AA"Il était une fois - car c'est ainsi que toutes les histoires devraient débuter - un garçon de douze ans qui venait de perdre sa maman. Inconsolable, David a trouvé refuge dans les livres pour oublier le remariage de son père et la naissance de Georgie son demi-frère. Une nuit, persuadé d'entendre sa mère l'appeler, David découvre un passage caché au fond du jardin. Il le franchit et se retrouve propulsé dans un monde fantastique, peuplé de personnages issus de ses lectures et de son imaginaire. Alors que la seconde guerre mondiale déferle sur l'Europe, David entame un périple à la recherche d'un vieux roi qui conserve ses secrets dans Le Livre des choses perdues, sésame qui permettrait au jeune garçon de quitter ce royaume. Mais le conseiller du souverain a pour lui d'autres desseins." 4e de couverture.

L'histoire de David est un roman d'apprentissage assez classique, avec créatures hybrides et féroces en tout genre, des aventures foisonnantes, une relecture des contes quelquefois très réjouissante (mention spéciale aux sept nains et leur Blanche-Neige difficile à caser). Un danger à peine réglé, il s'en présente un autre, des hommes providentiels vont lui prêter main-forte et disparaître à leur tour. Bref, il est difficile de lâcher la lecture, on y retrouve un plaisir d'enfant découvrant des mondes fantastiques.

Les nerfs sont mis à rude épreuve devant les obstacles que doit affronter le jeune David, qui voit ses pires peurs prendre forme et ce n'est pas qu'une image croyez-moi,  et qui devra regarder bien en face la jalousie qu'il ressent vis-à-vis de son demi-frère Georgie. Le dilemne devant lequel il sera placé en fin de récit est cruel et sans échappatoire possible. 

Il y a beaucoup d'imagination dans l'élaboration de ce monde étrange, avec ses sires-loups, ses femmes tueuses, sa nature extravagante et dangereuse. J'avais lu çà et là qu'il y avait des descriptions particulièrement affreuses pour une lecture destinée également à la jeunesse. C'est un peu la loi du genre et je n'ai pas été particulièrement choquée. J'ai eu bien plus peur en lisant par exemple "à la croisée des mondes" de Philip Pullman, plus fouillé et plus tragique.

J'appréhendais une fin un peu trop facile ou bâclée, l'auteur s'en est très bien tiré, j'ai aimé le happy-end, teinté de mélancolie.

"Ces histoires étaient très anciennes, aussi anciennes que les hommes, et c'est à leur richesse qu'elles devaient d'avoir traversé le temps. C'était des contes dont l'écho se prolongeait dans l'esprit bien après que les livres avaient été refermés. Ils offraient à la fois une échappatoire au réel et une version alternative du réel. Ces récits étaient si vieux et si étranges qu'ils avaient fini par accéder à une existence indépendante des pages qu'ils occupaient. L'univers des histoires anciennes existait parallèlement au nôtre, avait un jour expliqué la mère de David, mais parfois la frontière était si mince et si fragile que les deux univers finissaient par se confondre ..
C'est alors que les ennuis commencèrent.
C'est alors que les problèmes survinrent.
C'est alors que l'Homme Biscornu apparut à David."

Merci Antigone

Quelques avis : Cathulu Karine Leiloona Liliba Manu Theoma

Logo 1    Logo 6

John Connolly - Le livre des choses perdues -346 pages
L'Archipel - 2009