18 septembre 2019

Sur l'eau

"Raymond affirme que nous aurons vent d'est, Bernard tient toujours pour l'ouest et me conseille de changer d'allure et de marcher tribord amures sur le Drammont qui se dresse au loin. Je suis aussitôt son avis et, sous la lente poussée d'une brise agonisante, nous nous rapprochons de l'Esterel. La longue côte tombe dans l'eau bleue qu'elle fait paraître violette. Elle est bizarre, hérissée, jolie, avec des pointes, des golfes innombrables, des rochers capricieux et coquets, mille fantaisies de montagne admirée." Je commence ma... [Lire la suite]
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23 août 2019

Traité de la cabane solitaire

"Le thé appelle la vision de cabanes, de montagnes et de déserts, de voyages et d'horizons lointains, de rencontre entre voyageurs. Dans la solitude, il incite à la réflexion, à la méditation et au souvenir. Même lorsque nous sommes seuls, les gestes rituels du thé nous relient aux autres hommes. Lorsque, près de sa cabane, on fait chauffer l'eau sur la braise dans une bouilloire de fonte, le monde est vaste et sans limites". J'ai découvert l'auteur l'an dernier avec "Ma vie dans les monts" et j'ai eu envie de continuer par cette... [Lire la suite]
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10 juin 2019

Olga et les siens

"Heureusement, me dirai-je plus tard, elle n'aura pas su alors ce qui était arrivé à Helena. Elle aura eu, j'aurai eu, un peu de répit. Une sorte d'état de grâce, un état d'apesanteur pourrait-on dire, ne pas avoir connaissance de ce qui s'était passé permettait de vivre encore d'espoir. Bien sûr, en ce temps-là, je ne saurai rien de tout cela, j'ignorerai que ma grand-mère ne reviendra pas, que mes autres grands-parents n'existent plus, que cette famille dont ma mère me parlait de temps à autre, dont je connaîtrai les prénoms sans... [Lire la suite]
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29 mai 2019

A la ligne

"Le capitalisme triomphant a bien compris que pourexploiter au mieux l'ouvrierIl faut l'accommoderJuste un peuA la guerre comme à la guerreRepose-toi trente minutesPetit citronTu as encore quelque jus que je vais pressurer" J'ai enfin lu le roman (récit ?) qui fait beaucoup parler de lui depuis la rentrée de janvier. Billet après billet j'avais compris que la forme était particulière, mi-prose, mi-vers, ce qui ne me paraissait pas évident. En fait, c'est un style de narration qui permet d'entrer tout de suite dans le vif du sujet,... [Lire la suite]
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27 mai 2019

533 Le Livre des jours

"Sur 533 jours, entre le 1er août 2014 et le 15 janvier 2016, Cees Nooteboom, romancier, essayiste, poète, passe le monde au crible de son écriture, dans la plus totale liberté. Pensées, voyages, souvenirs, (re)découvertes littéraires, musicales, botaniques, actualité internationale tumultueuse et souvent confondante - de l'île de Minorque, où il séjourne chaque année à la belle saison, au sud-est de l'Allemagne, où il s'installe l'hiver, l'auteur arpente le monde avec une curiosité et un engagement sans cesse renouvelés, un recul... [Lire la suite]
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21 mars 2019

Dans le faisceau des vivants

"C'est la ville de tous ses romans, même ceux dans lesquels elle n'apparaît pas, c'est la ville qu'il n'a pas besoin de nommer pour qu'elle existe, elle est là, enneigée, protectrice, peuplée de Juifs cultivés et inquiets, c'est la ville bordée par la Pruth, la rivière de son enfance, la rivière de la vie, des promenades avec ses parents, la rivière de la mort, Juifs noyés dans les eaux glacées, c'est la ville des écrivains et des poètes, Paul Celan, Ilana Shmueli, Gregor Von Rezzori, c'est la ville le plus à l'est de l'ex-empire... [Lire la suite]
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22 février 2019

Ce nom qu'à Dieu ils donnent

"Qui n'a pas connu de ces nuits d'effroi, où les tempêtes se font intimes et les désespoirs indicibles ? Qui n'a pas connu la peur de ne plus être, la peur de mourir, ou celle, plus terrible, d'être indigne, d'être défait, d'être découvert ? Nous sommes de craintes et de regrets, nous sommes de colère et d'envies, nous sommes humains et bêtes à la fois, dans la terreur de disparaître et de n'être pour finir qu'un patronyme sur une liste, sur une plaque, sur une pierre tombale. Qui se souviendra de nous ? Qui portera notre nom à sa... [Lire la suite]
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03 janvier 2019

Le pèlerin de Shikoku

"Lorsque, après une longue marche, j'arrive sans transition au coeur d'un site magnifique, au sommet d'une montagne qui abrite plusieurs temples majestueux, mes sens aiguisés sont à fleur de peau. Je suis un organisme extrêmement sensible quand je franchis la porte d'enceinte du temple, j'en perçois d'autant plus la beauté et toute la subtilité. Tout me semble judicieusement disposé. La pagode, les sculptures, les lanternes sont à leur juste place et, à chaque fois, cette acuité déclenche un choc esthétique. Il y a là une parfaite... [Lire la suite]
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26 septembre 2018

Le goût du large

"Chaque fois que j'entends le mot "migrant", je vois le visage de ce jeune homme. Il ferait un excellent capitaine de cargo. Je lui ai promis de raconter les Hazaras chez nous tant que je pouvais. Je m'exécute et le répète ici comme je vais le répéter à l'équipage philippin de mon cargo. Au coeur de l'Afghanistan subiste une zone fragile de paix, la région de Bamiyan, un merveilleux pays peuplé par des gens aux yeux bridés et aux pommettes hautes. On les appelle les Hazaras". Nicolas Delesalle est grand reporter. Il m'est arrivé de... [Lire la suite]
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03 septembre 2018

Paradis (avant liquidation)

"La lenteur règne. La décontraction en vigueur apaise le visiteur ou taquine sa capacité de résistance à l'irritation, selon l'humeur. Dans la rue, on salue l'I-Matang d'un mauri spontané, le sourire coule de source et le rire s'enclenche facilement. Il arrive qu'on me remercie quand je prends quelqu'un en photo. En usant de généralités, on pourra affirmer qu'on rencontre aux Kiribati les gens les plus serviables et les moins efficaces du monde. On acceptera toujours de vous aider et on y parviendra rarement Tout est facile, rien ne... [Lire la suite]
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