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"- Homme, femme, féministe ou pas, n'importe qui serait anéanti d'être quitté pour quelqu'un d'autre et de se retrouver seul avec un nouveau-né et un enfant en bas âge.

- Pas moi. J'ai organisé ma vie très soigneusement pour ne permettre à personne de m'anéantir de la sorte. Comme je ne dépends de personne émotionnellement ou financièrement, on ne peut pas me blesser. C'est ça, une féministe : une femme à la volonté de fer, invulnérable, qui contrôle chaque aspect de sa vie".

Bienvenue dans le monde de Susan, où tout est prévu, calibré, réglé, où chaque problème trouve méthodiquement sa solution, il suffit de le vouloir. Elle vit seule à Londres dans un studio confortable, a un travail qui lui plaît, une collection de cactus et un homme, Richard, avec qui elle a un accord qui lui convient parfaitement. Une relation réduite au mercredi soir, sans implication affective ou trop personnelle, une relation qui pourra être rompue sans explication au bon vouloir de l'un ou l'autre.

Cette organisation quasi-militaire en prend un sérieux coup quand deux évènements se produisent simultanément. Susan se rend compte qu'elle est enceinte, à 45 ans, et sa mère meurt.

A première vue, Susan est franchement antipathique avec son côté psycho-rigide poussé au maximum, mais au fur et à mesure qu'elle remonte dans son histoire familiale, on comprend comment elle a pu se construire une telle armure.

Susan avait une relation distendue avec sa mère qui lui a toujours préféré son frère, Edward, un bon à rien alcoolique qu'elle déteste. Lorsqu'à la lecture du testament, Susan s'aperçoit qu'elle a avantagé ce fainéant en lui laissant l'usufruit de sa maison, elle voit rouge et décide d'attaquer en justice.

Je suis assez mitigée après cette lecture. Je suis allée au bout sans déplaisir, sans grand intérêt non plus. Malgré l'humour qui court entre les lignes, le personnage de Susan est assez vite lassant. Sa rigidité la rend trop souvent ridicule ou naïve, à ce point là, ce n'est pas très crédible.

De plus le dénouement de l'histoire, s'il perce enfin un peu la carapace de Susan, est trop facile. Je ne crois guère aux transformations miraculeuses.

Je souligne quand même que je n'ai pas songé à l'abandonner, j'avais envie de savoir comment Susan allait se sortir des multiples problèmes qui lui tombaient sur la tête.

L'avis de Cuné

Le cactus - Sarah Haywood - 443 pages
Traduit de l'anglais par Jessica Shapiro
Editions Denoël - Juin 2018