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"Alice serra les poings, elle serra les dents, elle serra le ventre, elle serra tout ce qu'il est possible de serrer, elle eut très envie de de frapper Séverine en plein dans son joli visage de quadragénaire, de lui ravager en une seconde les effets délicats des crèmes de luxe et le résultat des injections de botox. Cette montée de violence lui coupa presque la respiration".

J'ai emprunté ce roman à la bibliothèque juste avant le confinement et incapable de continuer le pavé que j'avais en cours, j'ai opté pour celui-ci, nettement plus facile. Le titre n'est pas engageant, mais quelques billets de blog enthousiastes m'avaient convaincue que ce n'était pas vraiment un feel good, que c'était surtout une satire sociale où l'on riait souvent.

Bon, il se lit facilement c'est sûr, mais chez moi il a fait un flop. Nous faisons la connaissance d'Alice, quadragénaire qui élève seule un petit garçon et vient de perdre son travail. L'argent est un souci constant, elle doit compter pour tout et sait que l'avenir sera encore plus sombre.

De son côté Tom, auteur plus ou moins raté, vivote en écrivant des romans bizarres, peu lus. Sa compagne le quitte, emmenant sa fille adolescente. Lui aussi ses revenus vont être insuffisants pour assumer le quotidien tout seul. Il est évidemment écrit que ces deux-là vont se rencontrer et plus si affinités.

C'est vrai que c'est souvent drôle, le ton est alerte, il y a quelques retournements de situation surprenants et bien amenés, mais j'ai buté sur le côté très farfelu de l'histoire. Elle est parfaitement invraisemblable et les deux personnages sont très doués pour aller encore plus loin dans le grand n'importe quoi. Ils font plus penser à deux ados de seize ans qu'à deux adultes chargés d'enfants. J'ai vite été exaspérée par cette fuite en avant qui ne peut les mener qu'à la catastrophe. Dans ce genre d'histoire, j'ai besoin d'un minimum de crédibilité pour accrocher.

Ce qui est bien vu par contre, c'est la galère permanente lorsque l'on n'a pas d'argent et pas de perspective de travail. C'est la pauvreté assurée, voire la misère, sans parler de la mort sociale, le tout dans une indifférence à peu près générale. Mais la solution envisagée par Alice n'est pas la plus adaptée. Un enlèvement d'enfant conduit rarement à la fortune et à la sérénité.

Par ailleurs, l'auteur épingle avec une certaine jubilation les milieux de l'édition et des auteurs, célèbres ou pas, les réputations usurpées, les salons littérataires où les hiérarchies sont inamovibles, d'autant plus qu'elles ne sont pas avouées.

Ce livre aura au moins eu le mérite de relancer mon envie de lire, ce qui est précieux en ces temps de confinement. S'il ne m'a pas convenu, il a des qualités. Ne vous arrêtez pas à mon avis, je suis plutôt une voix discordante sur ce titre-là.

L'avis de Violette Antigone Alex Sylire

Première participation au challenge "Mois belge" d'Anne

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Thomas Gunzig - Feel Good - 398 pages
Le Diable Vauvert - 2019