AA"Dans un bar de Tokyo, Pascal Klein attend le rendez-vous qui va faire basculer sa vie, l'aboutissement de mois de quête existentielle et d'enquête sur la spoliation des biens juifs. Parti à la recherche d'un tableau de Chagall ayant appartenu à sa famille, le héros voyagera à travers le temps et les lieux afin de trouver l'origine de la vocation picturale de son père et d'apaiser enfin sa frustration de n'être pas lui-même devenu artiste". (4e de couverture).

Voilà un roman qui avait tout pour me plaire, d'autant plus que j'avais aimé le précédent de l'auteur "le réprouvé". Las, je suis passée complètement à côté.

Pascal, faute d'être artiste comme son père, est devenu marchand d'art contemporain ce qui nous vaut des descriptions du marché et de ses excès plutôt féroces et savoureuses. 

Par ailleurs, la recherche du Chagall aperçu sur une vieille photo et disparu depuis la dernière guerre ne manque pas d'intérêt, l'écriture est toujours belle, peut-être un peu trop, alors qu'est-ce qui n'a pas marché ? Sans doute pour moi un récit trop éclaté avec des digressions, des allers-retours dans le temps pas toujours clairs, et de longs passages consacrés à un certain Ferdinand de Sastres, collectionneur fou, qui aurait mérité un roman à lui tout seul.

Et puis la quête de Pascal Klein ne m'a pas touchée, ses trajets nocturnes, sa propre collection de bizarreries en tout genre, sa relation difficile au père, son obsession du fameux tableau, je suis restée extérieure, l'émotion n'est pas palpable.

Pourtant le dénouement est inattendu et prenant, mais il était un peu tard pour moi. Malgré tout, je ne l'ai pas abandonné, l'écriture est là et beaucoup de passages m'ont plu.

"Pascal était pragmatique. Son intérêt pour les artistes et leurs oeuvres était sincère, mais il savait par expérience que la sensibilité est intransmissible. Il avait affaire à des millionnaires un peu bornés et traitait avec eux sans mépris, de la manière la plus simple possible. Pourquoi se voiler la face ? Il exposait pour son plaisir et vendait parce qu'il était doué pour cela. Il y avait bien certains clients qui, plus roublards ou plus snobs que leurs congénères, faisaient mine de s'intéresser au galbe d'une compression, aux couleurs d'une toile de Rothko. Ils jetaient alors dans la conversation quelques noms obscurs, comme on jette un peu mollement du pain à un canard pour l'attirer près de la berge. Ceux-là étaient pires que les autres. Il préférait de loin parler argent avec de fortunés incultes que peinture avec ce type de singes savants."

L'avis de Valérie, proche du mien.

Pour équilibrer, je vous incite vivement à lire les deux avis de lecteurs (un hasard ?) enthousiastes Daniel Fattore et Yv

Mikaël Hirsch - Les successions - 278 pages
L'Editeur - Août 2011