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"Recommencer sa vie était la grande chimère actuelle. D'après la croyance moderne, c'était à la portée de tout un chacun. Les livres, les magazines, les émissions de télé et les films étaient remplis d'histoires de gens qui se "réinventaient". Mais qui parmi nous se réinventait jamais ?"

Maud est professeur de philosophie et si elle se sent à l'aise avec ses étudiants, il n'en est pas de même dans sa vie privée où elle n'arrive pas à construire quelque chose de durable. Plus jeune, elle a fait des dépressions sévères et son équilibre est sans cesse menacé. Le divorce tardif de ses parents l'a déstabilisée encore davantage. C'est à ce moment qu'elle rencontre Samir, un homme qui ne se remet pas du chagrin d'avoir perdu sa petite fille d'une maladie rare.

Elle est juive, il est arabe, ce qui ne leur simplifie pas la vie. D'abord très sexuelle, leur relation évolue vers plus d'affectivité, provoquant un certain désarroi chez l'un et chez l'autre. Vont-ils être capables de prendre le risque d'aller vers une vraie relation ?

Parallèlement, la mère de Maud, Eléanor essaie de se remettre tant bien que mal d'avoir été quittée par Adam pour une femme bien plus jeune que lui. Elle renoue avec un amour de jeunesse, très sceptique au départ sur la possibilité de se relancer dans la vie. Adam, le père, écrivain, est un épouvantable égocentrique, incapable d'aimer qui que ce soit et que les scrupules n'étouffent pas lorsqu'il s'agit de rester au sommet de sa carrière.

D'une tonalité plus sombre que "La vie selon Florence Gordon" on retrouve ici des personnages à la psychologie fouillée, confrontés à un tournant de leur vie et à des décisions à prendre, sur fond de vie new-yorkaise.

Un bon moment de lecture, avec un auteur que je vais continuer à explorer.

Brian Morton - Des liens trop fragiles - 412 pages
Traduit de l'américain par Anouk Neuhoff
10/18 - 2009