29 mai 2019

A la ligne

"Le capitalisme triomphant a bien compris que pourexploiter au mieux l'ouvrierIl faut l'accommoderJuste un peuA la guerre comme à la guerreRepose-toi trente minutesPetit citronTu as encore quelque jus que je vais pressurer" J'ai enfin lu le roman (récit ?) qui fait beaucoup parler de lui depuis la rentrée de janvier. Billet après billet j'avais compris que la forme était particulière, mi-prose, mi-vers, ce qui ne me paraissait pas évident. En fait, c'est un style de narration qui permet d'entrer tout de suite dans le vif du sujet,... [Lire la suite]
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27 mai 2019

533 Le Livre des jours

"Sur 533 jours, entre le 1er août 2014 et le 15 janvier 2016, Cees Nooteboom, romancier, essayiste, poète, passe le monde au crible de son écriture, dans la plus totale liberté. Pensées, voyages, souvenirs, (re)découvertes littéraires, musicales, botaniques, actualité internationale tumultueuse et souvent confondante - de l'île de Minorque, où il séjourne chaque année à la belle saison, au sud-est de l'Allemagne, où il s'installe l'hiver, l'auteur arpente le monde avec une curiosité et un engagement sans cesse renouvelés, un recul... [Lire la suite]
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22 février 2019

Ce nom qu'à Dieu ils donnent

"Qui n'a pas connu de ces nuits d'effroi, où les tempêtes se font intimes et les désespoirs indicibles ? Qui n'a pas connu la peur de ne plus être, la peur de mourir, ou celle, plus terrible, d'être indigne, d'être défait, d'être découvert ? Nous sommes de craintes et de regrets, nous sommes de colère et d'envies, nous sommes humains et bêtes à la fois, dans la terreur de disparaître et de n'être pour finir qu'un patronyme sur une liste, sur une plaque, sur une pierre tombale. Qui se souviendra de nous ? Qui portera notre nom à sa... [Lire la suite]
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03 janvier 2019

Le pèlerin de Shikoku

"Lorsque, après une longue marche, j'arrive sans transition au coeur d'un site magnifique, au sommet d'une montagne qui abrite plusieurs temples majestueux, mes sens aiguisés sont à fleur de peau. Je suis un organisme extrêmement sensible quand je franchis la porte d'enceinte du temple, j'en perçois d'autant plus la beauté et toute la subtilité. Tout me semble judicieusement disposé. La pagode, les sculptures, les lanternes sont à leur juste place et, à chaque fois, cette acuité déclenche un choc esthétique. Il y a là une parfaite... [Lire la suite]
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03 septembre 2018

Paradis (avant liquidation)

"La lenteur règne. La décontraction en vigueur apaise le visiteur ou taquine sa capacité de résistance à l'irritation, selon l'humeur. Dans la rue, on salue l'I-Matang d'un mauri spontané, le sourire coule de source et le rire s'enclenche facilement. Il arrive qu'on me remercie quand je prends quelqu'un en photo. En usant de généralités, on pourra affirmer qu'on rencontre aux Kiribati les gens les plus serviables et les moins efficaces du monde. On acceptera toujours de vous aider et on y parviendra rarement Tout est facile, rien ne... [Lire la suite]
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30 avril 2018

Saisons de voyage

"Les visages hirsutes préservés de la poussière par des fichus étalaient du bitume fumant et remuaient des graviers. Je n'étais pas venu au Tibet pour ces travailleurs han, dépaysés sur le toit du monde. Il me semblait alors que j'aurais dû leur tenir rigueur d'oeuvrer ainsi à l'agonie du Tibet chéri de l'Occident. Mais on nous offrait un bol de nouilles dans une hospitalité sincère et des sourires par poignées. Je découvrais qu'on pouvait condamner une politique tout en ressentant une profonde empathie pour ceux qui la servent. La... [Lire la suite]
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22 mars 2018

Nous étions l'avenir

"Notre système n'était pas favorable aux femmes. Les jeunes filles, les célibataires et même les fillettes de cinquième travaillaient dans les maisons d'enfants. On y manquait toujours de main-d'oeuvre. Destinées initialement à libérer les femmes des soins donnés à leurs enfants, en fait elles les y enfermaient, mais avec d'autres enfants. Il existait une égalité dans le travail féminin, mais uniquement entre femmes, entre mères et célibataires, cette égalité ne s'étendait pas aux hommes, sauf quand ils étaient de garde le samedi,... [Lire la suite]
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10 mars 2018

Halabeoji

"On attendit.Pas un geste.Pas un mot.Pas un bruit.Pas un sourire ni un regard.Jusqu'au moment où un grognement sourd nous signifia que nous pouvions avancer." Dans ce court texte, l'auteure nous raconte le rituel ancestral auquel elle a dû se plier pour obtenir l'autorisation d'épouser le jeune Coréen dont elle était amoureuse, Seug-Geun, qui signifie "racine montante". Le jeune homme était prêt à passer outre, mais elle ne l'a pas voulu, sachant que tôt ou tard il souffrirait trop d'une rupture avec sa famille. Il fallait donc... [Lire la suite]
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26 février 2018

Petites chroniques d'une maison d'hôtes

"Une femme de ménage irréprochable, une lavandière (comme me surnomme parfois Hervé) scrupuleuse, une repasseuse confirmée, une sportive accomplie (trois étages, oui la maison est grande, à monter et descendre à longueur de journée, ça fait les mollets) une standardiste professionnelle, une bonne petite secrétaire (il y a des contrats de location à envoyer, des papiers à gérer, des factures à établir) une gestionnaire de planning efficace (attention aux doublons sur les différents sites de réservation) une comptable mais aussi une... [Lire la suite]
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23 février 2018

Marche autant que tu pourras

"Jeudi 26 Avril 1945. Départ dans le givre du matin. Nous traversons de charmants villages de bois. Dans des niches, des statues de pierres naïves, des saints, des vierges. Ça n'empêche pas les gens de ricaner en nous regardant défiler, de nous cracher dessus et d'envoyer leurs enfants nous frapper à coups de bâton sous les encouragements amusés des SS. Porsau. Weserau. Des chalets. Où est ma Savoie". Ce court récit d'une soixantaine de pages est en fait un extrait du livre de Brigitte Friang "Regarde-toi qui meurs". Il est... [Lire la suite]
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