lorette nobecourt"Peut-être suffit-il de ménager un espace à la magie du monde pour qu'elle se développe aussi drue que les herbes folles au milieu des pavés".

Nortatem est un New-yorkais d'une trentaine d'années dont la vie vacille sous le choc d'un suicide, celui de son vieil ami, Fred. Par ailleurs, il vient de quitter Georgia, sa maîtresse  et Guita, sa meilleure amie est partie en Europe pour quelques mois. Perdu, ne sachant plus où il en est, il décide de quitter New-York et loue une maison isolée dans les bois, dans le Vermont. Pour la première fois il va se retrouver seul au milieu de la nature, confronté au silence et à son intériorité.

Il emporte avec lui deux livres confiés par Guita, "le livre 7" et "en nous la vie des morts".

Comment parler de ce roman dont je ressors sonnée ? A la fois par la beauté de l'écriture et la puissance du texte qui donne matière à réflexion à chaque page.

Nous allons avancer dans la lecture de "en nous la vie des morts" au même rythme que Nortatem. Chaque chapitre relate, comme un conte, un passage important pour un personnage dont l'âge correspond au chiffre 7. D'histoire en histoire, on retrouve un cerf, un manteau de daim, symboles qui surgissent également dans le quotidien de Nortatem.

Contraint à la solitude, celui-ci va revisiter son passé à la lumière du livre laissé par Guita. Il va se transformer progressivement en passant par plusieurs phases d'exaltation, de désespoir, d'amour, toujours hanté par le geste inexplicable de Fred. Mais il n'est pas constamment seul dans sa maison, il fait des rencontres chargées de sens, une indienne énigmatique, un propriétaire protecteur, une jeune femme, Laura, tous l'aideront à avancer à leur manière.

Le titre est explicite, les morts vivent en nous, ne croyez pas pour autant que ce soit un livre très noir, j'y ai vu au contraire beaucoup de vie et d'espérance. Le roman est nourri de symboles de la kabbale et de nombreuses autres traditions anciennes. J'ai progressé lentement, tournant et retournant certains passages pour essayer d'en saisir toutes les subtilités. Pour autant, il est aussi profondément charnel et sensuel, les corps s'y expriment pleinement.

Un roman qui ne conviendra pas à tout le monde, personnellement je le relirai, je pense que c'est le genre d'écrit qui peut être repris régulièrement, on y voit à chaque fois une interprétation différente.

Une découverte de l'auteur pour moi et un coup au coeur, malgré l'exigence du texte.

"Il compris alors que la vie était encore plus merveilleuse que tout ce qu'il avait imaginé et il fut terrassé par cet excès de sens. Oui, la vie était ce jeu extraordinaire où nos fictions intimes s'incarnaient tour à tour pour mieux nous faire prendre conscience de l'infini de nos combinaisons et de la richesse des équations innombrables de l'être".

Le site de l'auteur

En partenariat avec le Livre de Poche      livre-de-poche

A noter deux parutions à venir en mai 2013 "La clôture des merveilles, une vie d'Hildegarde de Bingen" et "Patagonie intérieure"

Lorette Nobécourt - En nous la vie des morts - 309 pages
Le Livre de Poche - 2008