Rouge TurnerLa Bouille. Un petit village tranquille au bord de la Seine, à une vingtaine de kilomètres de Rouen. Les méandres du fleuve ont souvent attiré les peintres et un des plus célèbres a posé ses pinceaux dans ce village au XIXe siècle, le grand William Turner.

De nos jours, les peintres affectionnent toujours le petit village qui n'a guère changé, malgré le port de Rouen qui grignote un peu plus de territoire d'année en année. Et voilà que la paisible bourgade est soudain le théâtre d'un crime horrible, à la veille de la 126e édition d'un concours de peinture. Le tueur a envoyé une vidéo du crime à un détective privé, Joshua Pastorius, spécialisé dans les sombres affaires du passé. On y voit le tueur masqué peindre une toile avec le sang de sa victime.

Pourquoi s'adresser à lui ? Intrigué, Pastorius se rend à la Bouille et se rend vite compte que le crime d'aujourd'hui répond à une série de crimes ayant eu lieu en 1832, au moment même où William Turner résidait dans le village.

Je ne tiens pas à trop vous en dévoiler. L'enquête menée par le privé va nous faire voyager en permanence entre les deux époques, Pastorius va s'acharner à chercher le lien qui existe d'un siècle à l'autre. Malgré quelques invraisemblances, l'intrigue se tient jusqu'au bout et je n'ai pas deviné l'identité du coupable avant le dénouement.

Pastorius mène son enquête en marchant sur les plates-bandes de la police, il prend le temps de humer l'atmosphère des lieux, aidé par un vieil homme original et  solitaire, perché dans une demeure qui domine la Seine, fin connaisseur de l'histoire locale. Chaque nouveau crime les fait entrer un peu plus loin dans les arcanes du passé. Les peintres du village peuvent paraître à la fois suspects ou futures victimes. Les femmes ne sont pas absentes bien sûr et Pastorius n'y est pas insensible, comme tout privé qui se respecte.

Le grand intérêt de ce roman, à mes yeux, est l'aspect documentaire sur la peinture de Turner et sur sa personnalité. J'ai passé mon temps à me demander ce qui était vrai et ce qui était dû à l'imagination de l'auteur. Je n'ai pas les réponses mais peu importe, j'ai aimé cette plongée dans un village et une époque révolue. Un autre intérêt est bien sûr de connaître les lieux, je crois que je penserai à ce roman la prochaine fois que je passerai dans ce village au charme certain.

C'est le premier roman d'Yvan Michotte, professeur d'histoire à Dieppe. Il est labellisé "Normandie Impressionniste". Ne me demandez pas ce que cela signifie exactement je serais bien en peine de vous répondre. L'an prochain en Normandie il y aura une nouvelle année de l'Impressionnisme et le label a été décerné dans ce cadre-là.

Le blog de l'auteur ici

Je remercie les Editions Cogito

Et avec la permission de Lystig, j'ajoute le logo du challenge "Vivent nos régions", même si je ne m'étais pas inscrite.

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Yvan Michotte - Rouge Turner - 237 pages
Editions Cogito - Septembre 2012