CVT_Perdus-en-foret_853

"Mon oreille me pique, il y a quelque chose qui colle à ma joue, de la résine ou une araignée, je me frotte tout en continuant à marcher. Peut-être que les cris ne venaient pas de si loin, peut-être seulement qu'ils étaient étouffés, à bout de force. Je ne sais pas ce qu'il faut que j'espère. Je ne sais pas non plus comment je vais la retrouver, je me contente de suivre le chemin au rythme permis par l'obscurité et mon ampoule. Je passe en revue différents scénarios, elle a pu trébucher sur une pierre ou une souche, voire dans le cours d'eau. Elle s'est peut-être cassé une jambe ou pire".

De cette auteure, j'avais aimé "Chienne de vie" qui avait un charme certain. Lorsque j'ai vu celui-ci, je n'ai pas hésité, surtout qu'il était question d'un homme et d'une femme qui se perdent dans la forêt danoise et sont contraints à s'entraider s'ils veulent retrouver leur chemin.

L'homme est parti pour un jogging, mais est ralenti par une ampoule qui le fait souffrir. Il tourne en rond un certain temps avant de comprendre qu'il ne sait plus où il est. Il croise une femme, n'y fait pas attention, jusqu'au moment où il retombe sur elle et constate qu'elle est aussi perdue que lui. La nuit va tomber, ils n'ont pas beaucoup d'eau, ni de vivres. Ils décident de chercher une issue ensemble.

Ils ne vont pas y arriver, devront se résigner à se ménager un abri sommaire où ils peuvent s'allonger et se reposer. Ils ont froid, ils ont faim et soif, sont aux aguets à chaque petit bruit inconnu. Ils parlent beaucoup, essaient de dormir.

C'est un roman qui avait tout pour me séduire, mais deux écueils sont venus gâcher ma lecture. Je pensais que l'histoire se déroulait dans la forêt d'un bout à l'autre, ce qui me paraissait un thème suffisant. Or, au milieu du livre, il y a une longue digression sur la vie de la femme, qui n'a pas grand intérêt et surtout qui casse la tension liée à ce qui a précédé.

De plus, l'auteure nous laisse en plan à la fin, qui n'en est pas vraiment une. Je ne déteste pas les fins ouvertes, mais là je n'ai franchement pas compris ce qu'elle avait voulu faire.

Une déception et c'est dommage, parce qu'elle sait installer une ambiance et son portrait en demi-teinte des personnages sonne juste.

Helle Helle - Perdus en forêt - 147 pages
Traduit du danois par Jakob Jakobsen
Editions Phébus - 2020