Laver les ombres"Elle a trente huit ans. Une carrière construite sans ménagement ni concession et une incapacité chronique à habiter calmement une histoire. Est-ce cet amour tout neuf pour un homme de l'immobile, un peintre, qui la bouleverse à ce point ? Ce matin, elle a peur de perdre Bruno, oui. Elle se connaît. A nouveau elle est submergée par le besoin farouche, irraisonné de faire le vide, de se retrouver sans homme, au risque de la désolation. Une vraie malédiction".

Un conseil, ne lisez pas la 4e de couverture, elle en dit trop, c'est important d'entrer dans l'histoire sans connaître ce qui constitue le coeur du récit.

La narratrice, Léa, est une chorégraphe passionnée par son métier, mais dont la vie affective est nettement moins construite. Une peur la poursuit depuis toujours, dont elle ne saisit pas l'origine, une peur qui la fait fuir systématiquement toute relation durable. Il est encore moins question d'avoir un enfant.

Léa n'a que sa mère dans sa vie, Romilda, d'origine napolitaine, son père est mort quand elle avait six ans. Et justement, Romilda lui a téléphoné, avec une dissonance dans la voix, chuchotant qu'elle a quelque chose à lui dire. Léa s'arrange pour partir dans le petit village du bord de mer où elle a vécu son enfance, sans se préoccuper de la tempête annoncée.

Et pendant cette nuit de tempête ravageuse dedans et dehors, elle apprendra ce qu'elle doit savoir et qui tourmente Romilda depuis si longtemps.

Deux souffrances qui se répondent, intimement liées, celle de la mère, celle de la fille, transmission invisible et mystérieuse. Si j'ai apprécié l'écriture de l'auteur, les passages liés à la danse, au mouvement, au corps, je suis restée sur le seuil de cette histoire et je sais pourquoi. J'ai beaucoup de mal avec les personnages féminins qui abandonnent toute dignité sous prétexte d'amour. Je peux comprendre la jeunesse, l'ignorance, les circonstances, mais pas l'obstination dans la soumission. Le véritable amour n'avilit pas, sinon c'est autre chose.

C'est un avis très personnel, qui ne m'a pas empêchée d'admirer ce qui se tisse entre la mère et la fille au cours de cette nuit bouleversante. Ces deux là s'aiment profondément et ont une belle relation.

Quelques avis : Antigone Clara Leiloona Stéphie Sylire Véronique

Logo PAL

Jeanne Benameur - Laver les ombres - 157 pages
Babel - 2010