09 mars 2020

Après le monde

"Bien sûr que oui, même s'il y avait eu des moments difficiles, à commencer par les mois qui avaient suivi l'effondrement, l'absolue insécurité et le dénuement de leur exil vers les Maramures. C'est vrai : ils avaient réussi à rester loyaux, solidaires. Mais en y repensant ! L'image qu'ils se faisaient l'un de l'autre en avait pris un coup terrible. Leur couple s'était formé au temps des comportements paisibles, civilisés. Alors, quand ils s'étaient trouvés forcés de se tourner vers la fouille des poubelles, d'affronter le pillage,... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 07:12 - - Commentaires [44] - Permalien [#]
Tags : ,

27 janvier 2020

Neiges intérieures

"On se rapproche des côtes escarpées. Le temps de voir des milliards de cassures et d'entrées dans les falaises : retournement. Le vent se lève. La mer change brusquement d'aspect, brossée au métal. Pleines gites, vagues débordantes, Z. enfile rapidement sa vieille combinaison turquoise, on s'attache, Artémis triomphe. Les fulmars s'envolent comme l'écume. Ça siffle dans les voiles. Séquence frénétique. Nos corps pris par surprise se concentrent pour rendre service en tenant l'équilibre. Je ne laisse pas l'anxiété me gagner,... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 07:11 - - Commentaires [34] - Permalien [#]
Tags :
11 mars 2019

La musique engloutie

"Des allusions, des bribes. Sorin Manea ne me dirait jamais exactement ce qui lui était arrivé, et là, dans le parc Cismigiu, parmi les gens qui circulaient tranquillement dans les allées, s'asseyaient sur les bancs, s'arrêtaient indécis à un croisement, je pris conscience qu'on ne saura jamais combien ce siècle a produit d'individus qui n'ont pas de mots pour parler de ce qu'ils ont vécu. Qui portent en eux une part muette, inexprimée, que seuls peuvent révéler leurs yeux fiévreux, cernés de noir, et une voix pesante au timbre... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 07:15 - - Commentaires [44] - Permalien [#]
Tags :
23 mai 2018

Là-bas, août est un mois d'automne

"Quand je lève les yeux, je vois simplement des arbres, là où Gustave et Madeleine voyaient des tilleuls, des aulnes, des acacias, des érables. J'écris sur des gens qui étaient capables de nommer les choses, les fleurs et les bêtes, alors que j'ai besoin d'une application sur mon téléphone qui identifie les oiseaux par leur chant, les plantes par la forme de leurs feuilles, et je dois vérifier sur des sites de jardinage les saisons de semaison du blé et de floraison des cyclamens. C'est peut-être ce qui me fascine chez ces deux-là,... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 07:08 - - Commentaires [42] - Permalien [#]
Tags :
18 janvier 2018

Vocation : promeneur

"L'ai-je déjà dit ? Se promener, cela veut dire : trouver qui l'on est et aimer ce que l'on découvre. Je suis un promeneur plein de bienveillance. Un homme qui, après les tempêtes et les passions professionnelles, après le triomphe conjugal et la déconfiture parentale, a retrouvé son équilibre intérieur". Lukas Zbinden est un vieux monsieur qui vit en maison de retraite depuis la mort de sa femme, Emilie. Nous sommes en Suisse. Il était instituteur et a un fils, Markus, avec qui il a peu d'échanges, il n'a jamais trouvé comment... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 06:54 - - Commentaires [56] - Permalien [#]
Tags : ,
25 avril 2017

Hiver à Sokcho

"Il ne connaîtrait jamais Sokcho comme moi. On ne pouvait pas prétendre la connaître sans y être né, sans y vivre l'hiver, les odeurs, le poulpe. La solitude." Premier roman d'une jeune auteure suisse, roman d'atmosphère qui met en scène une rencontre évanescente entre un dessinateur de BD français en mal d'inspiration et une franco-coréenne, employée dans un hôtel décrépi. Sokcho est un port endormi l'hiver, attendant le retour des touristes, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière nord-coréenne. La narratrice et le... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 06:36 - - Commentaires [38] - Permalien [#]
Tags :
19 juillet 2016

Marins d'eau douce

"Debout sur le rivage, j'écoutais les bruits nombreux du lac, j'aspirais ses odeurs, je mêlais tout mon être à son étendue, à ses forces, à son mystère. Maintenant qu'approchait le moment où il faudrait le quitter, je voulais emporter le plus possible de sa vie à lui, de ses couleurs, de son secret. Ma petite existence, c'est lui qui l'avait formée, qui en avait nuancé les ombres et les lumières, gravé les quelques lignes profondes. Je le regardais comme d'autres regardent un ami, avec cette même confiance, ce même espoir, et je... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 08:38 - - Commentaires [36] - Permalien [#]
Tags :