AA1"La haine contre les dieux chiens imprègne l'esprit des gens du village de génération en génération. L'homme peut bien marcher sur la lune, la peur ancestrale qui sommeille en chacun de nous ne disparaîtra pas. Un élément déclencheur et elle refait immédiatement surface. Et tant que ce qui est redouté n'est pas éliminé, la peur sera toujours présente".

Ce roman fait partie de la collection Actes Noirs "polars et thrillers", or il s'avère à la lecture que c'est très clairement du fantastique. Première déception. Je me demande à quoi jouent les éditeurs.

Nous sommes sur l'île de Shikoku, terre de légendes. Miki, célibataire de quarante et un ans vit là, dans la maison de son frère. C'est l'aînée d'une branche de la famille Bonomiya. Elle mène une vie tranquille, ayant renoncé à se marier, et a trouvé une petite indépendance financière en fabriquant du papier à la manière traditionnelle.

Arrive au village un beau et jeune professeur de vingt-cinq ans, Akira. Miki va en tomber follement amoureuse et malgré la différence d'âge entrevoiera la possibilité d'un foyer bien à elle, enfin. Mais en même temps qu'Akira les cauchemars sont arrivés au village. Les habitants de l'île ne trouve pas le sommeil et sont troublés par de mauvais rêves.

Toute la première moitié du livre se déroule plutôt tranquillement. Nous suivons Miki dans sa vie quotidienne bien réglée, il y a des descriptions poétiques et minutieuses de la fabrication du papier, j'ai reconnu la touche des auteurs japonais si doués pour évoquer la nature ; et puis assez brusquement les révélations arrivent.

Miki apprend par sa mère que la famille est la gardienne des dieux chiens, créatures fantastiques qui sortent la nuit et mordent les habitants. Il y aura une première mort. Miki qui ne s'était rendue compte de rien jusqu'alors, s'aperçoit que les villageois ont peur de sa famille, peur qu'elle lâche les dieux chiens sur eux. D'abord sceptique sur ce qu'elle pense une superstition, elle est gagnée par le doute après certains évènements.

Je ne peux guère en dire plus au risque d'en dire trop. La haine des villageois va monter jusqu'à une catastrophe finale où je me suis plus sentie au moyen-âge qu'à notre époque. Mais il y a pire : le livre aborde également la problématique de l'inceste d'une manière à mon avis plutôt déplaisante. Comme si une révélation ne suffisait pas, il en tombe une deuxième et là, trop c'est trop, j'ai trouvé que l'auteur poussait le bouchon un peu loin, il n'y va vraiment pas de main morte.

Je n'ai ressenti aucune empathie pour les personnages, qui semblent trouver toutes les situations normales et subir des traditions anciennes sans bouger et sans rien remettre en question. Peut-être faut-il être plus connaisseur que moi de l'imaginaire japonais pour apprécier ce livre.

Il est bien écrit mais souvent répétitif et puis décidément je n'ai pas aimé le climat lourd, angoissant, horrible, de toute la deuxième partie.

Je n'ai pas trouvé d'avis. Peut-être le vôtre ?

C'est ma deuxième participation au challenge de Choco

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et la première au challenge d'Enna "Petit Bac" (animal)

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Masako Bando - Les Dieux Chiens - 316 pages
Actes Sud - 2008