S_raphine

Gros coup de coeur pour ce film que j'ai trouvé magnifique du début à la fin. C'est l'histoire de Séraphine, femme de ménage chez les bourgeois à Senlis, avec tout le mépris que çà suppose dans ce monde là. Nous sommes en 1914.

Mais Séraphine se promène aussi dans la campagne en parlant aux arbres, aux oiseaux, aux insectes, à la Vierge Marie et aux anges. La nuit elle peint avec frénésie en chantant du grégorien, concoctant ses mélanges avec ce qu'elle a collecté dans la nature et .. à l'église.

Dans la maison où elle fait le ménage s'installe un marchand d'art allemand, Wilhelm Uhde, découvreur entre autres de Picasso et du Douanier Rousseau. Il est enthousiasmé par la peinture de Séraphine.

J'ai été captivée dès les premières images par le personnage de Séraphine, son coeur simple, ses fêlures, son rapport à la nature et aux éléments. Ce film a un côté contemplatif et le réalisateur, Martin Provost, prend le temps de montrer les scènes de peinture, les promenades, le quotidien. La relation entre Wilhelm Uhde et Séraphine est traitée avec délicatesse. Le secret du marchand d'art (car il en a un) est aussi évoqué pudiquement.

Yolande Moreau est formidable. Elle EST Séraphine. Elle est pour une grande part dans la réussite de ce film. La tension monte progressivement vers une fin tragique, le dernier quart d'heure est poignant (n'oubliez pas vos kleenex). Séraphine a réellement existé, je l'ignorais totalement.

Un film que je place haut dans mes préférences et que je n'oublierai pas de sitôt.

Pascale en parle mieux que moi ici

Une exposition "Séraphine" a lieu actuellement au Musée Maillol à Paris, jusqu'au 5 janvier 2009.

Deux livres viennent de sortir : "Séraphine, de la peinture à la folie" d'Alain Vircondelet (Albin Michel) et "Séraphine, la vie rêvée de Séraphine de Senlis" de Françoise Cloarec (Phébus).