Ecoute la pluie"J'ai marché vers ce café, j'étais terrassée par le pouvoir qu'avait le vieil homme du métro de faire surgir tout un passé, le nôtre, tout ce qui avait jalonné la longue histoire qui n'en finissait pas de nous réunir et de nous séparer, de révéler ses failles et ses sursauts, de me faire douter d'elle".

Commencer un roman de Michèle Lesbre, c'est la certitude de retrouver un univers familier, une narration qui court de livre en livre, comme un fil rouge. On sait qu'il y aura des cafés, des hôtels, l'errance d'une femme, des amours en pointillé et puis les petits riens de la vie ou les grandes interrogations existentielles, au gré des évènements.

Celui-ci ne déroge pas à la règle. La scène d'ouverture en est le suicide d'un vieil homme, sur le quai du métro, sous les yeux de la narratrice, tétanisée par la rapidité du geste et le sourire que l'homme lui a adressé juste avant de sauter.

Bouleversée, elle quitte les lieux et nous allons la suivre dans ses déambulations de la nuit, perdue dans ses réflexions et comme en suspension de sa propre vie. Elle allait rejoindre son amant à l'hôtel des Embruns, au bord de la mer, elle sait qu'elle ne peut plus le faire. Le suicide du vieil homme la pousse à s'interroger sur sa relation avec l'homme qu'elle allait retrouver. A-t'elle toujours un sens ?

Je ne suis pas très impartiale avec cette auteure, j'aime inconditionnellement son écriture et son univers feutré, élégant, rempli de rencontres et de références qui me parlent. Jamais rien d'ostentatoire chez elle, simplement une trajectoire personnelle qui me touche.

"Les vies d'adultes ne sont que tentatives pour guérir le chagrin de l'enfance inachevée, toujours inachevée .."

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Objectif PAL 2

Michèle Lesbre - Ecoute la pluie - 98 pages
Folio - 2014