L_enfant_des_t_n_bres

1933-1934 - Après le désastre de la grande guerre, un crépuscule tragique s'annonce, dont peu anticipent les menaces. Vingt ans ont passé depuis Dans la main du diable et Camille Galay, la petite Millie d'alors, débarquée de New York, erre dans Paris, la ville de son enfance, hantée par la mort de son ami Jos, un photographe hongrois qu'elle a suivi jusqu'en Alabama, et à qui elle a promis de rapporter à Budapest un certain étui de cuir rouge.

De toute l'Europe convergent des personnages qui s'ignorent encore, bientôt emportés, sous le double sceau de l'amour et du crime, dans une même aventure qui a pour théâtre les villes modernes, sur les murs desquelles revenants et spectres projettent leurs ombres fantastiques. Dans les chancelleries, dans les gares aussi bien que dans les plus luxueux palaces, au bord du lac de Constance ou de Genève, en Toscane, dans un immeuble ouvrier de Berlin, dans une maison abandonnée des Fagnes de Belgique, jusque dans le grenier de la demeure ancestrale du Mesnil, dans ses bois d'automne, c'est une chasse à l'homme qui s'engage (4e de couverture).

J'avais aimé Dans la main du diable et j'ai commencé la suite avec gourmandise. Autant le dire tout de suite c'est une déception de taille. Nous retrouvons une bonne partie des personnages du premier volume 20 ans après, mais Camille Galay n'est pas aussi attachante que Gabrielle Demachy. Nous la perdons trop souvent de vue pour une multitude de personnages secondaires. J'ai été noyée dans un foisonnement de descriptions et de détails. Je me suis souvent perdue dans des ramifications trop complexes, des phrases à n'en plus finir. Il y avait déjà des longueurs dans le premier, mais les péripéties étaient suffisamment enlevées pour me captiver. Ce n'est pas le cas ici. C'est dommage car il y a une documentation solide et une construction romanesque époustouflante. Nous apprenons beaucoup sur cette période d'avant-guerre.

Je n'ai retrouvé d'intérêt pour l'histoire que dans les 150 dernières pages, c'était un peu tard. Pourquoi suis-je allée au bout des 645 pages ? Parce que malgré tout j'avais envie de savoir ce qui arrivait à Camille et Simon et à Gabrielle et Pierre. Tout est en place pour le troisième volet, mais je ne suis pas sûre d'avoir le courage de m'y plonger.

Anne-Marie GARAT - L'enfant des ténèbres - Actes Sud - 2008