Skoda"Stjepan n'a perdu connaissance qu'un instant minuscule, insignifiant. Malgré çà, il ne se souvient de rien. Ni d'un sifflement ni d'une explosion. Pourtant çà ne peut être que le fruit, la moisson d'un obus. Tiré d'où ? Du ciel bleu, ou de la terre chaude et bruyante du crépitement fou des cigales ? Stjepan l'a appris : le soldat tué n'entend pas la balle qui le tue. Ni l'obus. Encore moins le missile."

Un pays en guerre, non précisé mais probablement quelque part en Europe de l'Est. Un soldat qui reprend conscience. Autour de lui ses quatre camarades sont morts. Où est-il ? Que faisaient-ils ici ? Juste à côté, une voiture, portière ouverte. Les trois occupants adultes sont morts aussi. Seul a survécu un bébé. Stjepan, le tout jeune homme de de vingt ans qui ne s'est jamais occupé d'un petit va partir avec lui pour un périple incertain, aux contours flous. Il l'appellera Skoda, du nom de la voiture où il l'a trouvé.

Le coeur du livre est la relation qui s'instaure entre ces deux là réunis par le destin. Stjepan se découvre une responsabilité inconnue et la douceur qu'il déploie auprès du tout-petit contraste fortement avec l'environnement hostile qui les entoure. La guerre est là, les rencontres peuvent être désastreuses ou réconfortantes, c'est selon. L'histoire est épouvantable, c'est celle de tous les pays en guerre, ou certains parmi les hommes en profitent pour dépasser des limites que la société n'accepte pas habituellement.

Pourtant, c'est un roman que je n'ai pas lâché, Stjepan avance avec Skoda dans une certaine innocence, porté par son désir de le sortir de cette situation. Le récit est d'une grande simplicité, l'écriture fluide. très vite je me suis attachée à ce jeune homme tendre, dont au fond nous ne savons presque rien.

Bien sûr je ne vous en dis pas plus, si ce n'est lisez-le, c'est un texte minimaliste qui en dit beaucoup sur ce que les humains s'infligent les uns aux autres.

"Ensemble. Stjepan ignore comment, mais ils resteront ensemble jusqu'à ce que Skoda ait l'âge de Stjepan - maintenant, là, il sent qu'il n'est plus un gamin, que pour lui tout çà c'est terminé. Jusqu'à ce que Skoda ait son âge. Dans un monde qui sera peut-être un peu moins fou.
Tu verras, petite hirondelle".

Le site de l'auteur

Merci Cathulu

L'avis d'Antigone Clara Noukette Stéphie

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Olivier Sillig - Skoda - 102 pages
Buchet Chastel - 2011