14 juin 2018

L'histoire très ordinaire de Rachel Dupree

"Un vent chaud arrivait du sud. L'air était tellement chargé de poussière que les pointes acérées de Grindstone Butte disparaissaient derrière un voile opaque. Dans un mois, quand le temps commencerait à changer, je regretterais ce vent. En général, l'hiver ne me dérangeait pas tant que ça. Le travail était différent. C'était l'époque où je confectionnais des patchworks, de nouvelles robes pour Mary et moi, et de nouvelles chemises pour Isaac et John. Mais en cette chaude journée de septembre, j'ai frissonné en songeant à l'hiver... [Lire la suite]
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06 juin 2018

American stranger

"Ce pays a changé en ton absence, Nancy. Ce pays a toujours été incontrôlable, et c'était une grande vertu, car ce qui est incontrôlable demeure libre. Mais il est devenu tellement incontrôlable, il s'est tellement affranchi de toute espèce d'entrave que j'ai peur pour ma famille. C'est une peur sérieuse. Il faut faire quelque chose pour unifier l'Amérique. On a cruellement besoin d'un principe unificateur. Ne te méprends pas, je suis à fond pour le multiculturalisme et tout ça, mais pour mes enfants, je veux savoir ce qui fait... [Lire la suite]
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09 mai 2018

Un ciel rouge, le matin

"Quand on y réfléchit un peu, le vieux,  on se demande bien ce qu'ils ont fabriqué pendant toutes ces années, les Irlandais. Imagine. Tu te figures un peu où vous en seriez, à l'heure qu'il est, si on vous avait laissé vous débrouiller tout seuls ? Penses-y, ça vaut la peine. Pense à quel point le confort s'est amélioré. Je vais te le dire, le vieux. Livrés à vous-mêmes, vous seriez encore plantés là sous la pluie, de la bouse de vache jusqu'à la poitrine, avec le ciel qui vous pisse sur la tête. Terrés au fond de vos forêts... [Lire la suite]
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20 avril 2018

Les filles sont au café

"Serge et mon père ont peu de choses en commun, mais ils partagent la conviction que les enfants, jusqu'à un âge non déterminé - trente ans probablement - ressemblent aux trois singes de la légende, les pattes sur les yeux, les oreilles et la bouche. Ils sont convaincus que les enfants ne voient rien, n'entendent rien et doivent se taire tant qu'on ne leur adresse pas la parole, ce qui n'a guère de raisons d'arriver. Ils pensent, en un mot, que les enfants sont un mal à peine nécessaire". J'aime l'écriture et les histoires de... [Lire la suite]
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16 avril 2018

Ouvre les yeux

"Pendant un moment tu la trouveras différente, comme si toutes ces années et tous ces conflits n'avaient pas eu lieu. Comme si au fond, un instant seulement, tu avais l'impression d'être toujours le même et qu'elle était, elle aussi, toujours la même". Luigi et Francesca se sont beaucoup aimés ; ils ont partagé de magnifiques années, ont eu un fils, Giulio, puis le désamour s'est installé peu à peu, jusqu'à la séparation. Luigi vit dorénavant avec Anna et plus tard Francesca avec Franco. Giulio ne s'est jamais vraiment exprimé sur... [Lire la suite]
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22 mars 2018

Nous étions l'avenir

"Notre système n'était pas favorable aux femmes. Les jeunes filles, les célibataires et même les fillettes de cinquième travaillaient dans les maisons d'enfants. On y manquait toujours de main-d'oeuvre. Destinées initialement à libérer les femmes des soins donnés à leurs enfants, en fait elles les y enfermaient, mais avec d'autres enfants. Il existait une égalité dans le travail féminin, mais uniquement entre femmes, entre mères et célibataires, cette égalité ne s'étendait pas aux hommes, sauf quand ils étaient de garde le samedi,... [Lire la suite]
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26 janvier 2018

Lydia Cassatt lisant le journal du matin

"La maladie offre ses moments de répit. Si elle lâche prise, ne serait-ce que pendant quelques jours, vous permettant de faire à nouveau votre entrée dans le monde, les choses se mettent à resplendir, prenant toute leur valeur à l'intérieur de contours précis. Cette tasse, si légère, tient à présent du miracle. Et d'autant plus que ma soeur la regarde, et me regarde, et prélève de son pinceau, couleur après couleur sur sa palette, et s'attelle à une composition dont je suis le centre. Il y a là, pour moi, de quoi être profondément... [Lire la suite]
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18 janvier 2018

Vocation : promeneur

"L'ai-je déjà dit ? Se promener, cela veut dire : trouver qui l'on est et aimer ce que l'on découvre. Je suis un promeneur plein de bienveillance. Un homme qui, après les tempêtes et les passions professionnelles, après le triomphe conjugal et la déconfiture parentale, a retrouvé son équilibre intérieur". Lukas Zbinden est un vieux monsieur qui vit en maison de retraite depuis la mort de sa femme, Emilie. Nous sommes en Suisse. Il était instituteur et a un fils, Markus, avec qui il a peu d'échanges, il n'a jamais trouvé comment... [Lire la suite]
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06 décembre 2017

J'ai toujours ton coeur avec moi

"Aussi loin que je me souvienne, maman a toujours brûlé de l'intérieur. Comme Narcisse, elle était en quête de sa propre flamme. Du feu originel. Dans ma jeunesse, elle possédait les pouvoirs caractéristiques du phénix. Un oiseau millénaire qui bat des ailes et renaît de sa propre déchéance. Régulièrement, elle rejaillissait des cendres, belle et fraîche, le soleil éclairant son visage. Impossible d'endurer la vie avec de tels personnages. Terre calcinée et odeur de brûlé à chaque pas". Si vous n'aimez que les histoires... [Lire la suite]
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22 novembre 2017

Les forêts de Ravel

"Au volant d'Adélaïde, devenue aussi familière que sa chambre à coucher, le conducteur Ravel acheminait vers les collines fumantes des obus et des vivres, descendait vers les hôpitaux et les points de rassemblement des blessés légers et des rescapés complètement rincés. Il faisait zigzaguer sa Panhard entre les trous creusés dans la chaussée par les éclatements. Parfois un obus éclatait à proximité. Il en sentait à peine le souffle tant sa camionnette tremblait du moteur et cahotait sur le chemin, mais il voyait le bris des branches... [Lire la suite]
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