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4 juin 2010

Le blues de Kippour

le_blues_de_kippourC'est Sylire qui m'a donné envie de découvrir cette petite collection et j'ai choisi de commencer par un texte de Valérie Zenatti, illustré par Serge Lask.

"Ce blues me dit que si l'enfance vit toujours en moi, la foi et la candeur qui l'habitaient m'ont quittée. Il me dit que je suis née dans un peuple qui a tracé des frontières très nettes entre lui et "les autres", le profane et le sacré, le pur et l'impur, et que mon ambition est au contraire de traverser les frontières, de me situer aux points de rencontres plutôt qu'aux points de rupture."

La narratrice évoque avec nostalgie et agacement tout à la fois les Kippour de son enfance et interroge son rapport fluctuant à la religion.

Elle a grandi dans une famille qui respectait scrupuleusement les rituels et Kippour devient "un rendez-vous attendu". Puis l'adolescence et l'âge adulte l'éloignent "en réalité, Kippour me déchire, me questionne, me secoue, m'apaise, m'agace, me met face à mes contradictions, m'élève, me piège, me donne envie de pleurer, ramène vers moi des bourrasques d'enfance à l'état brut. En réalité, chaque année, Kippour me rend dingue."

Ces réflexions ont un côté universel et pourraient s'appliquer à d'autres rituels et d'autres religions, irrémédiablement tissés et liés aux souvenirs d'enfance, alors que l'adulte a pris une autre voie "il me met à nu dans mes contradictions les plus violentes et m'enseigne qu'une partie de moi-même continue de m'échapper, et c'est très bien ainsi, car je sais que cette part cachée fait de moi un être fragile (un écrivain aussi, peut-être) et que le blues de Kippour est le chant de cette fragilité que je ne peux et ne veux dominer."

Ce texte (trop ?) court coule tout seul et se lit en un rien de temps. L'écriture est très belle et m'incite à passer sans tarder "aux âmes soeurs" du même auteur, paru cette année.

Un mot sur les illustrations de Serge Lask en parfaite osmose avec le texte. Enfant caché pendant la guerre, il n'a pas pu lui, hériter des mêmes rituels de sa mère. Il a disparu en 2002.

Sylire signale aujourd'hui sur son blog qu'une émission de France-Inter "Nocturne" diffusée dimanche à 1 heure du matin sera consacrée à Jean Rouaud, initiateur de la collection "livre d'heures"

Valérie Zenatti - Serge Lask - Le blues de Kippour - 46 pages
"Livre d'heures" Naïve - 2010

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Commentaires
S
C'est très intéressant ce livre, et tu as raison c'est universel ce rapport à la foi quand on devient des adultes, avec l'institution qui nous met face aux contradictions. Je me rends compte que finalement, elle a beaucoup écrit Zenatti, , mais ce n'est pas à celui-ci que je pensais, je crois qu'elle en a écrit un autre où elle raconte son enfance et ou elle fait croire qu'elle est ashkénaze , pensant que cela fait plus français que séfarade. j'aimerais beaucoup lire ce roman là, qui pose de vrais questions je trouve.<br /> <br /> Bonne journée
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A
@ Mélopée : elle est un peu chère, mais la qualité est là, l'objet et le texte.<br /> <br /> @ Voyelle : j'espère que tu as une bonne bibliothèque à Fécamp. En tout cas tu as une bonne librairie :-))
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V
encore un livre à lire...avec grand plaisir !
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M
Voilà un livre qui m'a l'air fort intéressant. Je ne connaissais pas cette collection non plus...
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A
@ Merci Cathy et bienvenue.<br /> <br /> @ Lilibook : ah ces maudites LAL et PAL ! <br /> <br /> @ Haude : merci et à bientôt. Bonne journée.<br /> <br /> @ Pascale : merci. Si tu aimes l'auteure, tu devrais beaucoup apprécier ce petit texte.
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