Le chinois"L'histoire ne permet pas de prévoir exactement l'avenir. Elle nous permet plutôt de prendre conscience que notre capacité à faire face aux changements reste limitée".

Dans un petit village isolé, au nord de la Suède, dix-neuf personnes ont été sauvagement assassinées à l'arme blanche et la police ne dispose d'aucune piste. Birgitta Roslin, juge à Stockholm, lit l'information dans le journal et remarque que l'une des victimes a un vague lien de parenté avec sa famille. Dès lors, intriguée, elle va se rendre sur place au grand déplaisir de la police locale qu'elle dérange.

Encore un personnage de Mankell qui furète là où il n'a théoriquement rien à faire ! Brigitta finit par dénicher un carnet datant de 150 ans, relatif à deux frères Chinois qui ont été quasiment vendus aux Américains, en pleine construction du chemin de fer. On les faisait travailler dans des conditions épouvantables, les accidents mortels étaient nombreux et la violence envers eux sans limites.

L'existence de ce carnet et la présence d'un ruban de soie rouge sur les lieux du massacre vont mener Birgitta de Londres jusqu'à Pékin. Elle se retrouvera en grand danger dans la Chine contemporaine en pleine mutation, où certains font des profits colossaux, à la marge de la légalité.

L'intrigue m'a paru un peu trop alambiquée, le dénouement tiré par les cheveux, mais il n'empêche que la mécanique Mankell fonctionne encore cette fois-ci et que j'ai mené ma lecture à grande vitesse. Le début du roman, dans l'isolement d'un village, la neige, le silence, la beauté du paysage que l'on devine et tous ces gens baignant dans leur sang est assez saisissant. On sent bien que l'individu qui a pu se conduire avec une telle barbarie rôde pas très loin.

Birgitta est une femme ordinaire, elle est à un moment de sa vie où elle a des doutes sur sa carrière, sur son couple quand cette histoire lui tombe dessus, elle s'obstine à vouloir aller plus loin alors que tout lui souffle d'abandonner et de laisser faire la police. Je ne savais rien de la manière dont des Chinois pauvres ont été honteusement enlevés et exploités lors de la construction du chemin de fer américain. La description de la vie de ces malheureux, autant en Chine qu'aux Etats-Unis m'a beaucoup intéressée. L'état de la Suède, de sa justice, de sa police, est aussi décrit sans concession, ce qui ne surprend guère lorsque l'on a lu la série des Wallander.

Un bon cru que je vous conseille, que vous ayez déjà lu ou pas l'auteur.

L'avis de Cathulu Dasola

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Henning Mankell - Le Chinois - 559 pages
Seuil - 2011