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"Le lendemain matin, ils gravirent des landes abruptes dans un brouillard laiteux et s'arrêtèrent dans l'Arnarfjördur, à Hrafnseyri, le lieu ou Jon Sigurdsson avait vu le jour. Sur la droite, en surplomb de la route, se trouvaient quelques maisons typiquement islandaises : murs rouges, fenêtres blanches et toit en tourbe. Le berceau de l'Indépendance, pensa Erlandur, curieux d'en savoir plus sur l'histoire du lieu. Sigirdur Oli s'arrêta sur le parking devant la plus vieille ferme. Erlandur descendit de voiture et admira le paysage. Il n'y avait pas un souffle de vent. Les nuages bas cachaient les montagnes tout autour, mais l'eau du fjord était lisse comme un miroir".

"Les roses de la nuit" se situe entre "Les fils de la poussière" et "La cité des jarres" (lu avant le blog). Chronologiquement, c'est la deuxième enquête d'Erlandur.

Un jeune couple cherchant un endroit tranquille où batifoler se retrouve dans un cimetière (!) où une scène étrange attire son  attention. Un corps sur une tombe, une silhouette furtive qui s'enfuit en voiture. Il s'avère que c'est le corps d'une très jeune fille, abandonnée sur la sépulture d'un célèbre homme politique islandais, Jon Sigurdsson. La jeune femme prévient la police, tandis que son compagnon préfère prendre la tangente.

C'est un assassinat et c'est Erlandur qui est chargé de l'enquête avec son équipe, Sigurdur Oli et Ellinborg. Il est question cette fois-ci des milieux de la drogue et de la prostitution, sur fond de trafic de quotas de pêche dans les fjords de l'ouest. Comme d'habitude il y a l'aspect enquête d'un côté et celui de la vie privée d'Erlandur de l'autre.

Erlandur voit épisodiquement ses deux enfants. Le garçon, Sindri Snaer est alcoolique et toujours entre deux cures de désintoxication. Eva Lind, la fille, est droguée et ne souhaite pas arrêter. Elle erre d'un compagnon à l'autre, dans des endroits plus ou moins sordides. Erlandur préfère ne pas savoir de quoi elle vit et la récupère régulièrement quand elle va trop  mal. Les deux lui reprochent de les avoir abandonnés tout jeunes, quand il a divorcé d'avec leur mère. Néanmoins, Eva Lind, connaissant bien les milieux de la drogue, va l'aider dans son enquête.

Sigurdur Oli n'est pas plus net dans ses comportements. Disons qu'il s'intéresse d'un peu trop près à la jeune femme qui a trouvé le corps et qu'il craint la réaction d'Erlandur lorsqu'il le découvrira.

Arnaldur Indridason donne déjà ici la mesure de ce que sera la série, les personnages principaux s'étoffent, on s'intéresse autant à l'enquête, pas avare en rebondissements, qu'aux soucis familiaux d'Erlandur. C'est l'occasion d'en apprendre davantage sur la spéculation immobilière qui a sévi autour de la capitale islandaise et sur la crise qui a poussé les pêcheurs des fjords de l'ouest à quitter leurs villages.

A lire si vous ne connaissez pas la série et encore plus si vous avez aimé la suite.

L'avis d'Electra

Arnaldur Indridason - Les roses de la nuit - 248 pages
Traduit de l'islandais par Eric Boury
Editions Métailié - 2019