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"Tu es bourré de préjugés, je suppose que tu es aussi raciste, en tout cas tu détestes tous ceux qui ont étudié plus longtemps que toi et réussi à décrocher des diplômes au-delà du certificat d'études. Moi, je n'étais pas un cancre. Aujourd'hui le cancre que tu as été est en mesure de botter le cul à un type qui a eu le cran de faire des études ! Bravo et félicitations monsieur le mauvais élève !"

Il en prend pour son grade Erlandur, et c'est son jeune collaborateur Sigirdur Oli qui lui tient tête. Quel plaisir de retrouver ce vieux bourru dans cette première enquête, parue en 1997 et qui n'avait pas encore été traduite. Sigirdur Oli et Ellinborg font tout juste leur apparition, leur rôle est encore timide, presque inexistant pour Ellinborg.

Deux enquêtes se mélangent. Il y a d'abord le suicide de Daniel, dont le frère Palmi a été témoin en allant lui rendre visite à l'hôpital psychiatrique où il était suivi depuis longtemps pour schizophrénie. Daniel a mis à sac tout ce qu'il a pu avant de se jeter dans le vide, débordé par une colère que Palmi ne s'explique pas.

Dans le même temps, un ancien professeur d'école est tué d'affreuse manière. Il a été attaché sur une chaise et la maison a été incendiée. Il ne pouvait pas en réchapper. Palmi découvre qu'il a été le professeur de Daniel et qu'il lui rendait visite récemment, ce qu'il n'avait jamais fait auparavant.

Erlandur est chargé des deux enquêtes et Palmi lui fait part rapidement du lien qu'il a découvert entre les deux morts. De plus, Daniel dans son délire évoquait "les autres" et des gélules de foie de morue. Intrigué et perdu, Palmi va faire des recherches de son côté, ne pouvant rester inactif.

Je n'ai pas l'intention d'en dire beaucoup plus, l'intérêt est de découvrir au fur et à mesure ce qui s'est joué jadis dans une école islandaise.

L'univers d'Erlandur ést déjà là, même s'il en est à ses débuts. Ses soucis personnels n'ont pas encore la place qu'ils auront plus tard. Nous apprenons seulement à quel point sa relation avec ses enfants est dégradée.  L'équipe a besoin de se rôder, mais il y a le soin apporté aux personnages, les nombreuses ramifications de l'histoire, le passé récent de l'Islande et la dureté de la vie pour les plus pauvres.

J'ai seulement un bémol sur la fin que j'ai trouvé franchement exagérée et invraisemblable.

Je signale que la deuxième enquête d'Erlandur a également été traduite et sortira en octobre, sous le titre "Les roses de la nuit".

L'avis de Lewerentz Kathel

Arnaldur Indridason - Les fils de la poussière - 304 pages
Traduit par Eric Boury
Editions Métailié - 2018