30 novembre 2008
MONT SAINT MICHEL
Le récent "des racines et des ailes" sur le Mont-Saint-Michel m'a donné envie de revoir les photos prises pendant un court séjour fin juin, début juillet de cette année. Les jours étaient longs, l'air vif, la météo changeante, le lieu envoûtant, surtout tôt le matin et tard le soir. Vivement le prochain voyage.
Bon dimanche à toutes et à tous.
27 novembre 2008
L'ETRANGE DISPARITION D'ESME LENNOX
Entre l'Inde et l'Ecosse, des années 1930 à nos jours, l'histoire déchirante d'une femme enfermée, rejetée de la société et oubliée des siens. Un roman d'une beauté troublante, où s'entremêlent des voix aussi profondes qu'élégantes pour évoquer le poids des conventions sociales et la complexité des liens familiaux, de l'amour à la trahison.
A Edimbourg, l'asile de Cauldstone ferme ses portes. Après soixante ans d'enfermement, Esme Lennox va retrouver le monde extérieur. Avec comme seule guide Iris, sa petite-nièce, qui n'avait jamais entendu parler d'elle jusque-là. Pour quelle étrange raison Esme a-t'elle disparu de la mémoire familiale ? Quelle tragédie a pu conduire à son internement, à seize ans à peine ? (4e de couverture).
Difficile d'en dire plus sur cette histoire sans en dire déjà trop. J'ai énormément aimé ce récit fait par petites touches en entremêlant les voix d'Esme, sa soeur Kitty et sa petite-nièce Iris. Comment est-ce possible d'occulter complètement l'existence d'une personne et la laisser enfermée 61 ans ? Pourquoi ?
L'auteur reconstitue subtilement le passé de la famille en alternant les souvenirs d'Esme, le présent d'Iris et les bribes de mémoire de Kitty, atteinte de la maladie d'Alzheimer. Elle va crescendo dans la révélation des secrets, des mensonges et des non-dits et le coeur se serre au fur et à mesure en voyant à quel point la vie d'Esme a été saccagée. Que d'horreurs au sein de certaines familles ..
Il est aussi encore et toujours question de l'écrasement des femmes dès qu'elles ne se résignent pas aux limites imposées par leur époque et leur milieu. Esme est un très beau personnage dont les terribles épreuves bouleversent. Une lecture forte, qui me restera en mémoire.
L'avis de Bellesahi Cathulu Dasola Yspaddaden Annie
Merci à Yspaddaden de me l'avoir gentiment prêté.
Maggie O'Farrel - L'étrange disparition d'Esme Lennox - Editions Belfond - 2008
25 novembre 2008
HAIKUS D'AUTOMNE
Lorsque ma libraire a mis ce livre là dans mes mains, j'ai compris qu'une fois de plus j'allais céder à la tentation. Belle édition, papier de qualité, pages doubles, calligraphie à chaque haïku, délicatesse, légèreté ... à feuilleter, méditer, rêver, voyager ..
Deux haïkus pour la soirée :
le crépuscule
accaparé
par les feuilles rouges des érables
* * *
la cloche du soir
et le bruit des kakis mûrs du temple
qui tombent
Le site de l'éditeur ici
L'hôte, l'invité & le chrysanthème blanc - Editions Moundarren
23 novembre 2008
UNE JOURNEE A PARIS
Au menu du jour, pour commencer exposition "Pollock et le chamanisme" à la Pinacothèque.
Je n'ai pas une grande culture artistique et je ne connaissais pas cet aspect là de l'oeuvre de Pollock. Cette exposition est très intéressante, les tableaux sont accompagnés d'explications claires, il y a également des tableaux de Robert Masson, peintre surréaliste et des objets liés au chamanisme. Vous pouvez voir une petite vidéo de présentation ici
Poursuite du programme rive gauche, ou une deuxième expo m'attend. Le soleil brille et j'y vais en musardant.
Pour celles et ceux qui suivent, vous savez à quel point j'ai aimé le film "Séraphine". Le musée Maillol expose ses tableaux jusqu'au 5 Janvier 2009
Après l'avoir vue passer ses nuits à concocter des petites recettes et à peindre en chantant des psaumes, c'est émouvant de voir ses tableaux "en vrai". Son amour de la nature explose, les couleurs sont éclatantes. A en juger par l'affluence, le film a touché beaucoup de monde.
Retour sur la rive droite, parcours du touriste de base le long de la Seine et fin de journée sur les Champs Elysées.
REVONS UN PEU
Bon dimanche ..
Photo Yann Arthus Bertrand
21 novembre 2008
LES BAINS DE KIRALY
Gabriel a bien tenté de croire au bonheur. Subjugué par Laura, il s'est arrimé à son rire et s'est employé à vivre au présent. Mais du jour où elle lui a annoncé qu'elle attendait un enfant de lui, il a pris la fuite, sans un mot .. Quand, après des mois d'errance dans Londres, il échoue par hasard dans une synagogue, les chant des hommes l'apaisent, et libèrent enfin sa parole. Il se lance alors dans l'écriture de cette longue confession, où le silence et la culpabilité dansent un vertigineux pas de deux.
De lui, de son enfance solitaire, de sa soeur aînée fauchée par un chauffard ivre, de ses parents murés dans leur deuil, de leur refus de rien lui révéler sur leur passé, il n'a jamais pu parler, ni à Laura, ni à son ami Léo. Jamais il n'a pu exprimer la vérité de ses sentiments. Et si des mots il a fait son métier, c'est pour traduire ceux des autres, barricadé derrière une montagne de dictionnaires (4e de couverture).
C'est un premier roman très abouti. Le narrateur pourrait apparaître détestable, il annonce tout de suite qu'il a abandonné sa femme enceinte, il a disparu sans un mot, sans laisser d'adresse. Pourtant, je me suis sentie d'emblée en empathie avec Gabriel.
Il est question dans ce roman des origines et surtout du silence, des non-dits et des ravages qu'ils infligent aux générations suivantes. Gabriel n'a jamais pu se remettre de la mort de sa soeur et ce n'est pas le lapidaire "Dieu a donné, Dieu a repris" énoncé par son père qui peut l'aider. Le passé de sa famille est l'objet du même silence, Gabriel pressent un secret, comment pourrait-il envisager de transmettre un tel vide à un enfant ?
Il n'a jamais pu mettre de mots sur son chagrin, c'est peut-être pourquoi Léo est devenu son ami, lui qui a traversé la même épreuve et qui en parle naturellement. Pour Gabriel, son amitié avec Léo est aussi importante que son amour pour Laura, il est dévoré de culpabilité de le laisser aussi sans nouvelles. Quand le récit commence, il s'est enfin décidé à trouver des mots à mettre sur sa propre histoire.
Voilà un roman d'une grande sensibilité, pudique, intelligent, je l'ai lu presque d'une traite. Un auteur à suivre.
Extrait : je ne suis plus sûr que les mots soient vraiment insuffisants. Je ne sais plus. Aucun dictionnaire ne vient à mon secours. Aucun modèle n'existe pour ce que je dois apprendre à dire à la femme que j'aime. Je n'ai appris qu'à traduire. Traduire, oui, mais quoi ? Mes sentiments, mes erreurs, mes fautes, ma peur ? Comment trouver ces mots nouveaux, des mots qui ne seraient pas seulement les vocables des autres ? Des mots utiles, et surtout : les miens.
Jean Mattern - Les bains de Kiraly - Sabine Wespieser Editeur - 2008
19 novembre 2008
MUSEE HAUT, MUSEE BAS
Un conservateur terrorisé par les plantes vertes, une mère plastifiée pour être exposée, un ballet de saintes-vierges, des gardiens épuisés par Rodin, un ministre perdu dans une exposition de sexes, une voiture disparue au parking Rembrandt, des provinciaux amoureux des impressionnistes, des touristes galopins galopant d'une salle à l'autre etc ...
Comme d'habitude chez Jean-Michel Ribes, il s'agit d'une suite de scènes croquant les comportements de ses contemporains, ici dans un musée. Les dialogues sont brillants, les situations cocasses, l'humour décapant. J'adore la loufoquerie de J.M. Ribes et j'en redemande .. Il y a une flopée d'actrices et d'acteurs bien connus, Gérard Jugnot, Muriel Robin, Valérie Lemercier, Michel Blanc, impossible de les citer tous. Mention spéciale à Isabelle Carré dans le rôle de la ravie de la crèche, elle peut tout jouer cette fille là, et à André Dussollier, parfait en ministre élégant. On peut s'amuser à reconnaître les différents musées où a été tourné le film. Je n'ai pas ri aux éclats, mais ai eu constamment le sourire aux lèvres. Au passage l'art conceptuel en prend pour son grade.
Je regrette seulement que les meilleurs moments soient concentrés dans la bande-annonce abondamment diffusée à la télé, l'effet de surprise est très émoussé. Au final, un bon divertissement pour les amateurs, sinon d'art, du moins de ce cinéma là.
17 novembre 2008
L'ENFANT DES TENEBRES
1933-1934 - Après le désastre de la grande guerre, un crépuscule tragique s'annonce, dont peu anticipent les menaces. Vingt ans ont passé depuis Dans la main du diable et Camille Galay, la petite Millie d'alors, débarquée de New York, erre dans Paris, la ville de son enfance, hantée par la mort de son ami Jos, un photographe hongrois qu'elle a suivi jusqu'en Alabama, et à qui elle a promis de rapporter à Budapest un certain étui de cuir rouge.
De toute l'Europe convergent des personnages qui s'ignorent encore, bientôt emportés, sous le double sceau de l'amour et du crime, dans une même aventure qui a pour théâtre les villes modernes, sur les murs desquelles revenants et spectres projettent leurs ombres fantastiques. Dans les chancelleries, dans les gares aussi bien que dans les plus luxueux palaces, au bord du lac de Constance ou de Genève, en Toscane, dans un immeuble ouvrier de Berlin, dans une maison abandonnée des Fagnes de Belgique, jusque dans le grenier de la demeure ancestrale du Mesnil, dans ses bois d'automne, c'est une chasse à l'homme qui s'engage (4e de couverture).
J'avais aimé Dans la main du diable et j'ai commencé la suite avec gourmandise. Autant le dire tout de suite c'est une déception de taille. Nous retrouvons une bonne partie des personnages du premier volume 20 ans après, mais Camille Galay n'est pas aussi attachante que Gabrielle Demachy. Nous la perdons trop souvent de vue pour une multitude de personnages secondaires. J'ai été noyée dans un foisonnement de descriptions et de détails. Je me suis souvent perdue dans des ramifications trop complexes, des phrases à n'en plus finir. Il y avait déjà des longueurs dans le premier, mais les péripéties étaient suffisamment enlevées pour me captiver. Ce n'est pas le cas ici. C'est dommage car il y a une documentation solide et une construction romanesque époustouflante. Nous apprenons beaucoup sur cette période d'avant-guerre.
Je n'ai retrouvé d'intérêt pour l'histoire que dans les 150 dernières pages, c'était un peu tard. Pourquoi suis-je allée au bout des 645 pages ? Parce que malgré tout j'avais envie de savoir ce qui arrivait à Camille et Simon et à Gabrielle et Pierre. Tout est en place pour le troisième volet, mais je ne suis pas sûre d'avoir le courage de m'y plonger.
Anne-Marie GARAT - L'enfant des ténèbres - Actes Sud - 2008
16 novembre 2008
BON DIMANCHE
Caspar Friedrich
15 novembre 2008
PARC DE CLERES
des antilopes cervicapres, un wallaby
des maki catta de Madagascar
des flamants roses du Chili
le château
le parc
Pour plus de renseignements, c'est ici
























































