement, depuis notre départ de Paris, cette visite à mon père n'avait cessé de m'apparaître de plus en plus facultative. Simple prétexte pour passer quelques heures en compagnie de Vlad ou geste dérisoire d'une indulgence trouble, même pas coupable ? Les deux, sûrement, entre faiblesse et mansuétude, pitié et action généreuse. Car enfin, qu'allions-nous trouver une fois à Vierville-sur-Mer, dans cette maison de retraite où je l'avais fait placer quelques mois auparavant, à la suite des premières et foudroyantes atteintes de la maladie d'Alzheimer ? Le souvenir d'un homme qui, pour lui-même, n'en avait presque plus aucun ?".

Le narrateur rend visite à son père, devenu un vieil homme sans mémoire et sans souvenir. Il emmène son fils, tout en se reprochant de lui infliger cette sortie.

Trois générations d'hommes vont se retrouver dans un espace confiné, ne sachant pas comment communiquer. Le narrateur se retrouvant démuni et perplexe, c'est Vlad qui va prendre les choses en main et s'occuper de son grand-père, lui parlant et le guidant doucement.

Les souvenirs d'enfance du narrateur se mêlent au présent. Il se rappelle de ce père tyrannique, jouant obsessionnellement aux courses, maltraitant sa famille en permanence. L'enfant faisait tout pour plaire à son père, sans jamais y parvenir. Et le voilà maintenant devant ce vieillard avec qui il ne peut rien partager et pas seulement à cause de la maladie.

C'est un court roman, qui soulève cependant de nombreux questionnements sur la transmission paternelle, la vieillesse, la maladie, les non-dits. Le regard que porte le narrateur sur la vieillesse est assez cruel, compensé par un certain humour et une sensibilité qui affleure à chaque page.

La visite se clot sur un évènement inattendu, qui scelle une complicité nouvelle entre le narrateur et son fils, laissant présager une meilleure relation qu'avec la génération précédente.

Denis Beneich - D'accord - 95 pages
Actes Sud - 2017 

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25 juillet 2017

Les quatre saisons de Gilles Clément

51mOV-HE89L"Qu'a-t'il de si extraordinaire ce jardin de la Vallée ? Il est VIVANT, voilà tout ! Il vibre au diapason d'une indicible symphonie. Parce que Gilles féconde la terre, recoud ses fils visibles et invisibles, plonge son râteau-pinceau dans la couleur, la nature lui révèle ce que c'est qu'être homme. Dans son vieux pantalon de jardinier, emprunté à son frère à l'époque de son service militaire, il y a plus de cinquante ans, "un peu usé maintenant", casquette saharienne pour se protéger du soleil, il sème ici, élague là, fait entrer la lumière ailleurs. Corps à corps avec le végétal, comme une chorégraphie des temps anciens, conversation silencieuse avec la plante".

J'avais déjà eu l'occasion de me pencher sur l'itinéraire de Gilles Clément avec "Le salon des berces". Ici, c'est un regard extérieur qui se pose sur le jardinier-écrivain-paysagiste et retrace une biographie sous forme d'entretiens réalisés dans sa maison de la Creuse.

C'est l'occasion de pénétrer un peu plus son intimité et la façon dont se sont mis en place les principaux concepts chers au jardinier, entre autres le jardin en mouvement, le jardin planétaire et le tiers-paysage. Les entretiens sont entrecoupés d'extraits des livres précédents de Gilles Clément et d'interviews de ses étudiants et amis.

L'enfance, la jeunesse, les voyages lointains, la relation aux autres, tous les sujets sont évoqués, sans être indiscrets. Où l'on voit que l'amour de la nature vient de loin et l'habitude de chercher bien au-delà de ce qui lui était enseigné. J'ai retrouvé la génèse de l'achat du terrain et de la maison qu'il occupe depuis de nombreuses années à un jet de pierre de la maison de son enfance (sujet principal de "La saison des berces").

Le professionnel ne fait pas l'unanimité, il a ses détracteurs. Il faut dire qu'il bouscule des habitudes bien établies, il a souvent une longueur d'avance et rester fidèle à ses conceptions quand il les croit justes ne lui a pas attiré que des amis.  

Si vous ne le connaissez pas, ce sera une lecture intructive sur l'homme et ses travaux et si vous le connaissez, ce sera une manière d'approfondir cette personnalité marginale, engagée depuis longtemps dans une véritable démarche écologiste globale.

"J'étais passionné par ce métier, mais j'avais fait des stages en Alsace qui s'étaient très mal passés. Avec Gilles, j'ai réalisé qu'on pouvait faire des jardins autrement. Même les cancres ne rataient pas ses cours ! On sentait que ce qu'il nous transmettait, c'était du vécu. Il avait une autorité naturelle, un certain charisme. Il n'essayait pas de nous mettre des choses dans la tête, mais faisait en sorte que chaque élève se révèle à lui-même" (Camille Muller).

"Le jardinier vagabonde toujours entre Paris, le monde, et la Vallée, son monde. Au printemps, il retrouve son jardin, les grandes berces du Caucase, le piano à queue, Ermentrude, les eaux brunes du lac, les amis de passage, et souvent la solitude. Solitude voulue. Ou non. S'absenter des autres, se mettre à l'écart, en retrait, se lier d'amitié avec le silence. Un besoin depuis toujours. "Les humains ont montré qu'ils n'étaient pas faits pour la solitude. Pourtant, cette solitude qui peut m'oppresser en même temps je la cherche ! Il m'arrive de désirer être seul puis, à un moment, d'avoir envie de partager quelque chose avec quelqu'un, ce peut être un amour,  un ami, ma fille ... La solitude est nécessaire à la création, mais sans les autres, c'est-à-dire sans la relance de la dynamique de la création, sans la discussion, les questions auxquelles je ne pensais pas, cette création n'a pas lieu".

Le livre se termine par un cahier de photographies de 16 pages. 

Un entretien récent avec Gilles Clément sur France-Culture ici

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Frédérique Basset - Les quatre saisons de Gilles Clément - 180 pages
Rue de l'Echiquier - 2014

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