Le bois du rossignol"Il n'admirait les femmes que dans la mesure où elles étaient jolies, dociles et bien habillées. Il devait faire semblant d'admirer leurs autres prouesses, car tout le monde le faisait - au moins en paroles -, mais au fond de lui son opinion était simple et grossière : "Tout ça, c'est de la foutaise". Et quand il se trouvait en compagnie d'autres hommes d'accord avec lui, ils souriaient d'un air entendu, se regardaient et marmonnaient : "Tout ça, c'est de la foutaise". Les femmes intelligentes, les femmes sportives, les femmes artistes - de la foutaise".

Un roman anglais comme je les aime, plaisant, distrayant, moins léger qu'il n'y paraît au premier abord. Paru en 1938, il n'a rien perdu de sa vivacité, de son humour et de sa causticité.

Nous sommes dans la bonne société anglaise des années 30. La jeune Viola Wither est déjà veuve à 21 ans. Son mari Teddy s'était mésallié en l'épousant, au grand dam de sa famille. Pensez donc, une petite vendeuse ! Viola n'est pas très brillante côté réflexion, mais elle n'a plus un sou et se résigne à venir vivre dans la demeure sinistre de sa belle-famille "Les Aigles", où elle est accueillie fraîchement.

De l'autre côté du bois, une autre demeure, nettement plus gaie, habitée par les Spring, une riche famille dont le fils Victor, beau comme un Dieu, gagne énormément d'argent. L'attirance entre Stella et lui est immédiate, mais chut .. il faut laisser l'histoire se dérouler à son rythme.

Ajoutez à cela des soeurs, des belles-soeurs, des nièces, des parents, un chauffeur ambitieux et séduisant et vous avez tous les ingrédients pour faire un roman où l'on attend les rebondissements avec impatience, où les hommes n'ont pas forcément le beau rôle et où l'on voit que certaines femmes n'ont pas attendu le féminisme pour faire fi des convenances et voler de leurs propres ailes.

Un roman parfait si vous avez besoin de vous changer les idées.

L'avis de Claudia Lucia Keisha et Mrs Figg (plus réservée).

Le mois anglais 2

Stella Gibbons - Le bois du rossignol - 501 pages
Traduit de l'anglais par Philippe Giraudon
Editions Points - 2014