le-cerveau-de-kennedy-177773-250-400"Il était mort à présent. Et elle aussi était morte. Elle pleurait par vagues, par bourrasques de pluie qui se déversaient puis se retiraient très vite. Le temps n'avait plus aucune signification. Elle ne savait pas depuis quand elle attendait. Juste avant l'arrivée d'Artur, elle pensa que jamais Henrik ne lui aurait infligé volontairement la pire des souffrances, quelles qu'aient été ses difficultés : jamais il n'aurait lui même attenté à sa vie, elle en était la garantie".

J'ai lu dix-huit titres d'Henning Mankell depuis 2010. C'est vous dire si j'apprécie cet auteur et je ne pouvais que m'associer à la lecture commune organisée aujourd'hui par Cryssilda, en hommage à ce grand écrivain, disparu il y a tout juste un mois. Il va beaucoup me manquer.

Je suis d'autant plus navrée de devoir avouer que le titre d'aujourd'hui m'a déçue. C'est la première fois et je vais pas lui en tenir rigueur.

Louise Cantor est archéologue et vient de passer quelques temps en Grèce, comme tous les ans sur un chantier de fouilles. Elle se réjouit de rentrer à Stockholm et retrouver son fils Henrik. En fait, elle le trouve mort dans son lit, vêtu d'un pyjama alors qu'il dormait toujours nu. La police conclut à un suicide, ce qu'elle ne peut pas accepter, elle est convaincue qu'il a été tué. Mais pourquoi ?

Elle décide de mener son enquête comme elle le fait sur ses fouilles. Ses recherches la mèneront en Espagne, en Allemagne, en Australie et au Mozambique où elle découvrira des aspects de son fils qu'elle était loin d'imaginer. Au Mozambique, elle approchera une réalité terrifiante liée au Sida et à l'absence totale de scrupules de certains à la recherche d'un remède à tout prix. 

Si l'auteur excelle toujours à décrire un pays, ici le Mozambique qu'il connaît bien, et creuse suffisamment les personnages pour les rendre attachants, c'est au niveau de l'intrigue et de sa résolution que se situe les faiblesses. Des pistes sont lancées et pas suivies, des questions posées restent dans le vague et sans réponse. La fin n'en est pas vraiment une et je n'ai pas été convaincue par l'importance du cerveau de Kennedy dans l'histoire.

Il me reste trois ou quatre titres à découvrir et je ne doute pas de retrouver le Henning Mankell que j'aime sans réserve.

L'avis de Yv, pas plus emballé que moi. Sandrine pas davantage. Niki a aimé, tout en soulignant les incohérences du récit.

Henning Mankell - Le cerveau de Kennedy - 426 pages
Points - 2010

mankell-portraitofficial-2-large