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Le goût des livres
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5 février 2010

La mer noire

La_Mer_Noire          babelio

Le roman se déroule sur une journée, celle de l'anniversaire de Tamouna, une vieille femme Géorgienne, confinée dans son appartement parisien en compagnie de la bouteille à oxygène qui la maintient en vie.

Une seule pensée l'occupe en cette journée, Tamaz viendra-t'il à sa fête ? Tamaz, le grand amour de ses 15 ans, là-bas au pays natal, celui dont elle a été séparée brutalement à cause des évènements politiques et de l'exil.

Le récit va alors alterner entre le présent et le passé. La mémoire de Tamouna est un peu vacillante, passant de la vieille femme qu'elle est aujourd'hui, a la jeune fille exaltée d'hier.

J'ai beaucoup aimé cette chronique douce-amère d'une famille malmenée comme tant d'autres au 20e siècle par l'histoire avec un grand H. Le père de Tamouna faisait partie du premier gouvernement démocrate en Géorgie. L'arrivée des bolcheviks russes a contraint toute la famille à fuir vers la France. Le père retournera en mission dans son pays et sa disparition sera une cassure irréparable dans la vie de Tamouna.

A côté des évènements dramatiques, l'auteure nous dépeint toute une tribu de frères et soeurs, grands-parents, oncles, tantes, cousins, cousines, communauté géorgienne extrêmement vivante et chaleureuse. Tout ce monde tente de perpétuer au mieux la culture et les traditions géorgiennes, y compris la troisième génération. Tamouna est très entourée, malgré un caractère assez farouche.

"Je voudrais trouver un travail pour apporter un peu d'argent à la maison. Mais Déda exige que j'étudie jusqu'à ma majorité. Elle aide à la crémerie et fait des ménages. Elle reste belle. Peu à peu, elle retrouve son éclat, je dirai même une sorte de gaieté que je ne lui ai jamais vue. Se battre pour nous est son moteur. Elle est très appréciée dans le quartier. Ses sourires distribués à tous m'irritent. Près d'elle, je fais souvent mine d'être absorbée par un journal. Les commerçants sont habitués à mes bouderies, ils s'adressent à Théa qui joue parfaitement son rôle de fille".

Tamaz revient tout au long du récit comme un leitmotiv. Son arrivée en France quelques années après Tamouna laissait présager des retrouvailles. Le destin en a décidé autrement. Il y aura d'autres brèves rencontres entre eux, il n'aurait pas fallu grand chose pour qu'ils puissent vivre enfin leur histoire d'amour. Au soir de leur vie, le reverra-t'elle une dernière fois ..

"J'arrive en avance et m'assieds sur une chaise au soleil. Près de l'endroit où mon père et moi, nous étions assis il y a déjà quelques années. Cette époque me paraît lointaine. J'en garde une blessure qui ne cicatrise pas. Sa silhouette me fait de l'ombre. Tamaz se penche et me saisit les mains.
Comme je suis heureux de te voir.
Je réponds simplement : moi aussi.

Je me suis surprise à attendre le dénouement avec une certaine impatience, au final il a peu d'importance, ce qui m'a plu, c'est surtout l'histoire de cette famille d'exilés, ses joies, ses douleurs, ses particularités.

Cette lecture m'a d'ailleurs donné envie de revoir le beau film de Julie Bertuccelli "depuis qu'Otar est parti .."

Kéthévane Davrichewy est née à Paris en 1965 dans une famille géorgienne. Après avoir publié de nombreux ouvrages pour la jeunesse, et un premier roman en 2004 "tout ira bien", elle a puisé dans la mémoire familiale et l'expérience de l'exil vécue par ses grands-parents la matière de la Mer Noire.

J'avais repéré ce livre à sa sortie, sûre qu'il me plairait. Merci à Guillaume de Babelio et aux Editions Sabine Wespieser de m'avoir permis de le découvrir rapidement.

Kéthévane Davrichewy - La Mer Noire - 214 pages
Editions Sabine Wespieser - 2010

Commentaires
M
Je vais le télécharger !
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A
@ Anne : ben alors ! pas grave puisque tu as eu le roman entre les mains quand même.
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A
Tiens, mais j'avais loupé ce billet moi ;-(
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A
@ Stéphie : ah chic ! je file voir si tu as mis ton billet.
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S
Voilà, j'en ai fini la lecture et le moins que l'on puisse dire c'est que j'ai vraiment aimé.
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