AA"Mauricette Beaussart, soixante-quinze ans, a disparu de l'hôpital où l'on soigne sa santé mentale. Son ami Christophe Moreel entreprend de la retrouver. Au fil de sa quête, le passé et le présent de Mauricette s'entrecroisent, tissant peu à peu le portrait d'une femme riche de ses grandes souffrances et de ses petits bonheurs" (Extrait 4e de couverture).

En refermant ce roman, je crois voir s'éloigner la petite silhouette de Mauricette, avec son cabas vert serré contre elle. Mauricette, ses fêlures et son habileté à jouer avec les mots, Mauricette la vieille dame épuisée par ses souffrances et Mauricette la petite fille à vélo à qui la vie aurait pu sourire si ...

Les malheurs ne lui ont pas manqué, que Christophe l'ami fidèle va découvrir lentement, patiemment. Malgré ses problèmes, Mauricette a pu devenir professeur de français un temps, et s'est beaucoup réfugiée dans la poésie et les mots. Nous approchons sa vérité à travers la quête de Christophe, et surtout le journal que tient Mauricette dans un cahier. C'est dans sa prose étrange et colorée que l'on devine entre les lignes comment l'excès de douleur lui fait lâcher régulièrement prise. Pourtant, Mauricette ne désespère pas, et le livre se termine sur une belle ouverture.

Ce roman se lit facilement, mais au début j'ai eu du mal avec les parties écrites par Mauricette, qui me paraissaient assez décousues, je ne voyais pas où elles menaient. Et puis, une fois habituée à sa manière de s'exprimer, j'en ai vu tout l'intérêt et ce sont celles qui éclairent les tourments intérieurs de Mauricette et son douloureux parcours.

"J'entends l'alarme siffler dans mon oreille, surtout la droite qui me réduit en esclavage. A Houplines, l'inspecteur est venu me voir par surprise. Mon coeur toquait dans ma poitrine. Ma jambe qui tremble. Il prend ma place sur le bureau assez antique. La poussière en gants blancs. Les rideaux noirs sont fermés. J'ai peur d'improviser. L'inspecteur me dit que je ne suis pas là pour être aimée. Ma bohème est trop difficile pour l'école primaire. C'est dommage. J'ai des aptitudes et la hauteur de ma conscience professionnelle."

Avec ce titre, je termine le challenge "les coups de coeur de la blogosphère" de Theoma. C'était le choix de Véronique D.

Ce n'est pas un coup de coeur pour moi, mais un bon moment de lecture.

L'avis de Bellesahi Cathulu Dasola Mirontaine Ptit Lapin

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Lucien Suel - La patience de Mauricette - 233 pages
La Table Ronde - 2009