9782330010751"Armand Gamache était assis sur le banc, à regarder les oiseaux, mais surtout à observer le village. Devant ses yeux, Three Pines semblait ralentir. L'insistance de la vie, son brouhaha et son énergie s'assourdissaient. Les voix se taisaient, les pas s'attardaient. Gamache s'était installé confortablement et faisait ce qu'il savait le mieux faire. Il observait. Il notait tout, les gens, leurs visages, leurs gestes, et, quand c'était possible, il captait leurs paroles, mais, comme ils restaient loin de son banc de bois, il n'entendait pas grand-chose".

J'abandonne provisoirement les polars nordiques pour me rendre au Québec où j'ai enfin fait la connaissance de l'Inspecteur-Chef Armand Gamache. Un inspecteur courtois, calme, réfléchi, qui ne boit pas et fait grand cas de sa femme, voilà qui est plutôt rare dans les romans policiers et est d'autant plus appréciable.

Il est appelé dans un village paisible et charmant, Three Pines ; enfin paisible jusqu'à ce que l'on y trouve le cadavre de Jane Neal, enseignante à la retraite, peintre amateur ayant la particularité de n'avoir jamais montré ses toiles à personne. Et voilà que pour la première fois, elle a prêté un tableau pour un concours annuel, tableau qui intrigue fortement la petite communauté qui gravite autour d'elle.

Gamache va s'installer au village, observer les uns et les autres, profiter des bons côtés de la vie villageoise et progresser dans l'enquête avec minutie, parce que sous ses dehors très bienveillants , il ne faut pas lui en conter, il sait voir au delà des apparences et se montrer intraitable le moment venu, au point d'être suspendu huit jours par sa hiérarche.

J'ai tout aimé dans cette enquête, Gamache, son équipe, les villageois assez atypiques, deux restaurateurs adorables, un couple d'artistes amis avec Jane, une libraire très originale, l'horrible nièce de la victime, etc ... Rien de frénétique ou trop sanglant dans ce polar, au contraire, on fait connaissance tranquillement avec les uns et les autres, bien décrits et attachants, on se frotte au problème de langue entre francophones et anglophones. Gamache lui, est parfaitement bilingue.

Je ne sais pas si on peut dire d'un polar qu'il est reposant, mais c'est l'effet qu'il m'a fait. Je sens que je ne vais pas tarder à lire toute la série.

Lecture commune avec Anne Hélène

Challenge Québec en Novembre

 

Louise Penny - Nature morte - 448 pages
Traduit de l'anglais par Michel Saint-Germain
Babel - 2012