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24 août 2017

Puissions-nous être pardonnés

Puiions-nous-etre-pardonnes"Je sanglote, je pleure et fort, profondément, comme on ne pleure qu'une fois dans sa vie ; je mugis. La chienne vient vers moi, me lèche le visage, les oreilles, essaie de me faire cesser, mais je ne peux pas, je ne fais que commencer. J'ai l'impression que je vais pleurer comme ça pendant des années - regardez ce que j'ai fait. Et, nom de Dieu de merde, je ne suis même pas alcoolique, je ne suis rien, je ne suis qu'un type, un vrai pékin moyen - et c'est probablement le pire dans cette histoire, savoir que je ne suis en rien spécial ou exceptionnel. Jusqu'à ce qui s'est passé avec Jane et en dehors de ça, j'étais totalement normal, ordinaire ; depuis mon mariage, je n'avais jamais couché qu'avec ma femme".

Dès le début du roman, nous sommes projetés dans un drame familial gratiné qui va pulvériser la vie assez terne d'Harry, le narrateur. George, son frère cadet nettement plus brillant que lui, pète les plombs et provoque deux catastrophes majeures successives. Il faut dire que Harry vient tout juste de s'adonner à l'adultère avec la femme de George, Jane et qu'il les a surpris au lit.

S'ensuivra une situation inédite ou plus rien ne sera comme avant. La femme de Harry s'en va, il se retrouve avec deux enfants à la maison aussi désemparés que lui, plus un orphelin. S'y ajoutent un chien, un chat, et un couple de vieillards à l'esprit égaré. Tout cela en essayant de mener à bien une biographie sur Richard Nixon, son sujet d'étude préféré.

L'auteure mène son histoire tambour battant. Sur les presque 700 pages du roman le rythme ne faiblit pas avec des péripéties plus ou moins rocambolesques. Personne ne paraît équilibré autour d'Harry, le rêve américain et la famille modèle en prennent un sacré coup. Ça pourrait être insupportable, ça ne l'est pas tellement c'est drôle, ironique, corrosif et en même temps bourré de tendresse et de compréhension. 

Le roman se déroule sur une année, celle qui suit le drame. Partant d'un champ de ruines, une cellule familiale de bric et de broc va se reconstituer tant bien que mal, remplie d'interrogations, de faux-pas, d'erreurs, mais tellement attachante.

Une plume alerte et enlevée que je relirai certainement. 

L'avis de Cathulu

Challenge Pavé de l'été

A.M. Homes - Puissions-nous être pardonnés - 683 pages
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Yoann Gentric
Babel - 2017

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Commentaires
G
ah oui dis donc tu es nettement plus enthousiaste que Gwen, je crains néanmoins que ce ne soit trop déjanté pour moi.
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C
Je le note pour l'été prochain (ou même avant, j'aime bien les pavés !)
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E
Je le retiens , il me tente bien, je ne connaissais pas du tout.
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P
Une lecture qui semble joyeuse ne se refuse pas ! Merci Aifelle, courage pour les déboires sur Canalblog. Bises. brigitte
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G
il est sur ma LAL depuis longtemps mais pas à la bibli. Il faut que je me décide à l'acheter
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