G de Fonclare

"Qui n'a pas connu de ces nuits d'effroi, où les tempêtes se font intimes et les désespoirs indicibles ? Qui n'a pas connu la peur de ne plus être, la peur de mourir, ou celle, plus terrible, d'être indigne, d'être défait, d'être découvert ? Nous sommes de craintes et de regrets, nous sommes de colère et d'envies, nous sommes humains et bêtes à la fois, dans la terreur de disparaître et de n'être pour finir qu'un patronyme sur une liste, sur une plaque, sur une pierre tombale. Qui se souviendra de nous ? Qui portera notre nom à sa bouche pour dire tout le ben que nous inspirions ? Qui dira les femmes et les hommes que nous étions ? Qui aura la noblesse de se remémorer ? Nos enfants, nos petits-enfants ? Et après eux, qui ?"

Ce récit, à la première personne, raconte la quête d'un homme qui décide de se lancer à la recherche de Dieu. Dit comme cela, c'est peut-être un peu solennel, en réalité il s'agit d'une série de questionnements que nous pouvons tous avoir à un moment ou à un autre, et ce que nous mettons en oeuvre pour y répondre, ou, faute de mieux, ne pas fuir le sujet.

Le narrateur se déclare lui-même "athée pratiquant" lorsqu'une série de malaises sérieux lui impose ce questionnement existentiel. Il a eu la foi étant enfant, d'abord catholique, puis protestant à partir de 7 ans lorsque la famille a changé de religion. Il l'a perdue ensuite sans savoir vraiment quand.

On lui propose fort opportunément une résidence d'écrivain à Calvignac, dans le Lot, ce qui lui permettra de réfléchir seul pendant cinq semaines. La résidence devait être plus longue, mais un évènement familial le contraindra à la raccourcir.

Sans un mot de trop, avec sobriété, l'auteur nous entraîne à sa suite dans ses doutes, ses bonnes et ses mauvaises journées, les rencontres qu'il fait, l'évocation des amis précieux qui ont jalonné sa route et ce qu'il leur doit. En plus de sa recherche spirituelle, il y a aussi la joie de retrouver une certaine autonomie physique. L'auteur a raconté précédemment sa terrible confrontation avec la maladie et la douleur (Dans ma peau) et pouvoir simplement se promener sur le causse, à sa mesure et avec sa canne, le rend heureux.

La solitude favorise sa recherche, qu'il entreprend méthodiquement. La petite maison qu'il occupe devant un paysage magnifique l'aide également dans sa méditation. Il n'aura pas de révélation fracassante (l'espérait-il vraiment ?) mais il ne reviendra pas exactement comme il est parti. Un cheminement s'est fait, qui l'aura changé et sans doute n'abordera-t'il pas la suite de sa vie tout-à-fait de la même manière.

Un récit personnel et pudique, qui incite à la réflexion.

Guillaume de Fonclare - Ce nom qu'à Dieu ils donnent - 272 pages
Editions Stock - 2019