L'inquiétude d'être au mondeVoilà un petit texte étonnant et envoûtant dont le titre dit bien de quoi il est question. Dans une prose poétique, l'auteur livre son inquiétude face aux changements du monde, de l'Europe. La réflexion est politique et philosophique et fait référence aux grands traumatismes de notre époque.

Si certaines strophes m'ont beaucoup touchée, d'autres me sont restées plus obscures. Je l'ai d'abord lu par fragments, puis je l'ai repris en un seul jet et c'est ce qui convient le mieux au texte, on en perçoit plus nettement le rythme et la musique.

Et le choix maintenant,
auquel nous sommes confrontés :
Supporter l'effroi ou s'en remettre
au commerce de la consolation
Accepter le vertige, l'habiter, ou comme
les droites de l'Europe,
et finalement l'Europe entière,
nourrir un fantasme de refondation.
Persister à classer, entre le propre et le sale,
le sale et le soi, et si la catégorie établie par la langue
est menacée, alors,
pourquoi ne pas se remettre à parquer, à enfermer ?
Voir : Utoya, 2083.
indépendance et pureté ...

L'auteur revient plusieurs fois sur les massacres d'Utoya et de Colombine, qui seraient le fruit de l'inhumanité de plus en plus présente dans nos sociétés. Il en appelle à l'art, à la littérature, à la poésie, mais il n'y a guère trace d'espoir dans son texte, ce que j'ai un peu regretté.

C'est le genre d'écrit qui nécessite que l'on y revienne pour y réfléchir différemment selon l'état d'esprit dans lequel on est. Et c'est pour moi la découverte d'une belle plume.

C'est que nous ne sommes pas préparés.
Collectivement. Nous grandissons
à l'intérieur de cadres qui, chaque jour, implosent.
Nous ne sommes pas préparés.

Merci à Olivia et aux Editions Verdier

L'avis d'Hélène, de Mango qui renvoie vers des liens intéressants.

Camille de Toledo - L'inquiétude d'être au monde - 59 pages
Editions Verdier - 2012