Du vent dans mes mollets"Madame Trebla m'a regardée droit dans les yeux comme si elle était Madame Trebla, la psychologue, et que j'étais Rachel, et qu'il faudrait bien que je lui explique ce qui va pas avec Madame Danielle. Le problème, comme dit papa, c'est que si on tient à la vie, il y a des valeurs sûres auxquelles on touche pas : le pape, même si on est juif, et l'inventeur du hachis parmentier, même si  y'en a marre des patates. Et ben pour Madame Danielle c'est pareil, on en mange même si c'est dégueulasse, parce qu'il paraît que c'est bon, et on la boucle"

Rachel est une petite fille de 9 ans, que sa maman expédie chez le psy parce que depuis peu, elle dort tout habillée, avec son cartable et ses affaires de gym. Au rythme des séances, la lectrice pourra se faire une idée de sa famille, un peu déboussolante, de sa maîtresse d'école qui dégoûterait n'importe qui d'apprendre et de ses petites camarades de classe peu accueillantes.

Heureusement, il y a Hortense qui devient sa grande copine et avec qui elle va bien s'amuser à jouer des tours pendables.

C'est un petit roman tonique et emporté, dont je parierais qu'il repose sur des souvenirs personnels. On sourit souvent, on est triste aussi  parce que Rachel, on sent bien qu'elle peine à trouver sa place et puis la vie réserve des surprises cruelles, un peu trop grosses pour les petites filles de 9 ans.

Une bouffée d'air frais, doublée d'une belle insolence.

L'avis de Cathulu Clara

Raphaële Moussafir - Du vent dans mes mollets - 112 pages
J'ai Lu - 2011

Un mot sur le film que j'ai vu la semaine dernière et que j'oublie déjà. Si l'esprit du roman est là, il y a des différences sensibles dans le scénario. Des prénoms ont changé, Hortense est devenue Valérie. Des personnages ont été étoffés, par exemple la maman de Valérie-Hortense, très attirée par le papa de Rachel. Madame Danielle, l'institutrice hérite d'une histoire un peu poussée avec le prof de gym et la mamie apporte son grain de sel à l'histoire plus que dans le livre.

Et puis, les petites filles étaient si délurées que çà dans les années 80 ?

Comme souvent dans les comédies françaises, le film vaut surtout par ses interprètes, ici Agnès Jaoui, excellente en mère envahissante, pourvoyeuse de boulettes et nourritures en tout genre ; Denis Podalydès père et mari rêveur et Isabelle Carré, qui représente la liberté à venir des femmes. Isabella Rossellini campe une psy que l'on aimerait connaître et Judith Magre une mamie pleine d'autorité. Et bien sûr, la petite Juliette Gombert (Rachel) et ses grands yeux étonnés.

A vous de voir ..

Réalisatrice : Carine Tardieu

Le billet de Dasola