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Après vingt quatre années au bureau du shérif du comté d'Absaroka, Walt Longmire aspire à terminer sa carrière en paix. Ses espoirs s'envolent quand on découvre le corps de Cody Pritchard près de la réserve cheyenne. Deux années auparavant, Cody avait été un des quatre adolescents condamnés avec sursis pour le viol d'une jeune indienne, Mélissa Little Bird. Jugement qui avait avivé les tensions entre les deux communautés. Aujourd'hui, il semble que quelqu'un cherche à se venger. (4e de couverture).

Premier volume d'une série, ce roman entre dans la catégorie "nature writing polar". C'est dire que nous ne sommes pas dans un thriller au rythme frénétique, mais dans un récit qui prend son temps et où la nature est largement aussi présente que l'intrigue. En l'occurence une nature rude et somptueuse, les Big Horn Moutains, dans le Wyoming.

"des nuages couronnaient les montagnes dont les parois enneigées réfléchissaient le soleil d'un jaune acide dans un des couchers de soleil les plus magnifiques et pervers que j'aie jamais vus. Les cumulus étaient pommelés comme l'arrière-train d'un poulain appaloosa, et la beauté du paysage m'étreignit à la gorge."

J'ai mis du temps à entrer dans l'histoire, mais ensuite j'étais bien accrochée. Les personnages sont très attachants, à commencer par Walt Longmire le Shérif, 120 kilos pour près de deux mètres, pas bien remis de son veuvage. Je me suis tout de même demandée comment il faisait pour résister aux quantités impressionnantes de bières et de café qu'il ingurgite ! L'amitié qui le lie à l'indien Henri Standing Bear (Henri Ours Debout) est un élément fort dans le contexte. Les femmes qui entourent Walt ont toutes l'air d'avoir un faible pour lui : Ruby et Vic ses collègues, et surtout la belle Vonnie qui va peut-être le sortir de son marasme.

L'intrigue n'est pas en reste, elle est très bien ficelée, je dois reconnaître que je n'avais pas anticipé le dénouement. Et j'ai été tout particulièrement captivée, subjuguée par un épisode dans le blizzard et la neige, avec de vieux indiens. Ce passage a lui tout seul justifie que l'on plonge dans le livre.

"les vieux cheyennes étaient avec moi, et je sentais leur force à chacun de mes pas sur la piste, mes bottes s'enfonçant de plus en plus profondément dans la neige. Les tambours résonnaient aussi, en accord parfait avec ma progression, me donnant un rythme aisé, faisant bouger mes jambes. Je me sentais fort, pour la première fois depuis de nombreuses années, peut-être plus fort que jamais".

L'humour est aussi très présent, un humour qui fait passer bien des émotions enfouies. Vous l'avez compris, j'ai été séduite et j'attends la suite avec impatience.

P.S. Stoney, tu n'es pas détrôné !! (clin d'oeil à Cathulu).

L'avis d'Amanda, Brize, Cathulu, Cuné, Emeraude, In Cold Blog

Une interview d'Olivier Gallmeister chez In Cold Blog

Craig Johnson - Little Bird - Editions Gallmeister - 2009