22 mars 2017

Défaite des maîtres et possesseurs

"Je m'étonne de choses banales, mais c'est pour expliquer de quelle manière je me suis retrouvé embarqué. A certaines heures de ma jeunesse, j'ai cru, glorieusement, naïvement (je ne sais plus trop ce que j'avais bu), avoir l'énergie qu'il fallait pour changer le système, et le système en un tournemain m'a porté là où il voulait, pour me faire faire ce qu'il voulait". J'étais prévenue que c'était un roman qui cognait fort. Heureusement j'avais oublié les billets de blogs lus ça et là et je l'ai ouvert sans trop savoir où j'allais. ... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 06:33 - - Commentaires [62] - Permalien [#]
Tags : ,

20 mars 2017

Les petits pains de la pleine lune

"A l'origine, je n'étais venu dans cette pâtisserie que pour y chercher refuge, mais j'avais maintenant envie d'en savoir un peu plus sur les curieux gâteaux qu'elle vendait en ligne. De quels désirs étaient-ils imprégnés ? De quelles intentions malveillantes la confiture qui les décorait était-elle imbibée ?" Vous prendrez bien un petit biscuit du diable à la cannelle ? ou une meringue à remonter le temps ? Attention, ces intitulés sont à prendre au premier degré. Outre qu'ils sont bons, ces gâteaux ont un vrai pouvoir, ce qui... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 10:13 - - Commentaires [37] - Permalien [#]
Tags : , ,
14 mars 2017

Dans la forêt

"Une fois que Père a arrêté d'aller travailler, nous étions si coupés de tout, même de Redwood, qu'il était parfois difficile de se rappeler qu'il se passait quelque chose d'inhabituel dans le monde, loin de notre forêt. C'était comme si notre isolement nous protégeait. En juin dernier, quand la lune a brillé toute rouge à cause des incendies d'Oakland, on aurait dit un avertissement nous enjoignant de ne pas nous éloigner de la maison, et les nouvelles que nous avions les samedis soirs ont confirmé ce message. Aussi avons-nous... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 06:13 - - Commentaires [54] - Permalien [#]
Tags : , ,
07 mars 2017

La montagne radieuse

"Tout en pliant les vêtements de Yûsuke et Kenta qui avaient séché, Sayuri jeta un regard dehors et pensa à l'irradiation que subissaient les deux hommes qui s'activaient sans s'inquiéter de rien. Elle se rappela que l'été précédent, Kenta lui avait parlé d'une rumeur qui circulait parmi ses confrères selon laquelle les aiguilles de pins atteindraient cent becquerels. "La quantité de becquerels est ce qu'elle est, mais quand les cheveux poussent on va chez le coiffeur et quand les branches poussent on élague". C'est ainsi que Kenta... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 18:09 - - Commentaires [44] - Permalien [#]
Tags : ,
02 mars 2017

Les harmoniques

"Pour Keila, ce mot résonne toujours étrangement. la mort a ses professionnels, comme ceux qui ont enlevé Nayla, leur oncle et leur tante. Extraites des décombres, les victimes du jour avaient des corps et des blessures. On les identifiait, on prévenait les familles. Les victimes qu'elle porte en elle n'ont ni blessures ni corps, ce sont, sans statut et sans substance, des victimes de l'air, des victimes absentes, des disparus". Le roman commence à Venise, un homme attend sous la pluie. Une femme descend du vaporetto et il va... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 07:12 - - Commentaires [46] - Permalien [#]
Tags :
23 février 2017

Les républicains

"Ecoute, je vais te dire un truc dont je suis convaincu : même si je me trompe, même si ce n'est pas pour demain, ce changement arrivera après-demain ou encore plus tard mais il arrivera. Regarde autour de toi, tout craque de partout, notre modèle est obsolète et l'aspiration à davantage de démocratie directe est en marche, on ne l'arrêtera plus, le divorce entre le monde politicien et la société civile est consommé, le roi est archi nu, ce qui suffit à juger complètement déphasé le bal hors-sol des prétendants à l'Elysée qui... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 06:57 - - Commentaires [54] - Permalien [#]
Tags :

20 février 2017

Léger fracas du monde

"Evidemment, dit Evariste, je comprends. Moi aussi, les échecs, ça m'a, comment dire, sorti d'affaire à cette époque. Bon, c'est vrai. C'est facile de s'y perdre, dans tout ça, enfin je veux dire, dans le labyrinthe des cases, les noires, les blanches. Il y en a même qui disent que c'est ça qui rend fou, que c'est juste ça. Tu parles. Moi, je crois plutôt que ça permet d'oublier tout le reste, n'est-ce-pas". Evariste Galois quitte sa maison pour se rendre au bord du lac du Bourget, à Aix-les-Bains, avec l'intention de peindre son... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 06:50 - - Commentaires [40] - Permalien [#]
Tags : ,
15 février 2017

La fin d'une imposture

"Les roues de la voiture de Rosalie dévoraient la chaussée à plus de cent trente à l'heure en direction de Richmond. Elle était prête à payer le prix d'un PV en échange du sentiment de puissance que lui donnait la vitesse. Elle se remémora sa conversation avec Luke, puis prépara la discussion qu'elle allait avoir avec Jed. Elle n'avait pas droit à la moindre erreur". Ravagés par l'annonce de la mort de leur fils, Rob, Rosalie et Luke Douglas voient leur famille éclater sous la violence du choc. Déjà, le couple battait de l'aile... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 07:02 - - Commentaires [48] - Permalien [#]
Tags : ,
01 février 2017

Femme nue jouant Chopin

"Agnès DeWitt était trop jeune pour comprendre le don précieux qu'elle partageait avec Berndt. Elle possédait avec tant de facilité un amour que la plupart des humains ne rencontrent jamais, et pour lequel ceux qui en connaissent l'existence sont tout prêts à mourir ou à devenir fous. Or elle n'avait rien fait de plus que d'arriver jusque dans la grange d'un brave homme qui avait un talent singulier pour la tendresse quotidienne autant que pour les tonalités les plus profondes de l'amour humain". Seize nouvelles composent ce... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 06:44 - - Commentaires [46] - Permalien [#]
Tags :
16 janvier 2017

Le lac

"Ils vinrent le huitième jour - de toute évidence, ils s'étaient contentés de nous reluquer pendant un certain temps, observant un délai de quarantaine nécessaire et tacite, pendant lequel ils évaluaient s'il était innoffensif ou pas de respirer le même air que nous, et dès qu'ils eurent assez pesé le pour et le contre, les trois hommes nous décrétèrent aptes à entrer en contact avec eux". Nous avions laissé les survivants de Vongozero enfin arrivés au port, c'est-à-dire sur une île aux confins de la Russie et de la Finlande,... [Lire la suite]
Posté par aifelle1 à 17:33 - - Commentaires [44] - Permalien [#]
Tags :