AB"Murdo Munro travaille dans les forêts de son île natale sur la côte ouest de l'Ecosse. Il s'est depuis longtemps résigné à sa solitude et à l'hostilité froide de sa femme, lorsque, le jour du mariage de sa fille, devant la perspective du face-à-face conjugal qui l'attend, il décide de brûler sa maison et de disparaître. Munro marche dans cette forêt qu'il aime, monte dans un bateau et va rejoindre la ferme de sa soeur". (4e de couverture).

A partir de là, Murdo va se lancer dans une errance incessante, sans parvenir à décider vraiment ce qu'il va faire maintenant de sa vie et s'il va ou non affronter les conséquences de son acte.

Au terme de ma lecture, je suis très partagée. Il y a des descriptions de nature somptueuses. Munro est garde-forestier, il est habitué à vivre rudement et à observer les animaux et la forêt. Il y a quelque chose d'envoûtant à suivre sa fuite éperdue dans des paysages que l'on devine d'une austère beauté.

"En passant le sommet d'une côte, Murdo déboucha au-dessus d'une petite vallée suspendue. Entourée de blocs de roche bas et tordus, sa surface était parfaitement plate, une prairie fermée d'herbes beiges et vertes brillant au soleil et à l'abri du monde extérieur. Tout au bout, ou un col étroit formait une entrée naturelle, deux jeunes cerfs cessèrent de paître pour lever la tête et, avec une force naturelle, firent demi-tour et disparurent bientôt. Au-dessus de cette ouverture, un faucon crécerelle, effrayé un court instant, changea de cap et prit une nouvelle posture vibrante dans les airs".

Seulement voilà, Murdo, le personnage principal, m'est apparu très vite antipathique. A l'aube de ses 60 ans le bilan qu'il fait de sa vie est terrible et sa solitude totale. C'est un homme qui a vécu passivement, n'a pas réagi quand sa femme s'est détachée de lui, ni quand elle s'est arrangée pour empêcher tout lien avec sa fille. Il s'est contenté de se refugier dans l'alcool, comme beaucoup d'autres sur l'île. Il est dépeint comme un être assez frustre, bourré de tics, sans grande personnalité.

Sa première étape, chez sa soeur Bessie à laquelle il est très attaché est le moment où j'ai ressenti le plus d'intérêt pour lui, il semble avide de contacts humains, il veut croire à une nouvelle vie, jusqu'au moment où un évènement le fait reprendre précipitamment sa fuite en avant.

J'ai éprouvé de plus en plus de malaise à le voir se dérober constamment devant tout ce qui le perturbe, continuer à dissimuler la vérité et à tergiverser sans cesse. Finalement, il aura passé sa vie à fuir et à se taire, malgré toute la rage accumulée. Quand il retrouve un peu de courage, il s'effondre vite dès que la réalité le rattrape. Comme nous ne voyons l'histoire qu'à travers lui et qu'il est souvent seul, j'ai eu l'impression de tourner en rond.   

Les descriptions de la nature, aussi magnifiques soient-elles m'ont paru prendre trop de place par rapport à l'histoire. Ces réserves sont très personnelles, je ne voudrais décourager personne de le lire, l'écriture est très belle et d'autres lectrices ont ressenti de l'empathie pour Murdo.

Merci à Keisha qui, très près d'un gros coup de coeur, en a fait un livre-voyageur.

Kathel n'a pas été convaincue non plus. Marie pense que c'est un roman magnifique. Pascale a été séduite.

Vers l'aube - Dominique Cooper - 186 pages
Editions Métailié - 2009