Pologne, début des années 60. Anna s'apprête à prononcer ses voeux. Elle n'a jamais rien connu d'autre que l'orphelinat et le couvent. La mère supérieure lui apprend qu'elle a une tante et souhaite qu'elle la rencontre et passe quelques jours avec elle avant son entrée définitive dans la vie monastique.

La tante révèle d'emblée à Anna qu'elle s'appelle en réalité Ida et qu'elle est juive. Elle ne sait pas où sont morts exactement les parents d'Ida, ni où ils sont enterrés. Les deux femmes si dissemblables vont partir ensemble à la recherche du passé.

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Wanda la tante, est une femme émancipée qui mène une vie libre et dissolue. L'alcool, les hommes, lui font peut-être oublier que par ailleurs elle est une procureur rouge implacable qui a envoyé à la mort de nombreux innocents. On la sent sans illusions, revenue de tout, le contraste est fort avec Ida qui n'a encore rien vécu.

Elles vont affronter une réalité qui ne les laissera indemnes ni l'une, ni l'autre. La culpabilité est au coeur du film, le poids de l'histoire aux multiples aspects est écrasant dans cette Pologne où les relents antisémites sont toujours là.

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Voilà un film austère et étrange. Un noir et blanc superbe au format carré, des images décadrées (comme les personnages ?), une histoire prenante, une ambiance captivante. Une certaine distance avec les personnages rend l'ensemble assez froid, pourtant j'ai été touchée par ces deux femmes prisonnières malgré elles du passé. C'est curieux de regarder un film de 2014 qui donne l'impression d'avoir été tourné il y a 50 ans.

Je n'en dis pas plus sur le cheminement d'Ida et Wanda, il faut voir le film. C'est ce que je préfère au cinéma, être dérangée, découvrir des problématiques autres qu'hexagonales et sortir de la salle avec des questions.

Le réalisateur, Pawel Pawlikowski, interviewé dans Cosmopolitaine ici (à la 29e minute). D'après lui, le film est bien reçu en Pologne.

Les interprètes : Agata Kulesza, Agata Trzebuchowska.

IDA