18 septembre 2017

Les buveurs de lumière

"Quand les adultes entendent grincer une petite porte sombre dans leur coeur, ils montent le son de la télé. Ils s'enfilent un verre de vin. Ils disent au chat que c'était juste une porte qui grinçait. Le chat sait. Il saute du canapé et sort de la pièce. Quand cette petite porte sombre dans un coeur se met à faire clic-clac clic-clac clic-clac si fort et si violemment qu'on voit littéralement battre leur poitrine - eh bien là  ils disent qu'ils ont du cholestérol et ils essaient d'arrêter le beurre, ils se mettent à... [Lire la suite]
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05 septembre 2017

Le camp des autres

"Ils ont continué à parler à l'aplomb cru du soleil de mai. Ils ont continué à jongler leurs méfiances, leurs silences, leurs regards, sans jamais être certains de savoir s'ils jouaient finalement dans la même équipe ou l'un contre l'autre. Jean-le-Blanc a respecté les distances de sécurité le temps qu'il fallait pour que l'enfant se rende compte qu'ils étaient déjà ensemble à parler la même langue. Mais rien ne put et ne pourrait jamais faire disparaître les deux pas de recul au fond des yeux de Gaspard, cet arrière-goût dans la... [Lire la suite]
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04 septembre 2017

Bondrée

"Ces filles l'avaient cherché, voilà ce que la plupart des gens ne pouvaient s'empêcher de penser, et ces pensées soulevaient en eux une espèce de repentir gluant qui leur donnait envie de se battre à coups de poing, de se gifler jusqu'au sang, car ces filles étaient mortes, bon dieu, dead, fort Christ's sake, et personne, pas plus elles que les autres, ne méritait la fin qu'on leur avait réservée". Une forêt, un lac, des chalets de vacances, deux filles un peu trop libres, un tueur : voilà tous les ingrédients qui font de ce roman... [Lire la suite]
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30 août 2017

Marcher droit, tourner en rond

"Quand j'ai fait part à ma tante de ma surprise à la voir fréquenter autant de mythomanes et de malades mentaux, elle m'a répondu qu'elle me fréquentait bien, moi : preuve qu'elle me prend pour un psychotique au mépris des explications fournies par le professeur Urs Weiss soi-même, qui définit le syndrome d'Asperger comme un variant humain non pathologique voire avantageux, puisqu'il garantit, au prix d'une asociognosie parfois invalidante, une rectitude morale plutôt bienvenue dans notre époque de voyous." Ce roman n'a que 122... [Lire la suite]
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24 août 2017

Puissions-nous être pardonnés

"Je sanglote, je pleure et fort, profondément, comme on ne pleure qu'une fois dans sa vie ; je mugis. La chienne vient vers moi, me lèche le visage, les oreilles, essaie de me faire cesser, mais je ne peux pas, je ne fais que commencer. J'ai l'impression que je vais pleurer comme ça pendant des années - regardez ce que j'ai fait. Et, nom de Dieu de merde, je ne suis même pas alcoolique, je ne suis rien, je ne suis qu'un type, un vrai pékin moyen - et c'est probablement le pire dans cette histoire, savoir que je ne suis en rien spécial... [Lire la suite]
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23 août 2017

L'été infini

"Ils demeurèrent le reste de la soirée et toute la nuit dans le grand salon, devant l'âtre vide, froid, sombre. Il ne fallu guère de temps au cadet puis à l'aîné des deux petits frères pour s'endormir et poser leur tête sur chacune des cuisses de la mère. Lorsque la fille demanda à une unique occasion la permission d'aller aux toilettes, le beau-père introduisit la clé dans la serrure et déverrouilla la porte, non sans indiquer à la mère que si elle aussi voulait y aller c'était maintenant, mais celle-ci secouant la tête pour seule... [Lire la suite]
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22 août 2017

Vernon Subutex 1

"Sylvie, s'il lui avait parlé sincèrement de sa situation, aurait pu sortir mille euros comme il payerait un café crème. Mille euros, dans son monde à elle, c'est une paire de chaussures. Un sac à main coûte plus que ça. Elle dit souvent "moi je m'en fous de l'argent", comme si c'était une qualité exceptionnelle. Mais elle n'en a jamais manqué - elle a gardé son appartement du divorce, touché une pension alimentaire équivalente à deux SMIC, tout en continuant de dépenser l'argent des propriétés gérées par ses parents. Qui ne se... [Lire la suite]
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02 août 2017

Trois saisons d'orage

"Les hommes, pourtant, estiment pouvoir dominer la nature, discipliner ses turbulences, ils pensent la connaître. Ils s'y engouffrent pour la combler de leur présence, en oubliant, dans un terrible accès d'orgueil, qu'elle était là avant eux, qu'elle ne leur appartient pas, mais qu'ils lui appartiennent. Elle peut les broyer à la seule force de sa respiration, elle n'a qu'à frémir pour qu'ils disparaissent". Après avoir vu passer de nombreux billets élogieux sur cette jeune auteure, je me suis enfin décidée à la lire en choisissant... [Lire la suite]
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29 juillet 2017

L'été avant la guerre

"Ma chère enfant, je crains que nous ne soyons tous les esclaves de la société. Il n'y a pas moyen d'y échapper. S'agissant de vous, c'est parce que Lady Emily a approuvé votre embauche que les administrateurs de l'école se sont laissés convaincre alors que moi, qui suis également membre titulaire de ce conseil, j'avais été incapable de l'emporter. J'ai bien peur que votre indépendance aussi bien que mes tentatives pour faire évoluer les choses ne dépendent de notre amie titrée et des petits cartons d'invitation ornés de son... [Lire la suite]
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27 juillet 2017

D'accord

"Curieusement, depuis notre départ de Paris, cette visite à mon père n'avait cessé de m'apparaître de plus en plus facultative. Simple prétexte pour passer quelques heures en compagnie de Vlad ou geste dérisoire d'une indulgence trouble, même pas coupable ? Les deux, sûrement, entre faiblesse et mansuétude, pitié et action généreuse. Car enfin, qu'allions-nous trouver une fois à Vierville-sur-Mer, dans cette maison de retraite où je l'avais fait placer quelques mois auparavant, à la suite des premières et foudroyantes atteintes... [Lire la suite]
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