L'amour comme par hasard"A dix-huit ans, lorsqu'on attend impatiemment qu'il se passe quelque chose (et n'importe quoi peut faire l'affaire, du moment que cela implique la présence d'un garçon et de jolies toilettes), le fait d'habiter une telle demeure donne de vous une idée très précise, avant même que vous ayez ouvert la bouche".

Dans les années 50, en Angleterre, Pénélope vit dans une majestueuse demeure historique, Magna, avec sa mère, Tabhita, jeune veuve de toute beauté, et son frère, Inigo, lycéen plus féru de musique que d'études. Son père a été tué pendant la guerre, laissant Tabhita inconsolable, avec cette maison inchauffable sur le dos. De surcroît, elle n'a pas un sou pour l'entretenir et faire les travaux indispensables.

Le roman s'ouvre sur la rencontre cocasse de Pénélope et Charlotte, jeune fille de bonne famille tout aussi désargentée. Charlotte a le culot, l'assurance et l'originalité qui manquent à Pénélope, mais elles partagent une passion commune pour le chanteur américain Johnny Ray, idole incontournable de l'époque.

Pénélope va faire la connaissance de la famille de Charlotte, la tante Clare, son fils Harry, magicien talentueux, et mine de rien, sa vie va se transformer grâce à l'irruption de ses nouveaux amis qui l'entraînent dans les fêtes et les méandres de la bonne société, avide de s'amuser après les années de guerre et de rationnement.

De l'humour, des rebondissements, les jeux de l'amour et du hasard, une multitude de personnages bien croqués, c'est une lecture légère et distrayante, sans prétention. Bien sûr, on voit les évènements arriver sans grande surprise, l'auteur y met cependant assez de finesse et d'esprit pour que le lecteur y prenne plaisir.

Et j'ai aimé l'omniprésence de Magna, l'imposante bâtisse délabrée si anglaise, qui charrie son lot d'histoires et d'imaginaire, à la fois objet d'amour et de fierté, et charge écrasante pour ceux qui y vivent dans le souvenir de ce qui n'est plus. C'est par la maison qu'arrivera le meilleur rebondissement du roman (vous n'en saurez pas plus).

L'avis de Hélène Keisha Sylire

Challenge PAL

Eva Rice - L'amour comme par hasard - 531 pages
Le Livre de Poche - 2009