AA"Nous les avions un peu oubliées, celles qui ont tout fait pour que les choses se passent autrement, qui n'ont cessé de nous prévenir du danger que représentait l'acceptation d'être rachetés par un escroc, qui nous ont encouragés à faire grève, à alerter les médias, à nous mobiliser pour exiger que nous restions dans le grand groupe de presse en question. Nous en avons les moyens ! assenaient-elles avec une conviction moyenne. Nous avions déjà baissé les bras".

Après un an d'incertitude, Mercandier Presse, spécialisé dans la littérature enfantine, vient d'être racheté par Paul Cathéter, un homme aux méthodes brutales. Fini le temps de la lenteur, il va falloir du rendement et prouver que l'on peut s'adapter rapidement aux changements annoncés. Il apparaît assez vite que des licenciements vont intervenir et un déménagement vers des locaux plus petits.

Trois parties dans ce roman : menace - dérèglement- trahison. La trame est clairement annoncée. Les évènements sont racontés par une poignée de salariés et un choeur.

Si j'ai bien lu la presse, l'auteur aurait connu une expérience similaire dans sa carrière, d'où un parfum d'authenticité très présent. La lecture est fluide et aisée, c'est une bonne idée de nous faire sentir la situation de l'intérieur avec le point de vue alterné de quelques personnes et leurs réactions "à chaud". Certains personnages m'ont paru un peu trop caricaturaux dans ce que l'on perçoit de leur vie privée. En tout cas, pas le dirigeant, dont les clones pullulent un peu partout ..

C'est un bon roman, qui m'a intéressée, mais je ne peux pas cacher qu'il est déprimant parce que sans espoir et que l'on sait bien qu'il se vit tous les jours dans la réalité. A déconseiller à celles et ceux qui se sentent concernés par la même situation.

L'avis de Cuné Kathel

Nathalie Kuperman - Nous étions des êtres vivants - 203 pages
Editions Gallimard - 2010