seethaler-une-vie-entic3a8re

"La plupart du temps Egger se taisait pendant les courses. "C'lui qui l'ouvre, l'a les yeux qui s'ferment", avait coutume de dire Thomas Mattl, Egger partageait cet avis. Au lieu de parler, il préférait écouter les gens, dont les bavardages essoufflés l'initiaient aux mystères de destinées et d'opinions étrangères. Manifestement, les gens venaient chercher dans les montagnes quelque chose qu'ils croyaient avoir perdu ils ne savaient quand, longtemps auparavant. Il ne comprit jamais de quoi il s'agissait exactement, mais, les années passant, il acquit la certitude qu'au fond ce n'était pas lui que les touristes suivaient de leur pas mal assuré, mais quelque insatiable nostalgie inconnue".

Andreas Egger est un orphelin de 4 ans lorsqu'il arrive chez un oncle qui accepte de l'accueillir pour le faire trimer dur et le battre comme plâtre, jusqu'à le rendre boiteux. Nous sommes au début du XXe siècle, dans une ferme montagnarde d'Autriche où les hivers sont longs et les paysages splendides.

Comme l'explicite le titre, c'est donc la vie d'Andreas qui nous est contée, une vie simple et rude, illuminée par la rencontre avec Marie, une jeune serveuse dont il va tomber amoureux et qui deviendra sa femme.

Andreas ne veut pas devenir paysan, il se fait embaucher par l'entreprise qui construit le premier téléphérique et va amener l'électricité dans la vallée. Il travaille toujours aussi dur, mais aime se retrouver seul dans la montagne qu'il connaît comme sa poche.

La vie ne va pas l'épargner, en lui enlevant Marie ; il se plaît alors dans la solitude, sans s'occuper de personne. Il va partir sur le front de l'est en 1942. Fait prisonnier par les soviétiques, il ne sera libéré qu'en 1951.

Lorsqu'il revient, tout a changé, physiquement il ne peut pas reprendre de travaux trop durs, il est diminué. De plus, l'entreprise qui l'employait a disparu dans la tourmente de la guerre. Il se fait alors guide pour les touristes qui commencent à arriver.

Rien de spectaculaire dans ce roman, ni de particulièrement marquant. Une vie, racontée sobrement, avec une économie de mots et des descriptions magnifiques de la montagne, qui m'ont fait penser à Mario Rigoni Stern, comme Yv.

C'est l'authenticité de cet homme qui rend la lecture attachante. Un homme qui n'a pas choisi sa vie, mais l'a traversée avec dignité et courage, sans jamais oublier son éblouissante Marie.

Merci Maryline

L'avis de Dasola Krol Luocine Manika Sabine Sandrine Yv

Objectif PAL 2

Robert Seethaler - Une vie entière - 157 pages
Traduit de l'allemand par Elisabeth Landes
Sabine Wespieser - 2015