"Cette atmosphère d'infini recueillement est soudainement peuplée de vibrations qui ondoient dans l'air avec puissance, comme un trait d'union entre la terre et le ciel, telle une prière qui s'élève. Un moine accompagne ce gong de ses psalmodies. Quintessence de ces incantations qui viennent caresser ma peau, imprégner ma chair, se diffuser dans la moindre de mes cellules. Je laisse aller ma réflexion et me mets à l'écoute de ce son qui s'estompe de lui-même avant de disparaître. Je me sens comme un instrument accordé : accordé avec les éléments, accordé au silence de cette marche solitaire. L'essentiel n'arrive-t'il pas souvent à l'improviste ? Le poème d'Henri Michaux me revient en mémoire : "je suis gong et ouate et chant neigeux. Je le dis et j'en suis sûr". Ces vers à la bouche, tel un mantra aiguisant ma réflexion, je repasse chercher mon sac avant de retrouver la route 55 le long du miroitement nacré du Pacifique."

Extrait de "Comme une feuille de thé à Shikoku" Marie-Edith Laval (lecture en cours)

Edouard Boubat

Edouard Boubat