Louise Penny

"Gamache ferma les yeux et sentit un trou béant dans sa poitrine, là où Reine-Marie aurait dû se trouver. Il aurait voulu de tout son coeur être avec elle, pour pouvoir la tenir, l'envelopper dans ses bras forts. Et pour qu'elle l'enlace, lui".

La troisième enquête de l'Inspecteur-Chef Gamache nous ramène dans le village québécois de Three-Pines, avec son décor de carte postale et son ambiance chaleureuse ... jusqu'à un certain point, puisque l'une de ses habitantes, Madeleine, va mourir de peur dans la maison des Hadley.

Il faut préciser qu'une médium est venue se reposer au village. Elle est logée chez Olivier et Gabri et celui-ci, apprenant quel est son métier, ne peut résister à l'envie d'organiser une soirée "spiritisme", soirée ratée, mais dans la foulée, les participants décide d'en refaire une deuxième dans la sinistre maison des Hadley. Cette maison abandonnée semble être l'exact contraire du village et concentrer toute la noirceur invisible des lieux.

Qu'a bien pu voir Madeleine, qui l'a fait mourir d'émotion ? Il s'avère que ce n'est pas un accident, mais un meurtre. Qui pouvait en vouloir à cette femme charmante et resplendissante qui séduisait tout le monde ?

Gamache et son équipe, le fidèle Beauvoir en tête, réintègrent le village et prennent leurs quartiers dans le bistrot d'Olivier et Gabri. C'est un plaisir de retrouver la petite communauté, Peter et Clara le couple de peintres, Ruth la poétesse rugueuse et revêche, Myrna la libraire et quelques autres.

Parallèlement à l'enquête sur la mort de Madeleine, une autre affaire nous tient en haleine. Le lourd passif entre Gamache et sa hiérachie. Il avait déjà été évoqué dans l'épisode précédent, mais là, c'est l'homme et sa famille qui sont violemment attaqués. Il est clair que l'on veut sa perte. J'ai été plus captivée par ce conflit-là que par l'enquête elle-même.

Le roman pourrait être plus court, mais finalement sa lenteur et sa longueur participent de son charme. Certaines lectrices n'ont pas apprécié le côté un peu surnaturel et ésotérique de l'histoire, il ne m'a pas gênée, après tout, on ne peut pas tout expliquer.

Je suis déjà prête à passer au quatrième tome.

L'avis de Alex Hélène Ptit Lapin

Louise Penny - Le mois de plus cruel - 514 pages
Traduit de l'anglais par Michel Saint-Germain et Louise Chabalier
Editions Babel -2014