Meurtriers sans visage"Dans une ferme isolée de Suède, un couple de paysans retraités est sauvagement assassiné. Avant de mourir, la vieille femme murmure un mot : "étranger". Il n'en faut pas plus pour provoquer une vague de violence contre les demandeurs d'asile de la région. Le commissaire Wallander va devoir agir vite, sans tomber dans le piège de la xénophobie ambiante qui brouille les pistes" (4e de couverture).

C'est une deuxième lecture pour moi. Découvert il y a cinq ans, il ne m'avait pas laissé de souvenir particulier, ni donné envie de poursuivre la série. Et voilà que grâce aux blogs, je me retrouve très séduite par les romans de Henning Mankell, du coup je me suis demandée si je n'avais pas raté quelque chose avec Wallander.

Deuxième chance donc, avec cette fois-ci l'idée de lire la série. Je pensais avoir tout oublié, je me suis rendue compte rapidement qu'au contraire l'essentiel m'était resté en mémoire. Une partie de l'intrigue m'a rappelé "le retour du professeur de danse" terminé récemment. Là encore, un meurtre épouvantable est commis dans une ferme isolée, mettant à jour des réseaux souterrains d'inspiration fasciste et xénophobe.

Pourtant, le couple qui a été tué n'était pas celui qu'il paraissait être et l'argent pourrait bien être le moteur du meurtre. Kurt Wallander dirige d'abord l'enquête dans ce sens-là, et c'est seulement dans les derniers chapitres du roman qu'il prend un virage à 180°. L'intrigue est bien menée, les personnages secondaires étoffés et intéressants.

Venons-en au personnage principal, Kurt Wallander. Quitté par sa femme depuis trois mois, il est plutôt désenchanté, perdu, choqué. Il aimerait bien que Mona revienne, et se rend compte que ce ne sera guère possible. Sa fille Linda, qui a des difficultés (tiens, comme celle d'Erlandur !) ne lui donne quasiment pas de nouvelles et son vieux père perd la tête. De quoi se sentir sur une pente très savonneuse. Il boit un peu trop, se laisse aller à grossir, mais tiens bon sur son enquête, prenant quelques coups bien sentis au passage.

Je n'ai pas retrouvé la même épaisseur que dans les romans de l'auteur, mais cette fois-ci je vais m'accrocher et continuer, j'aime assez voir l'évolution d'un personnage sur la durée. L'atmosphère de celui-ci m'a rappelé la série des Maj Sjowall, avec Martin Beck, ces policiers voyant la société basculer vers toujours plus de brutalité.

"Il repensa à cette violence sans bornes. L'ère nouvelle qui s'annonçait exigeait une nouvelle sorte de policiers".

Henning Mankell - Meurtriers sans visage - 386 pages
Points - 2003