20 août 2015

Vers Compostelle

"Souvent, dans les villages, nous trouverons devant les maisons la récolte du potager ou, parfois, une thermos de café et des biscuits. Et à côté, une coupelle. C'est, à chaque fois, un vrai plaisir de se nourrir de ces offrandes et de laisser en échange la mitraille qui ballotte au fond des poches. L'Espagne suffoque, aussi est-ce l'époque de la débrouille. Dans un sens, le dépouillement éphémère des pélerins est une insulte à la misère que nous rencontrons partout et qui, elle, n'a rien de provisoire". Je ne compte plus le nombre... [Lire la suite]
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10 août 2015

Changer de vie

"En réalité, la vraie question c'est : pourquoi les gens ne changent pas ? Ce devrait être banal, changer, devenir qui l'on est. Ce qui est vraiment étrange, ce sont eux, tous ces gens dans la rue qui ne changent pas". Changer de vie, qui n'y a pas pensé à un moment ou à un autre ? Certains le font, par choix délibéré, ou poussés par les évènements. Ce sont ceux-là qui intéressent Géraldine Barbe. Plutôt que de passer des petites annonces à la recherche de témoignages, elle préfère utiliser le bouche-à-oreille et mettre ses... [Lire la suite]
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27 juillet 2015

Coeur pur

"Ce matin, j'étais agitée par la question de savoir combien de temps je devais rester, si je devrais plutôt aller ailleurs, et si je deviendrais très vieille avant de retourner dans mon monde à moi. Le soir, c'était la méditation et l'office. Je me sentais extrêmement bien. Par la suite, nous avons fait la fête, avec du saké. Je regardais ces hommes qui riaient, s'amusaient, savaient. Comme les vieux dans les bistrots de chez nous, ils boivent dans des ronds de fumée grise. Des hommes simples, qui s'agenouillent pendant de longues... [Lire la suite]
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18 juillet 2015

Devance tous les adieux

"Mon père a aimé ma mère comme un enfant perdu. Un matin, elle a décidé de ne plus partager sa vie et elle a quitté la maison dans un grand soupir de soulagement, nous laissant seuls avec lui. Il avait quarante-huit ans. Quelques mois plus tard, il avait cent ans. D'hôpital psychiatrique en cures de sommeil, il s'est effondré comme une vieille bâtisse, lui qu'enfant je voyais en château-fort imprenable". Une centaine de pages magnifiques sur le suicide d'un père, trente ans auparavant. Je comprendrais que vous passiez votre chemin,... [Lire la suite]
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05 mai 2015

J'irai jusqu'à la mer

"Certains ont des envies d'île déserte, d'autres veulent gravir des sommets ou se réfugier dans le silence d'une retraite boudhiste. D'autres encore rêvent de décrocher la lune ... Moi, je veux juste marcher pour renaître au monde. Marcher pour traverser le territoire, celui auquel j'appartiens, redécouvrir un pays où j'ai failli mourir et dont, j'en prends conscience pas après pas, je ne connais en définitive pas grand chose". Après un grave accident de la circulation, un coma et l'incertitude de remarcher un jour,... [Lire la suite]
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21 avril 2015

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir

"Hier j'ai fait le premier cours en remplacement de mon Pierre. Quel navrement et quel désespoir ! Tu aurais été heureux de me voir professer en Sorbonne, et moi-même je l'aurais si volontiers fait pour toi. - Mais le faire à ta place, ô mon Pierre, pouvait-on rêver une chose plus cruelle, et comme j'en ai souffert, et comme je me sens découragée. Je sens bien que toute faculté de vivre est morte en moi, et je n'ai plus que le devoir d'élever mes enfants et aussi la volonté de continuer la tâche acceptée. Peut-être aussi le désir... [Lire la suite]
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24 mars 2015

Monologues de la boue

"Elle imaginait une expérience de la liberté. De ton côté, tu ne parles pas de liberté. Tu vis une sorte de négociation permanente, une négociation entre ta fatigue, l'envie de regarder, la nécessité d'avancer pour trouver un endroit plus confortable pour marcher ou pour passer la nuit. Une négociation permanente entre le paysage ouvert devant toi, ce qu'il te propose comme coin pour lire ou te laver, comme endroit d'où regarder ou rêver, et ce que la carte, l'heure ou les nuages promettent". Trois été successifs, la narratrice... [Lire la suite]
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24 février 2015

Peut-être Esther

"Lorsque Lida, la soeur aînée de ma mère, est morte, j'ai compris ce que signifiait le mot Histoire. Mon désir de savoir était mûr, j'étais prête à faire face aux moulins à vent du souvenir, et puis elle est morte. Je suis restée le souffle coupé, prête à questionner ; si ç'avait été une bande dessinée, ma bulle aurait été vide. L'Histoire, c'est quand il n'y a soudain plus personne à questionner, seulement des sources. Je n'avais plus personne à interroger qui pouvait encore se rappeler cette époque. Il me restait des bribes de... [Lire la suite]
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12 janvier 2015

Rue Involontaire

Ce court texte de Sigismund Krzyzanowski a eu un destin particulier, puisqu'il a d'abord été perdu, confisqué par le KGB et oublié ensuite aux archives de Moscou. Qu'il n'ait pas provoqué l'arrestation de son auteur reste un mystère. Il est constitué de sept lettres "écrites par l'écrivain et son co-auteur, la vodka". L'auteur a reçu en guise de monnaie des timbres-poste dont il ne sait que faire, il a donc envoyé des missives à n'importe qui, le premier venu, une fenêtre éclairée, le facteur ... Suivent deux petits textes... [Lire la suite]
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04 novembre 2014

Joë

"Vous en avez assez, et vous dites "ça suffit". A la grande surprise de votre famille et de vos proches, vous demandez à quitter le logis familial du bas de la rue de Verdun pour investir la chambre du grand-père qui vient de mourir, au 53. Là, vous faites fermer les volets, tirer les rideaux, vous faites poser une lourde tenture de tissu épais devant la porte. Vous édictez vos règles : vous voulez bien participer aux repas dominicaux de la famille, parfois, vous acceptez qu'on vous installe dans la belle décapotable de votre ami... [Lire la suite]
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