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"Peut-être était-ce parce que nous montrions notre quotidien sans nous cacher. Etonnamment, depuis que nous avions ouvert l'Arc-en-ciel, plus personne ne cherchait à en savoir davantage sur notre relation, ni ne nous regardait d'un mauvais oeil. C'est quand on cache quelque chose que cela excite l'attention".

Izumi est en cours de divorce lorsqu'elle fait la connaissance de Chiyoko, étudiante en terminale. Izumi mène une vie triste avec son petit garçon Sosûke. Chiyoko est suicidaire et sa rencontre avec Izumi va changer sa vie. En quelques jours, les deux femmes tombent amoureuses et décident de partir ailleurs, ensemble, là où personne ne les connaîtra.

Elles s'installent dans une maison à l'abandon dans une région montagneuse, entourée d'un grand jardin. Le village est un peu plus loin, elles seront à l'abri et pourront mener leur vie tranquillement. Mais il faut bien assurer le quotidien et elles décident de transformer leur grande bâtisse en maison d'hôtes pour les gens comme elles, tenues à l'écart de la société pour différentes raisons. Elles plantent simplement un drapeau arc-en-ciel dans leur jardin. Chiyoko qui était enceinte, met au monde une petite fille. Elles forment maintenant une vraie famille de quatre personnes.

J'avais apprécié la délicatesse de "la papeterie Tsabuki" et je m'attendais à retrouver ici le même plaisir de lecture. Ce ne fut pas le cas, à cause d'une mièvrerie un peu pénible tout-au-long du roman. On nage dans l'eau de rose. J'ai du mal à croire que la situation est aussi aisée pour les homosexuels au Japon. Les deux femmes aplanissent toutes les difficultés avec une facilité déconcertante. J'espérais des rencontres riches avec les hôtes, elles sont très survolées et tiennent peu de place.

Il est plutôt question de la vie de famille, ses hauts, ses bas. A tour de rôle Izumi et Chiyoko peuvent se montrer capricieuses et exclusives dans leur relation. La narration est faite alternativement par les quatre personnages principaux, ce qui nous donne des points de vue parfois assez éloignés. Dans le dernier quart du roman, les drames s'accumulent, comme s'il fallait rattraper le côté bisounours de l'ensemble, mais du coup c'était un peu trop. En bref, je n'ai jamais vraiment cru à toute l'histoire.

C'est une lecture facile, où j'ai tout de même aimé retrouver un mode de vie japonais différent du nôtre. A part ça, je vais vite l'oublier.

L'avis (bien meilleur) de Sandrine

Objectif PAL 3

Ito Ogawa - Le jardin arc-en-ciel - 368 pages
Traduit du japonais par Miriam Dartois-Ako
Editions Picquier - 2018