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Professeur d'économie dans une université du Connecticut, Walter Vale, la soixantaine, a perdu son goût pour l'enseignement et mène désormais une vie routinière. Il tente de combler le vide de son existence en apprenant le piano, mais sans grand succès. Lorsque l'université l'envoie à Manhattan pour assister à une conférence, Walter constate qu'un jeune couple s'est installé dans l'appartement qu'il possède là-bas : victimes d'une escroquerie immobilière, Tarek, d'origine syrienne, et sa petite amie sénégalaise, Zainab, n'ont nulle part ailleurs où aller. D'abord un rien réticent, Walter accepte de laisser les deux jeunes gens habiter avec lui.

Touché par sa gentillesse, Tarek, musicien doué, insiste pour lui apprendre à jouer du djembé. Peu à peu, Walter retrouve une certaine joie de vivre et découvre le milieu des clubs de jazz et des passionnés de percussions. Tandis que les deux hommes deviennent amis, les différences d'âge, de culture et de caractère s'estompent. Mais lorsque Tarek, immigré clandestin, est arrêté par la police dans le métro, puis menacé d'expulsion, Walter n'a d'autre choix que de tout mettre en oeuvre pour venir en aide à son ami (synopsis).

Ce résumé ne dit pas à quel point ce film est rempli d'humanité et d'émotion. Au début, Walter (Richard Jenkins) est assez antipathique, replié sur lui-même, indifférent à tout, inexpressif. Au contact de Tarek (Haaz Heiman), on le voit s'ouvrir progressivement, recommencer à s'intéresser aux autres. C'est un plaisir de le voir s'approcher timidement du djembé et découvrir un univers musical qui lui convient vraiment. Richard Jenkins fait passer énormément de nuances dans ce personnage, le jeune Tarek est très chaleureux. Plus tard, l'arrivée de la mère de Tarek m'a réjouie, j'aime beaucoup l'actrice palestienne Hiam Abbass, excellente dans tous ses films.

Et puis, il y a l'aspect immigration clandestine qui est abordé sans fard, avec les dégâts humains qu'il provoque. Là, je pense que Walter est dans la situation de beaucoup de citoyens américains qui ignorent complètement comment on traite les clandestins dans leur pays. C'est accablant pour l'administration américaine.

Je n'ai pas envie d'en dire plus sur ce film, si ce n'est allez-y, ce n'est pas si fréquent un équilibre réussi entre problème de société et histoire sentimentale. A quand un film français sur le même thème ?

Les avis de Dasola  Aliénor et Philippe

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