14 avril 2017

La Daronne

"On dit de moi que j'ai mauvais caractère, mais j'estime cette analyse hâtive. C'est vrai que les gens m'énervent vite parce que je les trouve lents et souvent inintéressants. Lorsque par exemple ils essayent de me raconter laborieusement un truc dont en général je me fous, j'ai tendance à les regarder avec une impatience que j'ai peine à dissimuler et ça les vexe. Du coup, ils me trouvent antipathiques. Je n'ai donc pas d'amis ; seulement des connaissances". Autant le dire d'emblée, c'est un coup de coeur. Et pourtant, les thèmes... [Lire la suite]
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12 avril 2017

Alice ou le choix des armes

"Elle aimerait pouvoir comprendre comment une personne peut un jour désirer en détruire une autre. Comment une personne peut avec son cerveau et son corps, avec sa bouche, ses mains, son dos, ses avant-bras, avec tout ce qu'elle a  de vivant et d'humain en elle. Comment une personne peut, avec tout ça, grâce à tout ça, orchestrer une destruction, désirer mettre en oeuvre une destruction". Alice Delcourt est suspectée du meurtre de son ancien responsable hiérarchique, Samuel Tison. Dénoncée par lettre anonyme, elle se retrouve... [Lire la suite]
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22 mars 2017

Défaite des maîtres et possesseurs

"Je m'étonne de choses banales, mais c'est pour expliquer de quelle manière je me suis retrouvé embarqué. A certaines heures de ma jeunesse, j'ai cru, glorieusement, naïvement (je ne sais plus trop ce que j'avais bu), avoir l'énergie qu'il fallait pour changer le système, et le système en un tournemain m'a porté là où il voulait, pour me faire faire ce qu'il voulait". J'étais prévenue que c'était un roman qui cognait fort. Heureusement j'avais oublié les billets de blogs lus ça et là et je l'ai ouvert sans trop savoir où j'allais. ... [Lire la suite]
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02 mars 2017

Les harmoniques

"Pour Keila, ce mot résonne toujours étrangement. la mort a ses professionnels, comme ceux qui ont enlevé Nayla, leur oncle et leur tante. Extraites des décombres, les victimes du jour avaient des corps et des blessures. On les identifiait, on prévenait les familles. Les victimes qu'elle porte en elle n'ont ni blessures ni corps, ce sont, sans statut et sans substance, des victimes de l'air, des victimes absentes, des disparus". Le roman commence à Venise, un homme attend sous la pluie. Une femme descend du vaporetto et il va... [Lire la suite]
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23 février 2017

Les républicains

"Ecoute, je vais te dire un truc dont je suis convaincu : même si je me trompe, même si ce n'est pas pour demain, ce changement arrivera après-demain ou encore plus tard mais il arrivera. Regarde autour de toi, tout craque de partout, notre modèle est obsolète et l'aspiration à davantage de démocratie directe est en marche, on ne l'arrêtera plus, le divorce entre le monde politicien et la société civile est consommé, le roi est archi nu, ce qui suffit à juger complètement déphasé le bal hors-sol des prétendants à l'Elysée qui... [Lire la suite]
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20 février 2017

Léger fracas du monde

"Evidemment, dit Evariste, je comprends. Moi aussi, les échecs, ça m'a, comment dire, sorti d'affaire à cette époque. Bon, c'est vrai. C'est facile de s'y perdre, dans tout ça, enfin je veux dire, dans le labyrinthe des cases, les noires, les blanches. Il y en a même qui disent que c'est ça qui rend fou, que c'est juste ça. Tu parles. Moi, je crois plutôt que ça permet d'oublier tout le reste, n'est-ce-pas". Evariste Galois quitte sa maison pour se rendre au bord du lac du Bourget, à Aix-les-Bains, avec l'intention de peindre son... [Lire la suite]
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07 décembre 2016

Ecoute la pluie

"J'ai marché vers ce café, j'étais terrassée par le pouvoir qu'avait le vieil homme du métro de faire surgir tout un passé, le nôtre, tout ce qui avait jalonné la longue histoire qui n'en finissait pas de nous réunir et de nous séparer, de révéler ses failles et ses sursauts, de me faire douter d'elle". Commencer un roman de Michèle Lesbre, c'est la certitude de retrouver un univers familier, une narration qui court de livre en livre, comme un fil rouge. On sait qu'il y aura des cafés, des hôtels, l'errance d'une femme, des... [Lire la suite]
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29 octobre 2016

Pas trop saignant

"Joe se contente de manger sans dire un mot. Il attend patiemment que la boule dans sa gorge dégomme les quilles dans son ventre". Troisième roman de l'auteur et toujours autant de plaisir à le lire. Les héros de ses histoires sont souvent des tendres un peu fêlés, losers au coeur trop sensible pour entrer dans les normes admises. Ici, c'est Joe qui travaille dans un abattoir et n'en peut plus des cris des animaux que l'on sacrifie sauvagement. Ils résonnent en permanence dans sa tête. Pour les faire taire, il est... [Lire la suite]
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11 octobre 2016

Un paquebot dans les arbres

"Le mot capital, c'est sanatorium. Il arrive en douceur, ce mot, à la table du petit-déjeuner, alors que Paul Blanc est encore couché. Paulot va faire un séjour au sanatorium, annonce la mère en beurrant les tartines. Comme elle dit le mot fort et clair sans trembler, Mathilde se sent autorisée à en demander le sens. Annie dit que c'est comme un hôpital. Mathilde s'étonne : si c'est un hôpital, pourquoi on dit sanatorium ? Le sana est spécial, on y va pour soigner les poumons. Sanatorium, comme pleurésie, est un mot rassurant : on... [Lire la suite]
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23 septembre 2016

Deux remords de Claude Monet

"Il aidait Camille quand il le pouvait, elle donnait son apaisante tendresse au révolté, sa main fraîche sur son front. Deux ou trois toiles vendues, une rentrée d'argent, et c'était quelques jours de joie qu'ils partagaient dans une auberge à la campagne, encore aux portes de Paris. Dix minutes de voyage, le temps que la chaudière de la machine s'échauffe et le gris se délayait dans les transparences d'un ciel propre. Le vert et le bleu filaient aux vitres qui grelottaient gaiement dans leurs cadres de bois. Ils n'allaient... [Lire la suite]
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