Canalblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le goût des livres
Derniers commentaires
Archives
21 avril 2015

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir"Hier j'ai fait le premier cours en remplacement de mon Pierre. Quel navrement et quel désespoir ! Tu aurais été heureux de me voir professer en Sorbonne, et moi-même je l'aurais si volontiers fait pour toi. - Mais le faire à ta place, ô mon Pierre, pouvait-on rêver une chose plus cruelle, et comme j'en ai souffert, et comme je me sens découragée. Je sens bien que toute faculté de vivre est morte en moi, et je n'ai plus que le devoir d'élever mes enfants et aussi la volonté de continuer la tâche acceptée. Peut-être aussi le désir de prouver au monde et surtout à moi-même que celle que tu as tant aimée avait réellement quelque valeur".

Ce livre tourne sur les blogs depuis un moment, je vais donc être brève pour sa présentation. L'éditrice de Rosa Montero lui propose d'écrire la préface du journal intime que Marie Curie a rédigé après la mort de Pierre Curie. Rosa Montero venant elle-même de perdre son mari, Pablo, après vingt et un ans de vie commune, elle accepte immédiatement. L'effet miroir est évident.

Marie Curie fait partie des personnalités dont on croit connaître la vie, en tout cas dans les grandes lignes. Plonger dans ses écrits intimes m'a montré que je ne savais quasiment rien, mis à part sa nationalité polonaise et la découverte du radium. Contrairement à l'image sévère qui en est souvent donnée, c'était une passionnée, son amour incommensurable pour Pierre en témoigne.

C'est de loin la partie qui m'a le plus enthousiasmée, la vie de famille en Pologne, les sacrifices qu'elle a dû faire pour étudier, son dévouement à son vieux père, puis son arrivée en France après sa soeur Bronia, la rencontre avec Pierre, l'évolution de leurs recherches. A travers elle, nous voyons aussi la condition des femmes à cette époque-là, toujours infériosées, mineures, Marie elle-même a intégré ce schéma-là et s'efface systématiquement devant Pierre.

Puis c'est le drame, l'accident qui coûtera la vie à Pierre après seulement onze ans de vie commune et le déchirement pour Marie, seule avec deux filles. Tout ce qui touche aux Curie est raconté de manière très vivante et replacé dans le contexte.

En regard, j'ai trouvé les réflexions de l'auteure sur son propre deuil inégales et moins fortes. L'anecdotique et la digression dominent parfois un peu trop, affaiblissant le propos. Et j'ai deux réserves sur la forme. Il est constamment question de photos dans le texte ; or, nous n'en voyons aucune alors qu'elles étaient présentes dans l'édition espagnole. C'set dommage. Et la deuxième, c'est l'utilisation constante et énervante de hashtags dont je me demande bien ce qu'ils sont censés apporter.

Malgré mes réserves, j'ai pris plaisir à cette lecture qui pousse au questionnement sur des thèmes importants.

Marie Curie 1

Kathel me signale que la traductrice, Myriam Chirousse, donne une explication sur l'utilisation des hashtags par l'auteure, dans les commentaires, sur le billet de Valérie.

L'avis de Cuné Dominique Keisha Maryline Valérie

Rosa Montero - L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir - 175 pages
Traduit de l'espagnol par Myriam Chirousse
Editions Métailié - 2015

 

Commentaires
S
Je viens de le finir !! J'ai mis en lien ton billet, que je n'ai lu attentivement qu'après avoir fini le mien. d'accord pour les hashtags agaçants, en revanche j'ai été émue aussi sur ce qu'elle évoque de son propre deuil. De mon côté j'ai plus qu'aimé ce livre mais en même temps, j'adore cette auteure !
Répondre
C
pru Marie Curie, j'ai noté. J'avais aimé Instructions pour sauver le monde de Montero, mais je ne l'ai plus lue depuis. ce serait l'occasion, même si ton bémol est quand même "refroidissant" pour l'enthousiasme!
Répondre
S
Il me tente énormément, vraiment, j'aime le fait qu'on s'attache à donner à ce monument scientifique sa part de femme et de féminité. Marilyne a déjà pointé l'histoire des photos, je crois que l'éditeur a fait là une grosse erreur c'est vraiment dommage. Pour les mots-dièses, je n'avais pas vu que l'éditeur avait répondu sous valérie, je vais aller voir. Mais je te trouve suffisamment enthousiaste pour que je le laisse noter sur mon petit carnet...;-)
Répondre
K
J'ai adoré sans aucune restriction !
Répondre
V
des bémols chez moi aussi mais aucun regret.
Répondre
Le goût des livres
Le goût des livres
Newsletter