"Valse avec Bachir est un film autobiographique. Ari Folman, metteur en scène israëlien, a rendez-vous en pleine nuit dans un bar avec un ami en proie à des cauchemars récurrents. Le lendemain, pour la première fois, Ari retrouve un souvenir de cette période de sa vie. Une image muette, lancinante, lui-même, jeune soldat, se baigne devant Beyrouth avec deux camarades. Il éprouve alors un besoin vital de découvrir la vérité à propos de cette fraction d'histoire et de lui-même et décide, pour y parvenir, d'aller interviewer à travers le monde quelques-uns de ses anciens compagnons d'armes. Plus Ari s'enfoncera à l'intérieur de sa mémoire, plus les images oubliées referont surface."

Je me désolais de ne pas avoir vu "Valse avec Bachir" au moment de sa sortie, fin juin 2008. La proposition de "Chez les Filles" de me le faire parvenir a donc été la bienvenue.

Le choix d'un film d'animation par le réalisateur m'a permis de plonger dans cette histoire difficile sans trop appréhender les images de guerre. La première scène est stupéfiante, le graphisme est très beau. Il s'agit d'un film sur la guerre et sur la mémoire. Comment l'être humain s'arrange pour refouler les traumatismes les plus douloureux. Ari Folman nous parle d'une époque où il était un jeune soldat d'une vingtaine d'années, comme la plupart de ses compagnons. Il montre bien la peur qui régnait en permanence. Nous arrivons progressivement au coeur du sujet, qui est le massacre de Sabra et Chatila.

Ce film m'a intéressée à la fois pour son évocation de ce qui s'est passé au Liban à cette époque-là et aussi pour tout le travail fait par Ari Folman pour retrouver ses souvenirs, à l'aide des témoins de ce passé et d'un ami psychanalyste. C'est un propos qui vaut pour tous les hommes qui sont mêlés à ce genre d'évènements et qui doivent vivre avec pour toujours. J'ai trouvé que le parti-pris d'un film d'animation maintenait le spectateur à une certaine distance. L'irruption d'images d'archives à la fin ramène brutalement à l'horreur de la réalité et c'est salutaire.

Un témoignage indispensable.

L'avis de Alain Cathe Dasola Kathel Pascale Saxaoul Thaïs

Merci à Suzanne de Chez les Filles et aux Editions Montparnasse de me l'avoir envoyé.